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Tentation – Épreuve

 

 

prédication

Jacques 2.12-13


pasteur René Lamey 

 

 

28 mars 2020

Jacques 2.12-13
Heureux l’homme qui tient ferme face à la tentation, car après avoir fait ses preuves, il recevra la couronne du vainqueur : la vie que Dieu a promise à ceux qui l’aiment.
Que personne, devant la tentation, ne dise :
-  « C’est Dieu qui me tente. »
Car Dieu ne peut pas être tenté par le mal et il ne tente lui-même personne.
 Lorsque nous sommes tentés, ce sont les mauvais désirs que nous portons en nous qui nous attirent et nous séduisent.

Avez-vous déjà vu le tableau du peintre hollandais Jérôme Bosch intitulé « La Tentation de Saint Antoine » ?
On y voit saint Antoine tourmenté par toutes sortes de diables affreux et de démons répugnants qui asticotent son âme, son esprit et son corps. Au fond du tableau, il y a une ville en flamme, c’est Sodome et Gomorrhe, symbole du péché, symbole de l’enfer où tombent tous ceux qui succombent aux différentes tentations. Ces tentations sont représentées par de multiples petits détails et ont pour nom : luxure, goinfrerie, gourmandise, péchés de la chair.

Ce tableau et d’autres du même acabit ont véhiculée à travers les siècles une image faussée de la tentation. Ils ont transmis l’idée que tout ce qui a trait au corps est mauvais, que tous les désirs liés au corps sont dégoûtants.
Or le texte que nous sommes invités à méditer ne dit pas du tout cela.

Ce matin, j’aimerais tordre le cou, non pas à des personnes, mais à des idées fausses sur la tentation et sur l’épreuve !
Tout d’abord, il faut dire qu’il y a une certaine ambigüité sur les termes employés dans la Bible : en effet, le mot grec employé pour « tentation » peut aussi être traduit par le mot « épreuve ». Ainsi, on pourrait lire le premier verset de la manière suivante :
Heureux l’homme qui tient ferme face à l’épreuve...
Ce qui n’est pas la même chose que « tentation », à mon avis.

« Tenir ferme face à l’épreuve », face aux difficiles événements que nous pouvons vivre, voilà qui donne une autre perspective. Nous ne sommes plus dans les tentations liées au corps, mais dans le combat pour la vie.
Et c’est là, dans ce combat pour la vie, que nous rencontrons les tentations qui valent la peine d’être nommées.

Il y a trois points que j’aimerais laisser à votre méditation.

1. Première idée

Les vraies tentations, celles qui peuvent nous écraser, celles qui peuvent nous mettre à genoux, celles qui peuvent nous amener à la mort, ce ne sont pas ces misérables petites tentations auxquelles on a donné un trop grand poids de culpabilité, alors qu’elles n’ont absolument pas à nous culpabiliser.
Que de tourments inutiles devant la vitrine de la pâtisserie : vous avez envie de manger ce beau gâteau au chocolat qui vous tend les bras, alors, allez-y, tant pis, vous allez peut-être prendre un ou deux kilos, mais ne n’est pas grave !
Vous avez envie d’une bonne bière bien moussante, alors, buvez-là, ce n’est pas grave !
Vous avez envie de ce beau foulard, alors, achetez-le, ce n’est pas grave !
Ne vous culpabilisez pas pour des choses qui ne valent pas la peine de se culpabiliser ! Vous ne pouvez pas contrôler toutes vos pensées, vous ne pouvez pas maîtriser tous vos gestes.

Bon, si vous avez du diabète, si vous avez des soucis avec l’alcool, si vous mettez en jeu le budget familial, là, c’est plus délicat !
Mais, en règle générale, beaucoup de choses qui traversent notre esprit et notre corps sont naturelles, normales et ne font pas de mal ni à vous ni aux autres.
Et c’est là que j’aimerais en venir : les vraies tentations sont celles qui, d’une part, font du mal à soi ou autres aux autres. Mal moral ou mal physique, je pense à la tentation de dire des paroles qui font du mal, des paroles du jugement, des paroles qui salissent, qui abaissent, je pense aux fausses rumeurs qu’on peut faire circuler et qui vont détruire une personne, je pense au mensonge, à la haine. Ne pas céder à la tentation du mal, voilà le vrai combat (et ça, c’est autre chose que de céder au gâteau de chocolat !).

Et d’autre part, les vraies tentations sont celles que nous éprouvons devant des événements difficiles ou dramatiques qui nous touchent ou touchent des proches : quand l’épreuve nous touche, quand nous souffrons pour soi-même ou pour les autres, nous pouvons, à la longue être tentés de baisser les bras, de se décourager, de désespérer, d’abandonner la lutte, de laisser tomber l’espoir, de perdre la foi. Ne pas céder à la tentation du désespoir, voilà, la seconde tentation qui vaille la peine d’être nommée et décrite comme « tentation » !

2. Deuxième idée

Nous avons tous des zones d’ombre. Nous avons tous des failles et des faiblesses. Nous chutons tous un jour ou l’autre – même les plus forts d’entre nous peuvent tomber. Ces ombres et faiblesses font partie de la nature humaine, alors autant les accepter et faire avec (avec plus ou moins de bonheur !).
Ce que nous critiquons chez les autres est aussi en nous, ce que nous n’aimons pas chez les autres est aussi en nous (sinon nous le verrions pas).
Puisque nous luttons tous contre quelque chose, soyons indulgents les uns envers les autres, soyons compréhensifs les uns envers les autres. Et soutenons-nous mutuellement dans nos combats respectifs.

3. Troisième idée

Avez-vous entendu ce que dit le texte ? Je vais d’abord le lire tel qu’il est écrit dans nos bibles, et ensuite, je vais le relire en remplaçant le mot « tentation » par « épreuve ».

Que personne, devant la tentation, ne dise :
-  « C’est Dieu qui me tente. »
Car Dieu ne tente lui-même personne.

Et maintenant, en remplaçant « tentations » par « épreuve » :

Que personne, quand il passe par une épreuve, ne dise :
-  « C’est Dieu qui m’éprouve. »
Car Dieu ne mets lui-même personne à l’épreuve.

Des centaines de fois j’ai entendu cette expression :
-  « Dieu a permis que telle ou telle chose arrive... »
On le dit parce qu’on aimerait donner un sens à telle souffrance, à tel malheur. On aimerait savoir pourquoi... On le dit parce qu’on se croit puni :
-  « Dieu a permis telle situation parce que j’ai dit ou fait quelque chose de mal. »

On le dit parce que la prière du Notre Père dit : « Ne nous soumets pas à la tentation » (ou l’épreuve), ce qui laisse entendre qu’il pourrait nous y soumettre. Le texte grec du Notre Père ne dit pas cela ; notre traduction n’est pas bonne. Quand nous prions, nous devrions dire :

« Ne nous laisse pas être gagnés par la tentation »

ou

« Ne nous laisses pas chuter dans l’épreuve »

Et vous voyez, notre texte de ce matin nous dit la même chose :

« Dieu ne mets personne à l’épreuve »

Qu’est ce que cela signifie ? Ça signifie une chose capitale, qu’il faut bien se mettre dans la tête : Dieu ne permet pas les épreuves. Dieu n’envoie pas les épreuves.
Dire que « Dieu permets le mal et la souffrance », c’est rendre Dieu responsable de toutes les horreurs qui se sont commises et qui se commettent encore sur la terre. Je ne pourrai jamais aimer un « Dieu qui permet », ni croire en lui.
Dieu ne permet pas ni mal ni la souffrance ni l’épreuve, mais il nous accompagne dans ce mal, dans cette souffrance, dans cette épreuve. Il nous accompagne et si nous nous ouvrons à lui, si nous nous ouvrons à la force de la vie, il nous donnera la force et le courage pour lutter, pour tenir bon, pour rester malgré tout en paix, pour ne pas tomber dans la tentation du désespoir et de la mort. Il sera à nos côtés pour nous aider à passer le cap, pour nous remettre debout, pour continuer à vivre et à croire.

Les épreuves, les tentations, les malheurs font partie de la vie, c’est le lot de chaque être humain, qu’il soit croyant ou non, qu’il aille à l’église ou non, qu’il prie ou non. Dieu ne punit pas, Dieu ne permet pas, ce qui nous arrive est le résultat de la fragilité humaine, fragilité du corps, quand il s’agit de maladie, fragilité morale, quand il s’agit de violence, fragilité de la nature quand il s’agit de catastrophes.

Mais alors, direz-vous, si tous ces événements peuvent toucher les hommes, croyants ou non, à quoi cela sert-il alors de croire en Dieu, de croire en la vie ?
Qu’en pensez-vous ?

Moi, je ne crois pas pour être protégé du malheur et de la souffrance – puisque c’est le lot de chaque vie humaine – Dieu n’est pas une idole à qui l’ont fait des sacrifices pour être gardé du mal.

Moi, je crois parce que la foi est une force de vie qui me permettra d’affronter les épreuves, de les traverser le mieux possible et, pourquoi pas, d’en être peut-être victorieux.
Je crois pour ne pas désespérer.
Je crois pour ne pas sombrer.
Je crois pour vivre malgré tout.
Je crois pour chanter malgré tout.
Je crois pour aimer malgré tout.
Alors, qu’elles viennent les épreuves et les tentations, ma foi en Dieu, ma foi en la vie, me donnera l’espoir, le courage et la force pour lutter et pour continuer le chemin.

Amen !

 

.

 

Prière

En ces temps difficiles si chargés en émotions
où ce qui est en train de se passer
semble irréaliste, inconcevable,
j’accepte ta présence autour de moi.
J’accueille le silence qui me permet de me mettre à l’écoute.
J’accueille la fermeture des magasins
pour me libérer du consumérisme effréné
et des biens matériels.
J’accueille la fermeture des restaurants
pour apprendre à rechercher la nourriture de l’âme.
J’accueille l’isolement
pour rentrer dans un dialogue avec toi,
dans une présence bien plus belle.
J’accueille les restrictions de mouvement
pour me focaliser sur l’essentiel.
J’accepte ma vulnérabilité et la maladie que tu répands
pour me rappeler du don de la santé
que j’ai si souvent pris pour acquis,
et me rappeler que la douleur fait partie de la vie.
 Je n’oublie pas de prier, au contraire, je prie sans cesse, au plus profond de mon cœur et de mon âme.
Oui, je prie en silence.
Je prie pour les malades, pour les familles des malades et pour les personnes fragiles.
Je prie pour les personnes très angoissées pour qui l’avenir semble si incertain et je n’oublie pas les plus démunis.
Je prie aussi pour les commerçants, les artisans, ceux qui ont dû fermer boutique et ceux qui devront faire des choix difficiles.
Je n’oublie pas le corps hospitalier, je les remercie pour leur professionnalisme, leur dévouement et profonde humanité.
Je remercie tous ceux qui travaillent d’arrache-pied pour faire en sorte que notre pays fonctionne pour que nous ayons tous la chance d’être soignés, nourris et protégés.

Et je pense à tous les parents qui vont devoir concilier ie professionnelle et vie familiale le plus souvent dans de tout petits espaces, je leur souhaite de retrouver une vie familiale attentionnée.
Je n’oublie pas que ce temps de confinement me permet de me rapprocher de Toi Seigneur.
Et au milieu de la tourmente, je n’oublie pas l’essentiel : garder espoir !  

(prière proposée par l’Alliance Biblique Française adaptée par Sophie Letsch)



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