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Donner
c'est transmettre à l'autre
la grâce de Dieu

 

François Dermange

professeur d’éthique à la faculté de théologie protestante de Genève
diplômé de l'Ecole des hautes études commerciales (Paris)

 

article paru dans l'hebdomadaire protestant Réforme
dans le dossier « Philanthropie »
Le journal Réforme offre un regard protestant
sur l'actualité politique, religieuse, sociale et culturelle
6 février 2020

 

7 février 2020

La Réforme a changé l’attitude face à l’argent. Tout à coup, le pauvre n’avait plus de valeur en soi. Il n’était plus ni une figure du Christ, ni un « portier du ciel », chargé d’intercéder pour le riche en échange de l’aumône reçue. Il n’était qu’un pauvre qui demandait à être secouru s’il est dans la détresse ou la misère. Comment ? En lui rendant sa dignité par le travail qui lui donnerait non seulement un revenu, une indépendance, mais qui l’intégrerait en faisant des choses utiles aux autres. Calvin voit ainsi la société comme un corps, où chacun fait vivre les autres et reçoit d’eux la vie. À choisir, mieux vaut une vie simple où l’on se contente de peu, mais dans le corps, le riche a aussi sa place, s’il comprend que ce qu’il a d’argent, de talents, d’intelligence n’est pas pour lui seulement, mais pour les autres. Cela donne à chacun une responsabilité. On n’est jamais le propriétaire de ce qu’on a, mais simplement son gérant. On connaît jusqu’à aujourd’hui ces riches protestants, à la vie frugale, presque ascétique, qui savent faire preuve d’une immense générosité.

Les protestants n’avaient pas à sauver le monde. C’était là l’affaire de Dieu et non des hommes, mais du moins devaient-ils pouvoir offrir à Dieu un monde ordonné, présentable, un monde qui soit juste d’abord et si possible humain. Cela concernait la manière de gagner son argent, avec une scrupuleuse honnêteté, mais aussi la manière de le dépenser. C’est là qu’apparaît la philanthropie, l’amitié pour tous les hommes, comme une exigence d’humanité. Il faut dire qu’au contraire des catholiques, les protestants se méfiaient des discours sur la charité. On commettait en son nom trop d’injustices. L’amour, certes, était au cœur du message évangélique, mais à condition de le voir comme l’exigence de plus de justice encore. Ils voyaient ainsi l’équité comme le premier degré de l’amour, et la philanthropie comme le second, car elle était à la fois une manière concrète de s’avancer en direction de l’amour, en s’associant à d’autres, comme les Juifs et les francs-maçons.

Des pionniers

Dès qu’ils l’ont pu en France, les protestants ont été des pionniers de la philanthropie, d’abord en faisant du lobbying pour la transformation des institutions publiques et le droit. Pensons au XIXe siècle, à l’abolition de l’esclavage, à l’instruction publique, au repos du dimanche pour que les familles puissent se retrouver autour de la table au moins une fois dans la semaine, ou encore à l’interdiction du travail des enfants, grande cause des industriels de Mulhouse pour laquelle s’est engagé tout le lobby protestant. Mais la philanthropie prenait aussi en charge des causes sociales : les caisses d’épargnes, les retraites (déjà !), le soin aux handicapés… Dans tous ces domaines, la philanthropie n’avait pas vocation à être pérenne. Les philanthropes se sont toujours voulus des initiateurs, des veilleurs qui devaient ensuite passer le relais aux institutions publiques et à l’État.

Il faut reconnaître que cela explique aussi un certain essoufflement de la philanthropie au XXe siècle. La philanthropie de « grand-papa » paraissait un peu désuète. Bien des œuvres étaient reprises par l’État, on se méfiait du paternalisme et les grands philanthropes se montraient moins généreux à mesure que la charge fiscale augmentait. C’est plutôt aujourd’hui que nous assistons à son regain.

 

 


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