Libre opinion
Ingrid
Bétancourt
Gilles Castelnau
11 juillet 2008
Ingrid Bétancourt dit qu'elle a prié ainsi, en Colombie, durant sa captivité des FARC :
- « Pourquoi m'as-tu
fait ça alors que tu sais que je t'adore ? Pourquoi me
punis-tu ? »
Elle apprend la mort de son père et
en rend Dieu responsable !
Elle se croit « punie ».
Elle pense que puisqu'elle « adore Dieu », celui-ci ne devrait pas laisser mourir son
père.
Sans doute donc est-il plus normal que Dieu
fasse mourir les pères de ceux qui ne l' « adorent » pas !
Si elle avait un peu lu les évangiles
elle aurait pu voir que Jésus - qui nous
révèle Dieu - ne faisait mourir personne, ne
« punissait » personne. Et évidemment Dieu non
plus !
Ensuite elle remercie Dieu d'avoir fait
mourir son père :
- « Et puis j'ai compris
qu'il fallait Le remercier de l'avoir pris, car jamais papa n'aurait
pu supporter ces six années d'horreur. »
Cette idée qu'elle se fait de Dieu
est terrifiante : Dieu, capable selon elle de libérer les
otages non seulement ne le fait pas mais il préfère de
tuer son père pour lui éviter de savoir sa fille
captive !
Un Dieu à l'esprit
retors !
- « Si tu m'annonces, au
cours du mois de juin qui est ton mois, la date à laquelle je
vais être libérée, je serai toute à
toi. »
Alors maintenant Jésus sait à
l'avance quand elle va être libérée (lui qui
disait « ne savoir ni le
jour ni l'heure »). Et de
plus il a un mois spécialement à lui : les autres
mois, serait-il moins à l'aise ?
Et elle ne sera toute à lui que s'il
lui fait cette annonce particulière !
- « Jésus a tenu
parole : je vis un miracle » : Jamais Jésus n'a tenu de pareils
discours. Jamais « il n'a
tenu parole ». Sa
« Parole » et ses miracles étaient d'un bien autre
ordre.
Il a « tenu parole » mais il n'a pas jugé utile de libérer
les autres otages toujours aux mains des Farc : que doivent donc
penser ceux-là ?
En réalité le Dieu que nous
aimons, qui nous soutient et nous garde, fait monter en nous la force
d'affronter les malheurs, le courage de tenir. Dieu renouvelle en
nous l'élan vital qui est mis à mal par toutes les
épreuves que l'on rencontre.
Jamais Dieu ne se conduit comme ce despote
aux idées bizarres, capable du meilleur comme du pire.
Quel mauvais témoignage que celui
d'Ingrid Bétancourt !
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