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Que devons-nous faire ?

 

 

prédication

Luc 3.14


pasteur René Lamey 

 

 

4 avril 2020

La situation par laquelle nous passons en ce moment peut être l’occasion de nous demander quel est notre rôle, notre « mission » en tant que chrétiens, en tant qu’Eglise, et tout simplement en tant qu’humains dignes de ce nom ?

Au début de l’évangile de Luc, il y a Jean-Baptiste qui s’adresse à la foule et il ne mâche pas ses mots : ses paroles sont directes (même brutales parfois) et ses discours sont enflammés. Ses paroles font leur effet, les auditeurs sont bouleversés, et par trois fois revient cette question :

« Que devons-nous faire ? » (Luc 3.10,12,14)

Cette question, nous pouvons aussi la poser : que devons-nous faire en tant que chrétien, en tant qu’église ? Quelle est notre rôle ? Sur quoi devons-nous porter nos efforts et nos actions ? Que faut-il entreprendre ? Quelle est notre mission aujourd’hui ?
Ce sont de vastes et difficiles questions.

Pour réduire le champ des réponses possibles, pour orienter notre réflexion, je me suis dit que le mieux serait de commencer par le commencement, c’est-à-dire de regarder à celui qui inspire toute mission, je veux parler de Jésus-Christ. C’est peut-être lui notre meilleur exemple, notre meilleure source d’inspiration, notre meilleur guide pour donner la réponse au « Que faut-il faire ? »

 

1) Pour commencer, posons la question de base : quel était le « programme », le projet, la mission de Jésus ? Qu’en disent les évangiles ?
Comme une réponse à la question posée au ch.3, voici comment, au ch.4, Luc nous dépeint le but de la venue de Jésus :

Luc 4.16-21
Jésus se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et il entra dans la synagogue le jour du sabbat, comme il en avait l’habitude. Il se leva pour faire la lecture biblique, et on lui présenta le rouleau du prophète Esaïe. En déroulant le parchemin, il trouva le passage où il est écrit :

L’Esprit du Seigneur repose sur moi parce qu’il m’a désigné par l’onction pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé  pour proclamer aux captifs la libération, aux aveugles le recouvrement de la vue,

Il roula le livre, le rendit au servant et s’assit. Dans la synagogue, tous les yeux étaient braqués sur lui.
- Aujourd’hui même, commença-t-il, pour vous qui l’entendez, cette prophétie de l’Ecriture est devenue réalité.

En résumé, quatre verbes – des verbes d’action (pas de la « tchatche ») : Annoncer – Proclamer – Libérer – Délivrer.
On pourrait aussi citer :

- Matthieu 11.28 : « Je vous donnerai du repos. »
- Jean 10.10 : « Je suis venu pour donner la vie en abondance. »
- Jean 14.27 : « Je suis venu vous donner la paix.

Deux fortes directions se dégagent des textes : l’enseignement (annoncer, proclamer) et l’aspect « social » (repos, paix, libération, etc.). En deux mots : la parole et le geste. Les deux ensembles, les deux unis. Pas de paroles sans gestes, pas de gestes sans paroles. Une parole, un enseignement destiné à tous ceux qui viennent l’écouter, un geste, une compassion destinée à tous, notamment aux pauvres, aux malades, aux exclus, à ceux qui souffrent.

En résumé – et pour devenir un peu plus pratique par rapport à la question de fond qui nous préoccupe 
« Que devons-nous faire ? » – Jésus a concentré sa mission là où il a vu des besoins : besoins spirituels, besoins physiques, besoins de connaissance, besoins d’amour, de consolation, d’encouragement, de soutien, d’accompagnement.
Jésus est allé là où il y avait des besoins. Et il a prêché, il a enseigné, il a guéri, il a soutenu. Il y a même laissé sa vie. Voilà le programme de Jésus, voilà l’exemple de Jésus.

 

2) La question suivante est celle-ci :

« Et nous ? Et notre Eglise ? Et notre mission ? »

Eh bien, je pense que nous ne sommes pas appelés à faire autrement que Jésus.
Son programme devient notre programme, ses priorités, nos priorités, sa mission, notre mission : enseigner, proclamer, guérir. Il suffit juste d’actualiser.

Jésus est allé là où il y avait des besoins. Jésus nous envoie là où il y a des besoins, des manques, des souffrances. Jésus nous envoie sur la route pleine de dangers qui va de Jérusalem à Jéricho, il nous fait passer devant le voyageur qui s’est fait agressé par les voyous de l’époque (cf. parabole du bon Samaritain, Luc 11)

Aurons-nous assez de courage, assez d’amour pour nous arrêter, pour tendre la main, pour aider ? Parce qu’il y est allé lui-même, Jésus nous envoie vers les « lépreux », vers les handicapés de la vie, les handicapés de l’amour, il nous envoie vers les étrangers. Entendrons-nous cet appel ?

Pour être pratique, posons-nous la triple question suivante :
- où sont les besoins aujourd’hui ? Dans quels lieux ? Dans quels quartiers ? Dans quelles maisons ? Dans quels domaines ? Spirituel, santé, social, pauvreté, instruction ?
- quels sont les besoins les plus urgents ou les plus importants ? Ici ou ailleurs ?
- comment répondre à ces besoins ?

Commençons par ouvrir les yeux, les oreilles et le cœur, regardons autour de nous et faisons, chacun pour soi et ensemble, une liste des besoins que nous voyons.  
Et ensuite, là où nous vivons, là où nous sommes Eglise, passons de la théorie à la pratique, mettons en œuvre notre volonté, notre force, notre amour, cherchons comment répondre à ces besoins. Par la parole et par le geste. Par un sourire, par un don, par l’hospitalité, par le soutien, l’encouragement, la visite (peut-être pas dans ce temps de confinement... mais on peut visiter par un coup de fil) : il suffit parfois de peu pour réjouir le cœur de celui qui est dans le besoin.

Pour terminer, j’aimerais vous laisser trois mots-clés qui définissent d’une manière générale le travail ou la mission de toute Eglise, quel que soit son nom, partout dans le monde, hier comme aujourd’hui et comme demain ; ce sont trois mots qui sonnent un peu « barbare » ; ils sont en grec et tirés du Nouveau Testament.

 

3) Trois mots-clés :

- « Koinonia » (Ac 2.42, 44). La koinonia, c’est la communion. Communion avec Dieu d’abord, d’où, comme Jésus l’a fait, nous recevrons la force et l’amour nécessaire pour aller vers les autres ; communion avec les autres, ensuite, c’est la communion fraternelle vécue en église, le soutien mutuel, le respect mutuel, l’accueil mutuel qui conduit à la rencontre des autres.

- « Kerygma » (Ac 8.5, 9.20). Le kerygma, c’est la proclamation de la parole, l’annonce de l’Évangile, la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, c’est la prédication, le témoignage rendu à Jésus.

- « Diakonia » (Ac 6.1,2 ; 11.29). Ce mot est certainement mieux connu. La « diakonia », comme son nom l’indique, c’est la diaconie, le service tourné vers l’autre, notamment celui qui souffre, c’est l’entraide, le partage, le don de soi, la compassion active.

Dans le livre des Actes des Apôtres, ces trois mots définissent l’Eglise, ils sont le fondement de l’Eglise, la base de la mission de l’Eglise : communion, proclamation et service. Ces trois mots, ces trois gestes, sont indissociables, complémentaires, ils ne vont pas l’un sans l’autre. La compassion active va de pair avec la communion et la proclamation. De même, on ne peut pas prêcher l’Évangile, sans que cela ne se voie dans la communion les uns avec les autres et dans le service rendu aux autres.

Alors, Dieu nous conduise dans une plus grande communion avec Lui et avec les autres ; qu’Il nous donne la joie et l’assurance dans la proclamation de l’Évangile et qu’Il incline notre cœur à son service et au service de ceux qui sont dans le besoin.

Si nous vivons cette « koinonia », ce « kerygma » et cette « diakonia », alors, nul doute, nous saurons quoi faire et l’Eglise accomplira, d’une façon ou d’une autre, la mission que Dieu lui confie.

En conclusion, je vous laisse avec cette citation de John Wesley, fondateur de l’église évangélique méthodiste :

« Réfléchissez pour savoir qui a le plus besoin de votre secours et auprès de qui votre engagement dans l’évangélisation et la diaconie a le plus de chance de rencontrer une réaction positive. Travaillez ensuite avec ces personnes et priez pour elles. »

Amen !

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Prière

J’aimerai te prier
J’aimerai intercéder
Je voudrais confier mes sœurs et mes frères à ta tendresse et ta bonté.
Mais je ne sais pas par qui commencer.
Tant de sœurs et de frères ont besoin d’être portés.
Ils sont si nombreux que j’ai peur d’en oublier.
Il y a les malades, leurs familles
et tous ceux qui les soignent.
Il y a ceux qui continuent de travailler
et ceux qui doivent rester confinés.
Et puis, il y a tous les miens,
tous ces gens que j’aime de près ou de loin.
Tant de personnes dont la mort bouleverserait ma vie.
Je voudrais tous te les confier.
Mais ils sont si nombreux
J’ai peur d’en oublier.
Je ne sais pas par où commencer.
Toi Seigneur, tu connais mes pensées.
Avant que les paroles ne viennent sur mes lèvres, déjà tu les connais.
Ton Esprit prie et gémit
de toi à moi
de mon cœur à ton cœur
non seulement maintenant
mais à chaque instant.
Entends Seigneur
Le cri de mon cœur
Même si je ne sais pas comment prier.
Seigneur, prends pitié.

Sophie Letsch



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