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Quitter Facebook

 


pasteur René Lamey 


Église protestante d’Alsace et de Lorraine
Labroque-Schirmeck

 

 

5 août 2020

Voici quelques raisons qui m’ont fait quitter Facebook :

L’objectif fondamental, invisible et indolore de Facebook. Ce n’était peut-être pas le cas au début, mais aujourd’hui, l’entreprise de Mark Zuckerberg cherche à se rendre mondialement indispensable, nécessaire, incontournable.
Le but ? Nous rendre dépendants. Dépendants « affectivement », c’est ce qui marche le mieux – rien que le terme « ami » est déjà chargé émotionnellement. Et puis les « like »... les commentaires??? qui nous font tant de bien... jusqu’au jour où l’on se rend compte que notre moral dépend des like et des commentaires... J’ai 150 like, Youpi !!! 😊 ! Mais quand je n’en ai que deux ☹, j’ai le moral dans les choux pour toute la journée...
De plus en plus d’associations ou de magasins ouvrent un compte sur Facebook (normal, c’est gratuit, alors que le gestion d’un site, ça coûte...) ; si tu n’es pas sur Facebook, tu n’as plus accès à leur nouvelles ou promotions, donc : tu dois ouvrir un compte Facebook, sinon tu es largué...
De même, quand on veut s’inscrire sur le site de telle ou telle d’association ou entreprise, il y a le logo de Facebook qui apparait : « Inscrivez-vous avec Facebook » ; bientôt, on ne pourra plus démarrer sa voiture ou prendre une douche sans avoir Facebook !!!
Pourquoi vouloir nous rendre dépendants ? Eh bien, pour qu’on y passe du temps, de plus en plus de temps, pour qu’on s’y connecte le jour, la nuit, en marchant, en roulant, en mangeant, même si vous êtes à un concert ou à une représentation quelconque, même si vous êtes est avec un ami (avez-vous déjà vécu cette situation  d’être avec un(e) ami(e) et que celui-ci se détourne soudain de vous pour jeter un coup d’œil sur son smartphone : c’est frustrant et pénible... et triste). Quatre personnes au restaurant, ce sont quatre personnes seules sur une chaise avec leur téléphone à la main... (j’exagère à peine).
Et pourquoi Facebook veut que nous passions de plus en plus de temps sur le réseau ? Pour pouvoir passer de plus en plus de publicité. Pour que Zuckerberg et ses associés se remplissent les poches... au nom (au détriment) d’une prétendue « amitié »... « Les affaires sont les affaires », n’est-ce pas ? et Facebook les fait, pour une grande partie, sur le dos de la solitude et de la souffrance des gens... c’est honteux. 

 

La prolifération des fake-news sur Facebook : je suis prêt à mettre ma main au feu sur le fait qu’aucun utilisateur lambda de Facebook ne prend le temps de vérifier l’exactitude des contenus des « posts » (textes, photos, vidéos partagés) ; plus c’est gros, plus ça marche ; plus ça accuse le(s) gouvernement(s) ou les « riches » (souvent à tort, mais on s’en fout), et plus on partage !
Alors, parfois, c’est vrai, il faut dénoncer les injustices, pousser un coup de gueule. Mais pour quel résultat ? Les gens sur Facebook, ils likent votre coup de gueule, et tout de suite après, sans faire bouger quoi que ce soit dans leur vie, ils vont voir autre chose, par ex. une vidéo de chats qui s’amusent avec un chien, ou les dernières news absolument indispensables de telle ou telle star... et votre coup de gueule est déjà oublié...).

 

Le défouloir de la haine. Ce n’était certainement pas le but de Zuckerberg, mais Facebook est devenu une vitrine (sale) de tous les bas instincts de l’humanité. Combien d’ados (ou d’adultes) ont sombré dans la déprime (voire pire) suite à une campagne de dénigrement lâche et perverse ?
Quand je me suis rendu compte que certains de mes (pseudo) amis de Facebook likaient ou partageaient des vidéos à caractère raciste et homophobe, j’ai eu honte... il n’y a rien à partager avec ce genre d’amis...

 

Mark Zuckerberg lui-même a dit qu’il n’autoriserait pas ses enfants à ouvrir un compte sur Facebook – c’est tout dire de la dangerosité du site qu’il a créé.

 

Avec Facebook, on a accès à une messagerie directe et simple d’utilisation : Messenger.
Or, ces derniers temps, Messenger devient de plus en plus une « boite à pub » ; de plus en plus, les gens balancent leur pub sur les contacts « Messenger ». Exemples : le resto de tel village, presque tous les jours, j’ai eu son menu dans Messenger (alors que je n’ai rien demandé), ou les cartes un peu kitsch comme le brin de muguet du 1er mai : on envoie tout sur Messenger – hop, c’est vite fait – sans dire « bonjour », sans saluer, style « Salut René, je t’envoie ce brin de muguet... ». C’est facile, impoli, irrespectueux, anonyme – et ensuite, je passe 20 min. à effacer ces « conversations »... qui n’en sont plus, des conversations, en fait...

 

Même constat global pour mes pages personnelles :
- Pour la page Mister DJ : sur toutes les six ou sept années que j’ai passées sur Facebook, je n’ai eu qu’un client (et je ne vous dis pas les heures que j’ai pu y consacrer pour poster les vidéos...). J’ai également acheté du temps et d’espace de diffusion de mes vidéos, mais sans savoir l’impact réel qu’avait cette pub. De l’argent gaspillé sans doute (ce ne sont pas de grands chiffres, mais mis bout à bout, ça fait quand même une belle somme)... La meilleure pub, en fait, ce sont les soirées elles-mêmes, et le bouche-à-oreille. Si tu fais une bonne soirée, tu as des clients. Nul besoin réel de passer par Facebook...
-   Oui, mais la Trousse de Sagesse, elle fait du bien, non ? » direz-vous peut-être. Eh bien, voilà, je me suis rendu compte de ceci : les posts des « amis » défilent à toute vitesse, à chaque seconde en arrive un autre (partage de photos, de vidéos, etc.). Quand quelqu’un lit le texte de la « Trousse », il peut être touché, et le dire... mais ensuite, naturellement (plutôt : geste compulsif), la personne va faire défiler son écran, et puis elle voit... la photo du bébé d’une amie, ou bien un texte humoristique, ou une vidéo de l’anniversaire d’un ami, ou la photo du beau plant de tomates du voisin, etc. etc., et au bout de cinq minutes, cette personne aura oublié ce que j’ai écrit : un post en chasse un autre.
- Pour la pub (affiches, etc) : même si ces affiches étaient partagées sur le réseau par beaucoup de personnes, jamais quelqu’un n’est venu à un concert ou un repas associatif parce qu’il l’avait vu sur Facebook (je leur posait souvent la question). Donc, ici aussi, résultat nul... et beaucoup de temps passé sur Facebook pour rien...

 

Le sentiment d’exister. Facebook fait tout pour nous faire croire que nous existons vraiment, que nous sommes importants, que l’équipe de Facebook nous aime... La preuve : les nombreux et réguliers messages personnalisés que Facebook m’envoyait : ah ! c’est vrai, c’est beau, je compte vraiment pour eux... Triste existence si la valeur de ma vie dépend d’un réseau social virtuel pour qui je ne suis qu’un client...

 

Le sentiment d’être quelqu’un de bien. J’ai liké une page qui dénonçait tel scandale, j’ai partagé telle vidéo axée sur tel ou tel sujet important, j’ai fait ma bonne action, je suis quelqu’un de valable... Je pense qu’il vaut mieux soutenir réellement telle ou telle association ou, mieux, relever les manches et m’engager, agir (par ex. ramasser les saletés sur un chemin ou au bord de l’eau). Facebook nous donne bonne conscience juste par un clic chez nous assis dans un fauteuil confortable.

 

La peur de quitter Facebook. Cette peur est peut-être le plus grand obstacle pour qui veut quitter Facebook, c’est la raison essentielle qui empêche beaucoup de personnes (qui sont conscientes d’être dépendants du réseau social) de franchir le pas. Une peur justement liée à la dépendance que Facebook a induit en nous. Quelles peurs ? La peur du « qu’en dira-t-on ? », la peur d’être jugé, d’être incompris, la peur de plus être au courant de ce que disent ou font les autres, la peur de « disparaître », de devenir invisible, de ne plus exister, le peur d’être oublié, qu’on ne me parle plus (sans Facebook, t’es « mort » !). Ne savait-on pas communiquer avec ses amis avant Facebook ? Si ! Mais c’est comme si on avait oublié cela… Facebook a envahi même notre mémoire et réduit à presque rien notre aptitude à communiquer autrement que par le réseau...
Effectivement, après avoir quitté Facebook, j’ai ressenti un vide relationnel pendant quelques semaines, j’ai eu la pénible impression d’être largué dans le désert (sur les 400 « amis » de Facebook, il n’y a que deux ou trois personnes qui m’ont demandé où j’étais passé – ça montre bien le niveau de la prétendue amitié de Facebook). C’est en quittant Facebook qu’on se rend compte qu’on est dépendant de Facebook. Celui ou celle qui quitte Facebook doit effectivement faire un effort pour reconstruire une relation amicale – non pas virtuelle, mais réelle – sur un autre mode, le mode de la vraie vie : téléphoner, échanger par mail, se voir dans la réalité.
La vraie amitié ne se trouve pas sur Facebook, mais dans la vie réelle. La vraie vie n’est sur Facebook, elle est dans la qualité de nos relations réelles avec les autres.

 

.


Donc, donc, donc : tout ça a fait que je me suis retrouvé un certain matin d’avril 2020 devant mon écran à me demander pendant près d’une heure si je faisais bien de quitter Facebook ou non. Et puis j’ai pensé à un article de l’Université de Stanford qui disait que les gens qui quittent Facebook se sentent plus heureux, ont plus de temps pour les autres, sont plus créatifs. Et j’ai dit : « Allez, René, fais-le ! » J’ai appuyé sur « Quitter définitivement » - j’avais l’impression d’être comme dans un film où le héros doit appuyer sur un bouton pour déclencher une explosion ou poster une enveloppe dans laquelle il déclare son amour à la belle jeune femme qu’il a rencontré au bal : est-ce que je le fais, ou je ne le fais pas ?...

Résultat des courses :
Ce matin j’ai :
- un magnifique sentiment de liberté et de joie : « Youpi, je l’ai fait, je suis libre !!! »
- un gain de temps et de disponibilité pour moi et pour les autres
- le sentiment que mon esprit est plus ouvert, plus léger.
Et ces sentiments-là sont mille fois plus important que tous les « like » du monde !!!



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