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Dieu ne protège pas du coronavirus mais le coronavirus
pourrait aider les religions

 

 

 

Olivier Bauer

professeur de théologie, Lausanne

 

 

 

18 juillet 2020

Je suis évidemment bien incapable de prévoir quels effets la pandémie du coronavirus exercera à long terme sur les églises, les temples, les mosquées ou les synagogues. Mais je constate qu’à court terme au moins, Covid-19 a profondément modifié les pratiques religieuses.
J’ai l’impression que célébrer à distance a eu deux effets sur la religion et sur la théologie pratique que j’enseigne.

Premièrement, elles m’ont permis de repenser la notion même de communauté. Par définition, une célébration à distance n’a plus besoin d’être locale ! Célébrer à distance supprime toutes les frontières, toutes les distances. Dans la limite de mes compétences linguistiques et à condition de connaître les décalages horaires, je peux me joindre à n’importe quelle célébration de n’importe quelle religion dans n’importe quelle région du monde.

Deuxièmement, elles m’ont rappelé combien la religion est une affaire physique. Elle implique tout l’être, le corps aussi  ; elle se nourrit de perceptions sensorielles  ; elle requiert des échanges ; elle se dit dans des paroles et des musiques, des regards et des images, mais aussi des matières, des goûts, des odeurs et des postures. C’est bien là ce qui explique que, comme certains stades, certains lieux de culte ont formé des foyers de propagation du virus : parce qu’ils ont rassemblé beaucoup de monde dans peu d’espace, et beaucoup de monde pour beaucoup de contacts physiques, effusions, embrassades, etc.

De manière générale, et même dans les religions les plus « intellectuelles », comme le protestantisme réformé ou le judaïsme libéral, les célébrations religieuses à distance ont révélé un manque. Beaucoup de croyants ont réalisé à quel point leur vie spirituelle avait besoin de présence, ont réalisé la qualité des rencontres physiques, ont regretté la fécondité des échanges avec d’autres, ont attendu, ont souhaité le temps du retour dans une communauté d’êtres humains en chair et en os.

Certaines communautés religieuses, conservatrices, minoritaires et marginales, ont jugé ces contacts physiques si importants qu’elles ont absolument refusé de suspendre leurs célébrations en présence, même temporairement. Elles l’ont souvent fait en toute connaissance de cause, sachant les risques qu’elles prenaient en réunissant physiquement leurs adeptes, sans prendre ni faire prendre aucune précaution pas même la plus élémentaire. Elles leur affirmaient n’avoir rien à craindre, car Dieu les protégeait.

La pandémie confirme ce que montre notre programme « Théologie de la santé » développé à l’Institut lémanique de théologie, dont je suis professeur ordinaire : en matière de maladie et de santé, une ligne de fracture traverse les religions :

• Certaines théologies attribuent à Dieu, aux déesses ou aux dieux et la maladie et la guérison ; celle-là frapperait comme la conséquence ou d’un mauvais comportement ou pour punir un manque de foi ; celle-ci viendrait récompenser la fidélité.

• D’autres théologies la, le ou les tiennent en dehors de la maladie et de la santé ; elles laissent à la médecine le soin de définir les causes des maladies et le souci de les soigner ou de les guérir ; elles demandent à Dieu, aux déesses ou aux dieux, quel que soit le nom qu’on lui ou leur donne et quelle que soit la représentation que l’on s’en fait, d’accompagner les malades, leurs proches et les soignants ; elles accueillent enfin avec reconnaissance un éventuel miracle.

Mes propres convictions me font privilégier une des secondes théologies. Je crois en un Dieu qui n’est pas responsable de la maladie et je compte sur le personnel soignant pour soigner les malades. Et la pandémie de Covid-19 m’a confirmé sa légitimité.
Croire en Dieu ne protège pas du coronavirus, ni d’autres maladies, ni d’aucun accident de la vie. Le faire croire relève du mensonge ou de l’escroquerie. De trop nombreuses personnes l’ont appris à leurs dépens, au prix de leur santé, au prix de leur vie. Qu’elles le croient me navre. Qu’on le leur fasse croire me fâche.



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