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Portrait du pasteur Desmons,
ministre réformé et dignitaire maçonnique

Protestants et francs-maçons

en pays de France


Trois siècles d’affinités, compagnonnage, indifférence et antagonisme
du XVIIIe siècle à nos jours

Postface de Jacques Noël Peres
Préface de Valentine Zuber

 

 

 

Yves Hivert-Messeca

éd. DERVY
478 pages – 23 €

 

recension Gilles Castelnau

 


31 mars 2020

De T. Desaguliers à Gaston Doumergue, Camille Pelletan, Bartholdi, Steeg, Boissy d'Anglas en passant par Court de Gébelin, Benjamin Constant, E. Reclus, Jean Zay, Frédéric Desmons etc., nombreux furent les protestants à entrer dans la franc-maçonnerie et à s'illustrer dans la vie politique, économique ou culturelle de la France.

Les rapports entre la franc-maçonnerie, ordre traditionnel initiatique mais aussi lieu de sociabilité, et le protestantisme, religion, éthique et culture, sont anciens, constants, souvent amicaux, parfois compliqués. Ces deux groupes, minoritaires en France, sporadiquement persécutés ou marginalisés, ont cheminé de conserve, avec des affinités certaines et quelques crispations.

Qu'ont donc en commun la franc-maçonnerie et le protestantisme ? Une morale exigeante ? Un comportement comparable de leurs membres en société ? Ce livre, le premier aussi complet sur ce sujet, riche d'une documentation unique, parcourt attentivement trois siècles de cette attirance réciproque, généralement insoupçonnée voire occultée, et dresse un portrait affectueux d'une famille - les francs-maçons protestants, ou les protestants francs-maçons - à la fois semblable, polymorphe et polyphonique.

Yves Hivert-Messeca, professeur honoraire, docteur en histoire et essayiste, est l'auteur - de plus de cent cinquante ouvrages, articles, préfaces et communications sur l'histoire et la sociologie de la franc-maçonnerie, du protestantisme français, de la sociabilité démocratique, de la laïcité, du fait initiatique et du symbolique. (4e de couverture)

 

Les 21 chapitres de ce gros livre suivent la chronologie de l’histoire conjointe du protestantisme et de la franc-maçonnerie. Ils mentionnent les noms des personnages concernés avec une foule de détails historiques.

En voici des exemples

 

.


Un rapprochement sous la monarchie constitutionnelle (1815-1848)

page 200

Entre une institution maçonnique en déclin et des Églises protestantes sur leurs gardes, face à l'ultra-royalisme et au catholicisme intransigeant une certaine sympathie/complicité « défensive » se manifesta, mais n'entraîna pas la multiplication des doubles appartenances, sauf dans quelques « niches » géographiques, sociales, politiques et culturelles, comme les bourgeoisies alsaciennes luthériennes libérales ou les notabilités gardoises réformées progressistes.

La Révolution des Trois Glorieuses (juillet 1830) ne constitua en rien une rupture dans le long temps qui permet d'apprécier les rapports entre protestants et francs-maçons, pour simplifier disons le temps concordataire (1802-1905). La Monarchie de Juillet fut saluée avec plus ou moins d'enthousiasme par la grande majorité des protestants et des francs-maçons. Le 10 octobre 1830, à l'hôtel de ville de Paris prêté par le nouveau préfet de la Seine, le frère Odilon Barot, défenseur des protestants méridionaux dans des affaires de tenture, président de la société fortement protestantisée Aide-toi, le ciel t'aidera, 300 maçons se réunirent sous la présidence du duc Claude Antoine Gabriel de Choiseul-Stainville, grand commandeur (1825-1838) du SCdF (Rite écossais ancien et accepté - Rite écossais ancien et accepté), assisté du comte Alexandre de Laborde, préfet de la Seine (juillet-août 1830, avant Barrot), futur grand maître adjoint du Grand Orient de France (GOdF), en présence de La Fayette qui sera admis au SCdF le 21 novembre courant. Toujours à l'hôtel de ville, La Fayette fut honoré par le GOdF,le 16 octobre, lors d'une tenue présidée par le chirurgien-major Jean-Claude Bésuchet de Saunois.


 

Les présentes années (de la décennie 1970 à nos jours)

page 436

Combien y a-t-il de maçons protestants dans la franc- maçonnerie française actuelle ? La réponse n'est pas facile. Il n'existe aucun travail global d'érudition sur le sujet. Il faut donc s'appuyer sur des travaux, enquêtes, témoignages fragmentaires et parfois tendancieux. Des médias ou le net présentent des témoignages de protestants (ou prétendus tels) de toute nature, mais on ne peut affirmer qu'ils sont représentatifs de la mouvance « maçonno-protestante ».

Le museeprotestant.org termine ainsi son chapitre (mais il est signifiant qu'il existe un tel chapitre) « Les protestants français et la franc-maçonnerie » :

Actuellement, les zones à forte implantation protestante sont souvent plus ouvertes à la maçonnerie. On constate que les protestants demeurent sur-représentés dans la maçonnerie française ; on y trouve des pasteurs, des professeurs de théologie, des responsables d'associations protestantes ; certains courants des Églises protestantes, notamment évangéliques, lui manifestent par contre une hostilité plus ou moins vive.

Évelyne Selles-Fischer, dans un article, « Heureux comme des pasteurs en logea », interviewe trois pasteurs, deux à la Grande Loge Nationale française, un (barthien) au Grand Orient de France. Un interviewé nous confia « sous le sceau du secret » que les pasteurs maçons sont presque tous à La GLNF et à la GLdF.

Le fait que deux grands maîtres « récents » du GOdF (Jean-Robert Ragache, Pierre Lambicchi) soient d'origine protestante est-il le signe de la présence de nombreux huguenots à la rue Cadet ?

Dans les quelques enquêtes (le plus souvent discrètes car les obédiences n'aiment guère) faites dans des loges et/ ou des échantillons de maçons, on note que 5 à 10 % des frères et/ou sœurs se déclarent protestants sans que l'on sache à quelle forme et à quel degré de protestantisme, ils (elles) appartiennent. Surtout, on ne peut pas affirmer que lesdits pourcentages soient applicables à l'ensemble de la franc-maçonnerie française. Faisons l'hypothèse que le pourcentage de protestants en loge est plus proche de 5 % que de l0 %. Néanmoins sur les bases susdites, les loges en France compteraient entre 10000 à 20000 maçons protestants largo sensu. Plutôt 10000 donc ! Mais prudence sur ces chiffres !

Si on reporte lesdits effectifs sur la population protestante adulte, toujours largo sensu, les maçons représenteraient 0,7 à 1,5 %. C'est deux à quatre fois le pourcentage de l'ensemble des maçons français sur la population globale adulte, qui est d'environ 0,47 %. Cette présence protestante en loge est donc à la fois numériquement faible, supérieure à la moyenne, mais significativement forte. Encore faudrait-il ajouter (là encore après des enquêtes précises) que les protestants « historiques » doivent être plus présents en loge que les membres de la mouvance évangélique, et que les protestants de la marge doivent plus avoir rejoint la franc-maçonnerie que les protestants « historiques ». Demeure également la question de savoir comment lesdits protestants se répartissent dans les huit plus grandes obédiences.

[...]

De manière empirique, on semble deviner qu'à l'intérieur de la franc-maçonnerie, le poids des protestants dans les
« organes dirigeants » des loges et des obédiences est supérieur au pourcentage des protestants en franc-maçonnerie, alors que le contraire n'est absolument pas constatable (peu de maçons dans les exécutifs protestants et même peut-être dans le pastorat ?).

 

 

Postface de Jacques-Noël Pérès

 

[...] Certainement Yves Hivert-Messeca rend-il ce service aux protestants francs-maçons, d'être désormais mieux connus. Qu'ils soient célèbres ou estimés, pour reprendre l'aphorisme rappelé dans les premières lignes de cette postface, là n'est assurément pas ce qui les a préoccupés ni les préoccupe encore. Mais que l'on sache qu'ils ont conscience de ce que travailler à l'Art royal avec des hauts et des bas, lesquels ne sont pas pudiquement cachés dans ce livre - n'est en rien incompatible avec leur foi, et même plus simplement dit avec la foi, voilà ce qui importe ! Que l'on sache du même coup qu'ils ont tenu à accomplir la tâche qui dans l'Ordre leur a incombé, et qu'ils ont été capables devant leurs frères et avec eux de rendre compte de la liberté qui les habite, une liberté qui a une triple dimension : elle est d'abord émancipation, et parce qu'elle est émancipation elle est énergie, en sorte qu'avec cette énergie elle est apte à se concrétiser dans le service. [...]

 



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