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Paul dans la tempête


 

 

prédication


pasteur René Lamey 

 

 

20 février 2020


Actes 27.18 – 28.10
Comme nous étions violemment battus par la tempête, le lendemain on jeta la cargaison à la mer et le troisième jour nous y lançâmes de nos propres mains les agrès du navire. Le soleil et les étoiles ne parurent pas pendant plusieurs jours, et la tempête était si forte que nous perdîmes enfin toute espérance de nous sauver.
On n'avait pas mangé depuis longtemps. Alors Paul, se tenant au milieu d'eux, leur dit :
-  O hommes, il fallait m'écouter et ne pas partir de Crète, afin d'éviter ce péril et ce dommage. Maintenant je vous exhorte à prendre courage ; car aucun de vous ne périra, et il n'y aura de perte que celle du navire.
Un ange du Dieu à qui j'appartiens et que je sers m'est apparu cette nuit et m'a dit : Paul, ne crains point ; il faut que tu comparaisses devant César, et voici, Dieu t'a donné tous ceux qui naviguent avec toi.
C'est pourquoi, ô hommes, rassurez-vous, car j'ai cette confiance en Dieu qu'il en sera comme il m'a été dit. Mais nous devons échouer sur une île.
La quatorzième nuit, tandis que nous étions ballottés sur l'Adriatique, les matelots, vers le milieu de la nuit, soupçonnèrent qu'on approchait de quelque terre. Ayant jeté la sonde, ils trouvèrent vingt brasses ; un peu plus loin, ils la jetèrent de nouveau, et trouvèrent quinze brasses. Dans la crainte de heurter contre des écueils, ils jetèrent quatre ancres de la poupe, et attendirent le jour avec impatience.
Mais, comme les matelots cherchaient à s'échapper du navire, et mettaient la chaloupe à la mer sous prétexte de jeter les ancres de la proue, Paul dit au centenier et aux soldats :
-  Si ces hommes ne restent pas dans le navire, vous ne pouvez être sauvés.
Alors les soldats coupèrent les cordes de la chaloupe, et la laissèrent tomber.
Avant que le jour parût, Paul exhorta tout le monde à prendre de la nourriture, disant :
-  C'est aujourd'hui le quatorzième jour que vous êtes dans l'attente et que vous persistez à vous abstenir de manger.
Je vous invite donc à prendre de la nourriture, car cela est nécessaire pour votre salut, et il ne se perdra pas un cheveu de la tête d'aucun de vous.
Ayant ainsi parlé, il prit du pain, et, après avoir rendu grâces à Dieu devant tous, il le rompit, et se mit à manger. Et tous, reprenant courage, mangèrent aussi.
Nous étions, dans le navire, deux cent soixante-seize personnes en tout.
Quand ils eurent mangé suffisamment, ils allégèrent le navire en jetant le blé à la mer.
Lorsque le jour fut venu, ils ne reconnurent point la terre ; mais, ayant aperçu un golfe avec une plage, ils résolurent d'y pousser le navire, s'ils le pouvaient. Ils délièrent les ancres pour les laisser aller dans la mer, et ils relâchèrent en même temps les attaches des gouvernails ; puis ils mirent au vent la voile d'artimon, et se dirigèrent vers le rivage.
Mais ils rencontrèrent une langue de terre, où ils firent échouer le navire ; et la proue, s'étant engagée, resta immobile, tandis que la poupe se brisait par la violence des vagues.
Les soldats furent d'avis de tuer les prisonniers, de peur que quelqu'un d'eux ne s'échappât à la nage.
Mais le centenier, qui voulait sauver Paul, les empêcha d'exécuter ce dessein. Il ordonna à ceux qui savaient nager de se jeter les premiers dans l'eau pour gagner la terre et aux autres de se mettre sur des planches ou sur des débris du navire. Et ainsi tous parvinrent à terre sains et saufs.

Après nous être sauvés, nous reconnûmes que l'île s'appelait Malte.
Les barbares nous témoignèrent une bienveillance peu commune ; ils nous recueillirent tous auprès d'un grand feu, qu'ils avaient allumé parce que la pluie tombait et qu'il faisait grand froid.
Paul ayant ramassé un tas de broussailles et l'ayant mis au feu, une vipère en sortit par l'effet de la chaleur et s'attacha à sa main.
Quand les barbares virent l'animal suspendu à sa main, ils se dirent les uns aux autres : Assurément cet homme est un meurtrier, puisque la Justice n'a pas voulu le laisser vivre, après qu'il a été sauvé de la mer.
Paul secoua l'animal dans le feu, et ne ressentit aucun mal.
Ces gens s'attendaient à le voir enfler ou tomber mort subitement ; mais, après avoir longtemps attendu, voyant qu'il ne lui arrivait aucun mal, ils changèrent d'avis et dirent que c'était un dieu.
Il y avait, dans les environs, des terres appartenant au principal personnage de l'île, nommé Publius, qui nous reçut et nous logea pendant trois jours de la manière la plus amicale.
Le père de Publius était alors au lit, malade de la fièvre et de la dysenterie ; Paul, s'étant rendu vers lui, pria, lui imposa les mains, et le guérit.
Là-dessus, vinrent les autres malades de l'île, et ils furent guéris.
On nous rendit de grands honneurs, et, à notre départ, on nous fournit les choses dont nous avions besoin.

 

Eh bien, mes amis, quelle croisière pleine d’aventures et de rebondissements en tous genres. Ça pourrait faire un bon film catastrophe, tout ça !
Parmi vous, est-ce qu’il y a des personnes qui ont déjà fait des croisières ? Levez la main ! Et parmi celles et ceux qui ont déjà été sur un bateau, avez-vous déjà essuyé une tempête ? Comment vous êtes-vous sentis ? Comment avez-vous réagi ?
D’une certaine façon, notre vie pourrait être comparée à une croisière. Il y a le port de départ (notre naissance) et notre port d’arrivée (notre mort). Entre ces deux ports, nous naviguons tant bien que mal. Il y a des jours où il faut beau, tout va très bien, Mme la Marquise, on est heureux, on profite de la vie, on se fait bronzer sur le pont du bateau avec une verre à la main et le sourire sur nos lèvres.
Mais il y a d’autres jours, où tout va très mal, où la tempête rugit sur notre vie : comme le dit le texte : ni le soleil ni les étoiles ne se montrent, on perd nos repères (les marins se repèrent avec les étoiles), on ne sait plus où l’on va, ni dans quelle direction il faut aller, on a peur, on pleure, on souffre, la barque de notre vie menace de couler ou de se briser les écueils ou de s’échouer dans un banc de sable ; et parfois, comme il est aussi écrit, tout espoir d’être sauvé disparait.

Ces sentiments, ces émotions, ces pensées que je viens de décrire, les marins qui sont sur le bateau avec Paul les connaissent aussi. Dans cette tempête qui dure depuis plusieurs jours, l’équipage n’en mène pas large, les hommes ont les nerfs à vif, un rien peut faire basculer les uns et les autres dans le chaos et la folie, même la folie meurtrière.
On pourrait dire beaucoup de choses à partir de ce récit très vivant. Pour ce matin, je n’en retiens que deux : l’attitude de Paul et le thème retenu par ceux qui ont préparé cette célébration.

1) Tout d’abord, l’attitude de l’apôtre Paul.
La longueur du texte qui a été lu, les péripéties qui y sont décrites, tout cela a peut-être fait qu’on ne se souvient plus très bien de la manière dont Paul a réagi tout au long de cette croisière agitée.
Alors que tout le monde s’inquiète, alors que tous ont perdu l’espoir d’être sauvés, alors que le découragement gagne les uns et les autres, alors la mort rôde sur la mer démontée, Paul se lève et dit : « Je vous invite à garder courage. » Autrement dit : Ne vous laissez pas abattre, ne soyez pas désespérés, ne baissez pas les bras quand la tempête déferle sur votre vie ! Au contraire, reprenez courage !
Paul se s’agite pas, il ne coure pas dans les sens, Paul fait preuve d’une belle maîtrise de lui-même, il est calme, il est serein, il est en paix. En ce sens, ce texte peut nous faire penser à une autre tempête, à d’autres hommes qui craignent pour leur vie, et surtout à un autre qui reste calme en plein milieu du vent qui souffle. Cet autre tempête, c’est bien sûr, le récit de la tempête apaisée qui nous est raconté dans des Evangiles. Les disciples ont la trouille de leur vie, ils réveillent Jésus qui dort de l’innocence et de la confiance du petit enfant. La seule différence entre les deux récits est que dans les Evangiles Jésus calme la tempête, alors qu’ici, elle continue encore pendant heures ou même quelques jours.

Paul est calme, Paul encourage tous ceux qui sont sur le bateau, mais Paul nous donne aussi le secret de ce calme et de cette sérénité du cœur et de l’âme. Il dit : « Courage donc, mes amis ! (et voici le secret) Je fais... confiance à Dieu. »
Le vent souffle à tout rompre, le bateau est secoué dans tous les sens, il n’y a plus d’espoir, et en plein milieu des éléments déchainés, Paul dit : Je fais confiance à Dieu.

On peut dire tout ce qu’on veut de l’apôtre Paul – et c’est vrai que, dans ses lettres, il est parfois très dur envers les croyants et parfois même un peu méprisant envers les femmes, mais aujourd’hui, dans cette tempête, il est pour nous un formidable exemple de foi.
La prochaine fois que vous passez par un moment difficile, pensez à ce récit, pensez à Paul, imaginez-le paisiblement debout, entendez ses encouragements, prenez appui sur sa foi, et à votre tour, faites confiance, confiez à Dieu ce qui vous fait peur, laissez la paix de Dieu remplir votre cœur.

2) La 2e chose à méditer pour aujourd’hui, c’est le mot d’ordre retenu pour cette célébration. Au ch. 28 et au v 2., il est écrit : « Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire. »
Imaginez : voici 276 personnes qui échouent sur les côtes de l’île de Malte. Il ne possèdent plus rien, ils n’ont pas d’argent, ils n’ont pas de papiers, pas de visa, ils ont faim, ils ont soif, certains sont des repris de justice, il y a peut-être même des criminels parmi eux, et les voilà qui débarquent comme ça chez nous ! A l’époque, mais c’est encore pareil aujourd’hui, on n’aime pas voir des étrangers arriver comme ça dans le pays !

Je ne sais pas exactement quelles étaient les règles en matière d’immigration, ou plutôt, ici, en matière d’hospitalité, mais le fait qu’il est dit que les autochtones ont fait preuve d’une humanité peu ordinaire, ça en dit long ! Cela signifie qu’il existait une humanité tout à fait ordinaire, tout à fait banale et quelconque, une humanité au minimum, au ras des pâquerettes qui consistait certainement à juste donner aux rescapés du naufrage un peu à manger et à boire. Ici, on s’occupe d’eux comme s’ils étaient des invités de marque : le texte dit : Ils ont fait un grand feu, ils leur ont donné de multiples marques d’honneur, et en partant, ils ont pourvu à leurs besoins.
On aurait pu les laisser là – peut-être qu’on aurait même pu les tuer et les dépouiller, mais non, on a eu compassion, on a fait plus que ce qui était attendu en temps normal.

Bel exemple de fraternité, n’est-ce pas ? On peut alors se poser la question : de quel genre est notre humanité, celle de notre pays, celle de nos villages ? De quelle genre est mon humanité ? Une humanité banale, ordinaire, qui consiste juste à dire « bonjour, merci, au revoir » ? Avez-vous souvenir d’avoir au moins une fois dans votre fait preuve d’une humanité peu ordinaire ? Ou quelqu’un l’a peut-être fait envers vous ?

Aucun des naufragés n’avait mérité qu’on leur témoigne une telle humanité. Et pourtant, ce fut le cas. C’est peut-être pour cette raison qu’il y a eu tant de guérisons les jours qui avaient suivi. Il est écrit : « Tous les habitants de l’île qui étaient malades venaient trouver Paul et ils étaient tous guéris. » On pourrait dire « compassion = guérison » Soyons humains, soyons compatissants, et il y aura des guérisons et des miracles en nous et autour de nous.

Pour conclure, je voudrais vous proposer un exercice à faire tous les jours : en rentrant, vous prenez une feuille blanche, ou un cahier. Vous mettez ce titre : Exercer mon humanité. Ensuite, chaque jour, au matin, vous demandez à Dieu de remplir votre cœur de compassion et de mettre sur votre chemin des gens ou des situations auxquels vous pourrez exercer une humanité peu ordinaire. Et chaque soir, ou quand vous aurez eu des occasions de témoigner une bonté peu ordinaire, remerciez Dieu et écrivez ce qui s’est passé.
Si vous faites cela, je vous garantit qu’à la fin de cette année 2020, votre amour pour les autres aura bien grandi !

Que Dieu mette en vos cœurs une humanité peu ordinaire !

Amen !


 


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