Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion

 

 

Grande Bretagne

Pasteurs de rue

 

 

Londres

Le mouvement des « pasteurs de rue » ne cesse de grandir. A Kingston upon Thames, dans le diocèse de Southwark (Londres), ils sont 45 à avoir suivi cette formation. Le superintendant de la police locale, Paul McGregor, dit qu’ils accomplissent depuis cinq ans « un travail fantastique » et qu’ils ont incontestablement contribué à faire de Kingston – un des quartier de Londres les plus animés la nuit – un endroit plus sûr.

Le Conseil de Kingston dit que la violence contre les personnes a diminué de près de 50 % et les crimes d’environs 25 %.

Les pasteurs ont suivi une formation de cinq mois. Ils appartiennent à 29 Églises différentes, dont une demi-douzaine anglicanes.

Les équipes parcourent le centre de la ville les vendredis et samedis de 22 heures à 4 heures du matin et établissent le contact avec les passants - qui sont souvent alcoolisés. Ils les aident à rentrer chez eux, ils donnent les premiers soins, ils proposent des couvertures de survie, des sandales de plastique pour les pieds douloureux et... une épaule fraternelle à ceux qui ont besoin de pleurer.

L’année dernière ils ont été en activité dans les rues durant 3000 heures, ont ramassé 5226 bouteilles vides (armes potentielles), donné 50 couvertures à ceux qui avaient froid et quatre duvets à des SDF. Ils apporté du secours à 146 reprises et donné les premiers soins 20 fois. Ils sont soutenus par des groupes de leurs Églises locales.

Le projet revient à 25 000 £ (30 000 €) par an. Il est financé par les Églises, la police, la ville de Kingston, l’entreprise John Lewis, des pubs, des clubs et des dons individuels. Il va s’étendre au mercredi.

Traduction Gilles Castelnau
Church Times
Hebdomadaire de l'Église Anglicane
  11 décembre 2010

 

.

  Écosse

 

Jackie Macadam

 

15 août 2008


Un adolescent sur un brancard, le visage en sang.

L'auto qui l'a renversé est arrêtée au milieu de la rue, un trou dans le pare-brise est la marque de ce que peut faire une tête humaine qui rencontre le verre sécurit. Le jeune conducteur a déjà été emmené à l'arrière d'une voiture de police.

Le personnel soignant emmène le blessé dans une ambulance qui s'éloigne gyrophare allumé et laisse 100 adolescents choqués et tout bouleversés devant la discothèque.

Mais dans cette foule, ils sont trois, vêtus de vareuses bleues, présents aux côtés des groupes de jeunes déstabilisés, les filles à la limite de l'hystérie et les garçons en colère.

On est à Perth, à 22 h 30 un samedi soir et les trois sont des « pasteurs de rue ».

Sandy Scrimgeour, Michael Archibald et Rona Archibald sont trois des sept pasteurs de rue en fonction cette nuit-là.

Ils sont en tout ce soir-là 16 pasteurs de rue présents à Perth, chacun prend sa permanence un samedi par mois. Ils viennent de toutes les églises de la ville et ont leur quartier général dans l'église réformée de la Mill street .

Tous les samedis soir, une équipe de pasteurs de rue s'y retrouve entre 21 h 30 et 22 h, pour parcourir les rues avec de la compassion plein le coeur et des paires de tongs dans les poches.

Ils souhaiteraient être assez nombreux pour venir aussi le jeudi mais leur nombre ne le leur permet pas encore.

Ils ne sont que des bénévoles : Sandy est un ancien agent de police et Michael était comptable.

Dans une autre équipe, Sandy est une pasteur retraitée, Douglas était militaire, Keith est un ancien alcoolique qui s'occupe maintenant de ceux qui ont des problèmes avec la drogue et l'alcool. Jane travaille au collège voisin.

Cette diversité leur donne une riche expérience de la vie et de multiples capacités pour régler les incidents qui peuvent se produire.

« Par exemple, raconte Michael, il y a quelques temps, un homme était ivre et faisait tout un scandale après avoir été expulsé d'un bar.
Quand on s'est approchés, il était hors de lui-même et incohérent. J'essayais de le calmer quand Sandy Scrimbeour, l'ex-agent de police, nous a brusquement poussés derrière le coin de la rue. Il avait l'habitude de ce genre de situations et avait repéré la patrouille de police qui arrivait et aurait embarqué l'homme, ce qui n'aurait rien arrangé pour lui !

« Sandy Gunn (le pasteur retraité de l'Église réformée) a réussi à lui parler et cinq minutes après il nous racontait qu'il avait un cancer, qu'il devait être bientôt opéré, qu'il en était très angoissé et que jusqu'à ce soir il n'avait eu personne à qui en parler.

« Il a ajouté qu'il avait laissé ses deux enfants adolescents seuls à la maison et qu'il comprenait qu'il ferait mieux d'être avec eux que de se saouler dans les bars.

« Au fond, il avait seulement besoin de quelqu'un à qui parler, quelqu'un qui l'écouterait. Et cela, nous étions capables - et heureux - de le faire. »

 

Les pasteurs de rue fonctionnent en équipes de deux. Une équipe d'un côté de la rue et l'autre équipe sur le trottoir d'en face. Ils sont vêtus de vareuses portant dans le dos « street pastor » (pasteur de rue) en grosses lettres blanches. Ils se tiennent face à face, lorsqu'ils sont dans un groupe, de façon à être immédiatement identifiés.

Ils ne cherchent pas à convertir les gens ou à les catéchiser. Ils engagent seulement la conversation et proposent leur aide lorsqu'elle peut être utile.

Ils n'abordent jamais les gens mais attendent qu'on les aborde. Dans une situation comme celle de l'accident d'auto, ils peuvent demander si quelqu'un a besoin d'aide.

En Écosse, il y a des pasteurs de rue à Aberdeen, à Perth et à Inverness.

L'idée est venue d'Angleterre, où l'organisation de l' « Ascension Trust » a lancé une oeuvre d'entraide oecuménique s'occupant des problèmes de voisinage et assurant la nuit une présence dans la rue pour protéger, écouter, dialoguer et apporter une aide concrète.

Dans les quartiers de Londres où elle fonctionne, elle a déjà rencontré un succès frappant et la délinquance y a notamment diminué. Les pasteurs de rue espèrent qu'il en sera de même en Écosse.

Les pasteurs de rue sont en liaison radio permanente avec la police, de façon à pouvoir être prévenus lorsque leur présence s'avère quelque part utile.

Ils disposent d'un bouton d'appel d'urgence pour le cas où ils se trouveraient en danger : « Mais aucun pasteur de rue n'a encore jamais appuyé sur le bouton dans toute la Grande Bretagne », ajoute Michael.

 

Les pasteurs de rue reçoivent une formation répartie en 12 sessions sur une durée de trois mois : psychologie, analyse de situations, techniques pour désamorcer une attitude violente etc.

Tout membre d'une paroisse peut devenir pasteur de rue, à partir de l'âge de 18 ans, du moment qu'il est engagé dans une activité religieuse depuis au moins un an, qu'il est recommandé par son pasteur et qu'il a accompli son cycle de formation.

Il arrive au pasteur de rue d'être interpellé par quelqu'un qui a vécu une expérience particulièrement traumatisante et demande ce qu'il a fait au bon Dieu pour que cela lui arrive.

« Nous sommes parfois capables d'aider. Mais il arrive aussi que la personne en question ne veuille rien entendre, qu'elle doive d'abord faire son travail de deuil avant de pouvoir écouter » dit Michael.

Mais Michael est étudiant en théologie pour être pasteur. Il doit présider un culte dans une paroisse le lendemain et nous quitte vers 1 heure du matin.

Il me semble important que l'Église réformée d'Écosse s'intéresse à ce que nous faisons. Non pas que nous soyons sensationnels, mais c'est certainement une manière d'entrer en contact avec les jeunes.

« Je ne saurais pas que dire ou que faire si j'entrais dans un de ces night-club, ni même comment m'habiller. C'est la même chose pour eux s'ils viennent à l'église ! Ils y sont étrangers. Ils n'en ont pas la moindre idée. Leur domaine est ici, dans les rues. Ils s'y sentent à l'aise. Dans la rue on peut parler de tout avec eux. »

 

L'équipe des pasteurs de rue demeure en place jusqu'à 3 heures du matin. Au fur et à mesure que la nuit s'avance et que l'alcool gagne, les langues se délient.

Un garçon nous crie « Jean 3.16 » [Dieu a tant aimé le monde...] et s'esclaffe. Un des pasteurs de rue lui demande s'il sait ce que signifie ce verset. Le gars répond que oui et, sur le trottoir de Perth, la conversation s'engage sur le football, le christianisme et Jésus.
Les autres pasteurs n'interfèrent pas. Ils sont prêts à se soutenir mutuellement en cas de crise mais quand une conversation s'est nouée il laissent le ou la pasteur qui l'a commencée la continuer, de façon à ne pas créer d'effet de groupe.

L'aide des pasteurs est aussi bien spirituelle que concrète.

Ils ont une liste de numéros de téléphone qui peuvent être utiles. En hiver, lorsque le froid écossais se fait glacial, ils ont des couvertures de survie à l'intention des fêtards imprévoyants qui sont sortis vêtus de presque rien.

La police les soutient et les appelle effectivement par radio lorsque leur présence peut être utile.

Matt Hamilton, superintendant de la police de Perth et de Kinross dit que c'est sensationnel de travailler avec eux : « Il n'y a jamais de problème quand on travaille avec les pasteurs de rue. D'ailleurs on connaissait déjà certains d'entre eux, dont l'un qui était un de nos gradés et on a confiance les uns dans les autres. Ils ont un excellent rapport avec les gens et avec leurs relations non conflictuelles, ils contribuent à faire de Perth une ville plus amicale et sûre. »

 

Les pasteurs de rue sont maintenant bien connus dans les rues de Perth et notamment des jeunes femmes :

« C'est parce que nous avons des tongs, explique Sandy. Quand nous voyons une fille qui a porté des talons hauts toute la nuit et qui a tellement mal aux pieds que pour rentrer chez elle, elle marche pieds nus dans les crottes de chiens, les crachats et tout, nous lui offrons une paire de tongs ».

Et les tongs sont devenues célèbres :

« C'est vous les gens avec les tongs ? » demande une jeune femme. Et elle accepte la paire que lui propose Michael.

Elle remarque alors la vareuse que porte l'équipe :

« Pasteurs de rue ? C'est quoi ? »

Et une nouvelle conversation s'engage dans la rue de Perth ce samedi soir.

 

_____________________________________

 

PS. Le jeune homme blessé dans l'accident a complètement guéri.

 

 

Traduction Gilles Castelnau
Life and Work
Mensuel de l'Église réformée d'Écosse
juillet 2008

 

Retour vers libres opinions
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.