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« Le protestantisme »

 

« La foi insoumise »

 

Laurent Gagnebin, Raphaël Picon

 

Ed. Champs Flammarion

 

14 janvier 2008

Les professeurs Laurent Gagnebin et Raphaël Pico, tous deux pasteurs, docteurs en théologie, produisent ce petit livre (233 pages) en collection de poche qui présente le protestantisme de manière claire mais juste et profonde, à l'intention de tous ceux qui souhaitent une telle initiation.

 

En voici l'introduction qui montre bien le style de l'ensemble et la table des matières

 

 

INTRODUCTION

 

Issu de la Réforme du XVIe siècle, le protestantisme est l'une des quatre grandes confessions qui constituent le christianisme, à côté de l'orthodoxie, du catholicisme et de l'anglicanisme. Né d'une protestation théologique contre ce qui était perçu comme les erreurs et les abus de l'Église catholique romaine, le protestantisme forme une communauté d'Églises traversée par des courants extrêmement divers. Baptistes, calvinistes, évangéliques, luthériens, méthodistes, pentecôtistes, pour ne citer qu'eux, ont chacun leur spécificité et leur sensibilité. Ils sont cependant tous protestants en raison du lien qui les rattache à un socle de convictions transcendant leurs particularités respectives.

Les Réformateurs : Luther, Zwingli, Calvin, Bucer, Farel et d'autres encore, ont unanimement partagé la conviction qui résonne désormais au coeur du protestantisme  : Dieu seul est Dieu ! Aucune institution ecclésiale, aucun pape, aucun clergé ne peut nous conduire à lui : c'est d'abord Dieu qui vient à notre rencontre. Aucune confession de foi, aucun engagement dans l'Église, aucune action humaine ne peut nous attirer la bienveillance de Dieu : seule sa grâce nous sauve. Aucun dogme, aucune prédication, ecclésiale, aucun pape, aucun clergé ne peut nous conduire à lui : c'est d'abord Dieu qui vient à notre rencontre. Aucune confession de foi, aucun engagement dans l'Église, aucune action humaine ne peut nous attirer la bienveillance de Dieu : seule sa grâce nous sauve. Aucun dogme, aucune prédication, aucune confession de foi ne peut nous faire connaître Dieu : seule sa Parole nous le révèle. Dieu n'est donc l'objet d'aucune tractation possible, sa grâce excède toute possibilité d'échange et toute mutualité. En protestantisme, Dieu est précisément Dieu en tant qu'il nous précède et reste insoumis à toute captation.

Pendant longtemps le protestantisme s'est défini par rapport au catholicisme et en rupture avec lui. Amenés à « transformer une contestation menée à l'intérieur de l'Église catholique en une protestation qui va agir désormais en dehors d'elle », les Réformateurs ont donné naissance à un mouvement théologique et religieux qui s'est peu à peu émancipé de son contexte polémique originel. Voilà pourquoi nous ne pouvons comprendre le protestantisme sans prendre la juste mesure du système catholique romain, auquel il se réfère, mais voilà aussi pourquoi le protestantisme mérite d'être pensé par lui-même, dans ses caractéristiques propres, sans être comparé à ce dont il s'est jadis démarqué. Les Églises protestantes ainsi que leurs théologies, leurs pratiques religieuses, leurs prises de position peuvent en effet faire sens et acquérir une légitimité indépendamment du catholicisme. Si tel n'était pas le cas, le protestantisme resterait tributaire des évolutions de l'Église catholique romaine. Il recevrait d'elle, fût-ce sous forme de repoussoir, sa véritable identité ou attendrait de se dissoudre dans un catholicisme enfin acquis aux thèses de la Réforme.

Cette singularité du protestantisme est d'autant plus tangible que les oppositions initiales ne se sont guère atténuées. Depuis la Réforme, les points de rupture entre le protestantisme et le catholicisme romain se sont, à bien des égards, accentués. Pensons aux différents dogmes promulgués par le catholicisme qui n'existaient pas à l'époque de la Réforme et qui sont aux antipodes de ses convictions, tels ceux de l'Immaculée Conception (1854), de l'infaillibilité pontificale (1870) ou de l'Assomption (1950). Il s'agit là d'une donnée à la fois historique et doctrinale qu'on ne saurait négliger. Cela dit, les rencontres oecuméniques nous permettent aujourd'hui d'évoquer ces divergences dans un esprit d'ouverture et de confiance réciproque. Ces relations n'oblitèrent en rien les termes d'un débat qui exigent autant de clarté que d'honnêteté. Mieux vaut une opposition franchement reconnue et assumée qu'un dialogue en trompe-l'œil qui sombre dans la confusion et le relativisme.

Le protestantisme est une protestation théologique. Il suffit pour s'en convaincre de se souvenir de l'origine historique de l'appellation « protestant ». Celle-ci nous vient d'un événement charnière dans l'histoire de la Réforme et du christianisme occidental : la diète de Spire de 1529. Alors que la première diète, en 1526, avait autorisé les princes et les villes à introduire la Réforme dans leur territoire (c'est l'origine du fameux principe cujus regio ejus religio, « à chaque territoire sa religion »), en attendant les décisions d'un futur concile (celui-ci ne se réunirait que beaucoup plus tard, à Trente, en 1545), la seconde diète, en 1529, revint sur cette décision. Elle interdit la propagation de la doctrine de Luther, arrêta ainsi tout réforme religieuse et ordonna le retour à la religion traditionnelle. Dix-neuf États, conduits par Philippe de Hesse et Jean de Saxe, refusèrent alors de se soumettre au décret impérial et rédigèrent une déclaration de protestation. « Nous protestons devant Dieu, ainsi que devant tous les hommes, que nous ne consentons ni n'adhérons au décret proposé dans toutes les choses qui sont contraires à Dieu, à sa sainte Parole, à notre conscience bonne, au salut de nos âmes. » L'adjectif « protestant » fut alors appliqué par extension à tous les partisans de la Réforme. L'attitude de ces princes contestataires recèle les deux éléments auxquels nous renvoie l'étymologie même du mot « protestant » : le témoignage (testis en latin), par lequel quelqu'un affirme, reconnaît, confesse ce qu'il sait ou croit, et la contestation (protestari), par laquelle s'exprime une résistance, une critique, une protestation...

 

 

TABLE DES MATIÈRES

 

Introduction

.

 

L'ESSENCE DU PROTESTANTISME

 

UN ESPRIT DE RÉFORME

Réformer l'Église

Les Réformateurs

Une tradition de réformes

 

UN MESSAGE DE DÉLIVRANCE

De la condamnation à la justification

Le salut par la foi seule?

La prédestination

 

UN ACTE DE RELATIVISATION

À Dieu seul la gloire!

La foi: une ouverture

« Dieu au-dessus de Dieu»

 

UNE CULTURE DU SUJET

Une foi individuelle

Un devoir d'examen

Vers une autocritique

.

 

LA PRATIQUE DU PROTESTANTISME

 

UNE BIBLE À INTERPRÉTER

La règle de la foi

La religion de la Parole

Une écriture et une lecture inspirées

La lecture de la Bible et son contexte

 

UNE ÉGLlSE TÉMOIN

Un appel, une école, un signe

Une Église relative et nécessaire

Une Église visible et invisible

 

UN CULTE DE RECONNAISSANCE

Un acte de Dieu

Prédication et sacrement

L'annonce d'une grâce engageante

 

UN PASTEUR THÉOLOGIEN

Le serviteur de la Parole

Un sacerdoce universel

Une approche fonctionnelle

 

UNE ACTION NÉCESSAIRE ET NON SALUTAIRE

Le don et la responsabilité

Libéré de et libéré pour

La méfiance du bien

Une médiation nécessaire

.

 

LE STYLE DU PROTESTANTISME

 

LA PLURALITÉ

L'unité par la diversité

Une approche plurielle de la foi

La démocratie comme respect de la minorité

 

LA LIBERTÉ

Un pouvoir collégial

Une liberté de recherche

Une liberté à conquérir

 

LA SIMPLCITÉ

Un retour à l'essentiel

Une exigence morale

Le témoignage de la grâce seule

.

 

Quelques théologiens protestants

Repères chronologiques pour l'histoire du protestantisme

Quelques confessions de foi en usage dans le protestantisme d'expression francophone

Repères bibliographiques

 

 

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