Libre opinion
États-Unis
La spiritualité
évangélique
dans la campagne
électorale
21 août 2008
La presse nous apprend que dans le
cadre de leur campagne électorale les deux candidats
américains ont dû se plier à un ridicule
questionnaire catéchétique public :
- Qu'est-ce que cela
veut dire pour vous de mettre votre confiance dans le
Christ ?
Obama a répondu :
- Je crois que
Jésus est mort pour mes péchés et que je connais
la rédemption à travers lui.
Et McCain :
- Cela veut dire que je
suis sauvé et pardonné.
Ces deux réponses n'ont pas
dû vraiment les départager car elles sont toutes deux également
traditionalistes. Leur arrière-plan - comme aussi
celui de la question qui était posée dans la même
langue de bois - est évidemment, selon la pensée
médiévale, celui de la « chute » et du « péché
originel » :
Adam et Eve ayant désobéi à l'interdiction divine et
mangé le « fruit
défendu » ont été déchus de la présence divine et
voués à la mort.
Cette malédiction s'est ensuite
transmise de génération en génération,
Dieu se focalisant sur les « péchés » que les hommes sont tous censés accomplir
quotidiennement ce qui nous voue tous également à la
damnation éternelle.
Mais la peine que nous méritons si
justement nous est épargnée car Dieu a
préféré condamner son Fils unique qui
était, lui, innocent du péché originel puisqu'il
était Dieu.
Jésus Christ est donc mort dans
l'horrible souffrance de la croix pour apaiser la colère
éternelle de Dieu. Le sang ayant coulé, la « justice » de Dieu se trouve satisfaite.
Le fait qu'un innocent ait « payé » pour des coupables ne semble pas inacceptable aux
yeux de cette « justice » divine !
Ceux qui croient ces
choses et y « mettent leur
confiance »
bénéficient dès lors de la certitude que leur
sort éternel est garanti dans l'au-delà.
C'est cela
qu'Obama appelle, dans le langage évangélique qu'il a
manifestement appris à maîtriser, être
« sauvé », avoir sa « rédemption ».
McCain a préféré parler
de son « pardon », ce qui est aussi une bonne réponse aux yeux
des évangéliques, quoique étrange puisque Dieu
n'a justement pas « pardonné » mais a attendu d'être « payé » par le sang de la croix.
On a ensuite écouté l'hymne
national au garde à vous et
la main droite sur le coeur.
Cela valait, semble-t-il la peine de se
livrer à cette petite scène car les statistiques disent
qu'aux États-Unis, un électeur sur quatre est
évangélique !
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Les internautes
intéressés par une
spiritualité moins ébouriffante peuvent aller voir
:
André Gounelle
Jésus-Christ
est-il mort pour nous ?
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