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Se retrousser les manches
contre la précarité

 

 

Laure Salamon

article publié dans l'hebdomadaire protestant Réforme
du 14 mai 2020


15 mai 2020


La reconversion solidaire
des responsables des Éclaireuses et Éclaireurs unionistes

 

Les sorties avec les enfants annulées, même si des activités virtuelles demeurent, certains animateurs scouts se sont retrouvés désœuvrés. Mais pas pour longtemps !

Les Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France (EEUdF) se sont engagés auprès d'associations ou ont répondu à des sollicitations solidaires pendant le confinement. Comme Simon Gréa, 2l ans, responsable à Alès (Gard). Les EEUdF apportent leur aide pendant l'année à l'Entraide, association sociale adossée à l'Église protestante unie de France. En manque de bénévoles depuis le 17 mars, l'une des responsables, Jeanne Boutin, a sollicité Simon. Il est venu prêter main-forte avec son conseiller de groupe pour transporter de la marchandise jusqu'à la banque alimentaire. « J'ai le temps et j’ai appris à rendre service chez les éclais », raconte-t-il.

Cette notion de service se retrouve assez naturellement chez les Éclaireurs. C'était aussi le cas pour Anna, Manon et Nathan, responsables en région parisienne. Juste avant le confinement Anna Moge, 26 ans, croise un SDF dans le métro parisien. II est inquiet car tous les sites d'approvisionnement ferment les uns après les autres. Les trois amis en reparlent et, avant de retourner chez leurs parents, se promettent de contacter des associations pour offrir leur aide. Manon Bonneville, 25 ans, est allée à Versailles (Yvelines). « Le Secours populaire m'a contactée en premier pour me proposer d’essayer de collecter des denrées, car ils avaient assez de bénévoles sur place. Je leur ai suggéré de faire une collecte dans la résidence de mes parents. J’ai naturellement géré le projet, on sait faire chez les scouts ! » Au final, Manon a organisé avec succès deux collectes.


Échanges de paroles et don de nourriture

Nathan Trosseille, 25 ans, a atterri plus loin, dans les Yvelines, ses parents habitant un village près de Rambouillet. « J’avais peur de ne plus pouvoir être utile en allant me confiner à la campagne. Et ce, alors que j’ai du temps, que je suis très militant et qu'il y a de grands besoins. » Il s'engage auprès du Secours populaire du Perray-en Yvelines : livraisons, collectes, portage de colis à domicile, distribution alimentaire... Il est occupé tous les jours ces temps-ci. « L'activité s'intensifie, nous accueillons beaucoup de nouveaux bénéficiaires. Les distributions et portages de nourriture sont autant d’occasions de parler avec les gens, et ces instants de partage leur manquent souvent autant que la nourriture. C'est d’ailleurs ce que je préfère. »

Anna Moge est, elle, près d’Avignon (Vaucluse). Un soir par semaine, elle va aider le Secours populaire qui a mis en place une distribution quotidienne depuis le début du confinement. « Nous sommes trois à gérer les repas. Nous partageons la nourriture et échangeons avec des personnes parfois très isolées. C'est une belle expérience. J'avais envie d’avoir un engagement de la sorte, mais je n’osais pas franchir le pas. La crise du Covid-19 et ma motivation partagée avec Manon et Nathan m’ont permis de le faire. Je compte bien poursuivre dans cette voie après. »

Ils ne sont pas les seuls à avoir eu envie de se mettre au service des plus fragiles : Une dizaine d'autres responsables des EEUdF de la région parisienne ont répondu à l’appel de bénévoles sur les réseaux sociaux pour exécuter une mission en lien avec la Croix-Rouge et le Samu social de Paris. Louise de Boysson, 24 ans, responsable à Boulogne (Hauts-de-Seine), a effectué plusieurs interventions pour mettre des tickets-services dans des enveloppes et en faire la distribution dans des hôtels sociaux. « C'est une action véritablement gratifiante. On apporte de l’aide aux personnes et elles sont toujours reconnaissantes. »


Une expérience qui bouscule

À Marseille (Bouches-du-Rhône), Lucie Raoul-Duval, 19 ans, est responsable dans l'unité marine. Elle prend part, avec des éclaireurs engagés dans l'église locale aux distributions de colis. « Depuis l'effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne en 2018, les associations des différentes Églises protestantes de la ville ont pris l'habitude de travailler ensemble. Rapidement, après le confinement, elles se sont organisées pour effectuer des distributions alimentaires et livrer des colis à domicile. » Servir les autres est au cœur des préoccupations de la jeune fille, si bien qu'elle envisage d'en faire sa profession. « J’ai grandi dans un monde où l’on aide les autres, confie-t-elle. Mes parents pasteurs n'y sont sans doute pas pour rien. Ma vie dans le scoutisme et dans l'Eglise m’a aussi largement influencée. »

L’expérience a bien secoué certains responsables des scouts. « Même si on connaît les difficultés rencontrées par les plus démunis, témoigne Louise de Boysson, c'est difficile de vraiment imaginer les conditions concrètes de leurs vies. Je me suis retrouvée face à des personnes en très grande difficulté. Des mamans seules vivent dans des chambres d'hôtel étriquées avec des enfants en bas âge. » Être confrontée à ce genre de situation ébranle forcément. Cette expérience intense a conforté cette étudiante en art-thérapie dans son projet de travailler dans le social. Elle se dit convaincue de la nécessité d'associer la question de l'accueil et du service envers les plus fragiles aux projets en direction de la jeunesse. « J’ai envie de sensibiliser les jeunes aux inégalités sociales, à notre responsabilité et notre capacité d’agir, même à un niveau modeste. Ce souhait rejoint complètement l'ambition du nouveau rapport d’orientation, voté en janvier 2020, de s'engager davantage dans la société. Cette crise conforte la pertinence du projet scout fondé sur notre capacité d'apprendre à faire face aux épreuves difficiles et à nous relever ensemble. »

 


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