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Être « progressiste »

désir ou identité ?

 

Is « progressive » an aspiration or an appellation?


Jim Burklo

pasteur de l’Église Unie du Christ
Université de Californie du Sud


 

traduction Gilles Castelnau

 

6 août 2020

J’ai passé vingt ans à promouvoir l’appellation de « progressiste » pour les chrétiens attachés avant tout à la compassion, la connaissance scientifique, le sens commun et la justice sociale et qui se détournent du surnaturel, de l‘exclusivisme et des dogmes contraignants.
J’ai participé activement à l’effort de changer la foi de l’intérieur, à changer la façon dont elle est perçue par le grand public et à faire du christianisme un mouvement du progrès social.

En nous identifiant individuellement et collectivement comme « progressistes », nous avons considérablement augmenté l’importance de la foi, à la compréhension du christianisme pour le nombre croissant de croyants qui cherchent une nouvelle présentation du message de Jésus.
Mais j’ai finalement pris conscience que l’on n’était pas forcément reconnu comme progressiste tout simplement parce qu’on le désirait. Cela doit être une réalité et chaque génération doit s’impliquer dans la construction de ce que nous appelons « Communauté aimée » : un pays et un monde en paix avec lui-même.  
John Lewis qui a prononcé ces paroles, a consacré sa vie à la démocratie qu’il considérait comme l’idéal guidant ses pas.
Son expérience de Noir américain lui a montré qu’être « démocratique » n’était pas une identité définitive dont les Etats-Unis pouvaient se targuer.

Nous avons à parcourir un long chemin avant de devenir la « Communauté aimée » dans laquelle la voix de chaque individu compte autant que celle des autres, indépendamment de sa race ou de son statut.

Avec ma famille et des amis, nous formons un groupe qui se réunit chaque semaine pour étudier le livre de Layla Saad, « Me and White Supremacy » (Moi et la suprématie blanche). Je suis notamment frappé par sa remarque que les « progressistes » blancs se considèrent souvent comme les alliés des Noirs. Mais, dit-elle, ce n’est pas vraiment notre identité.

Être un allié est une attitude que l’on peut désirer, ce n’est pas une identité que n’importe quel Blanc pourrait acquérir. La seule chose que l’on puisse faire est de commencer à comprendre ce qu’est la vie d’un Noir américain. On peut seulement progresser dans une attitude de soutien et de compréhension et seuls les Noirs peuvent dire où nous en sommes arrivés.
En prenant conscience de cela on s’éveille à l’idée qu’acquérir une identité « progressiste » est problématique.

« Progresser » devrait suggérer l’idée d’un progrès sans fin, d’une « identité » jamais vraiment acquise. Ce sont les victimes des mauvaises religions, du racisme systématique ou de la pauvreté institutionnalisée qui sont seules capables de dire les progrès que nous avons réalisés. ( 1 )

Mais ne nous posons pas cette question et gardons-nous de toute autofélicitation. Efforçons-nous, naturellement, de faire des progrès mais ne nous demandons pas si nous sommes devenus de vrais « progressistes ». Ce n’est finalement pas notre problème.

N’abandonnons pas ce terme mais acceptons d’être tout simplement chrétiens dans la mesure où nous reconnaissons ne suivre que de très loin l’enseignement du Christ. Nous ne sommes « progressistes » que dans la mesure où nous sommes capables de confesser notre incapacité à construire sur terre la Communauté aimée à laquelle nous aspirons.

 

_______________________________________________

Remarque de Gilles Castelnau

( 1 ) « Seuls les Noirs peuvent dire où nous en sommes arrivés dans notre attitude de soutien et de compréhension »

C'est tout à fait vrai. Et quand on a bien progressé dans cette réflexion, on peut sans doute la prolonger :

• Seules les femmes peuvent dire où les hommes en sont arrivés dans leur attitude de soutien et de compréhension des femmes.

• Seuls les hommes peuvent dire où les femmes en sont arriveés dans leur attitude de soutien et de compréhension des hommes.

• Seuls les Blancs peuvent dire où les Noirs en sont arrivés dans leur attitude de soutien et de compréhension des Blancs.


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