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La prédication originelle de Jésus, un messie à venir

 

 

Michel Leconte

 

19 décembre 2019

Que Jésus soit l’annonceur du Royaume n’implique pas qu’il se soit considéré comme le Messie et Fils de Dieu. Ce n’est qu’après sa résurrection que lui furent attribués ces hauts titres. Au cours de sa vie terrestre, Jésus a agi et a été perçu par le peuple comme un prophète juif (Mc 6,11) ; le message prophétique de Jésus était fortement eschatologique si bien ceux qui l’entouraient lui attribuait le rôle d’un prophète ou voyaient en lui le prophète eschatologique (des derniers temps). Il est en outre très vraisemblable que son annonce de la venue du Royaume ait été perçue comme ayant une connotation politique, cristallisant les attentes concernant le rétablissement du royaume d’Israël (cf. Lc 24,21 et Ac 1,6). Toutefois, dire que la communauté chrétienne ait désigné Jésus comme prophète des derniers temps n’implique pas d’en inférer une quelconque « conscience messianique » de la part de Jésus. Il semble bien que Jésus ait été extrêmement réticent à l’endroit de ce titre de Messie, alors qu’après Paques la communauté née de son mouvement chantait la messianité de son Seigneur. Si vraiment Jésus a été considéré comme prophète, la perspective de sa mort devait nécessairement se poser à lui et c’est comme prophète qu’il pensait être tué (Mt 23,37 ; Lc 13,34).

C’est dans l’après-coup de la résurrection qu’on l’a considéré comme le Messie futur qui allait revenir « venant des nuées du ciel » (Mc 14,62). L’épître aux Phillipiens (2, 6-11) qui rapporte un hymne très ancien semble confirmer cette position. Elle affirme sa condition divine du fait de sa fidélité (son obéissance) à Dieu. De même la prédication de Pierre dans le livre des Actes (2,36) que les exégètes considèrent comme primitive : « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous aviez crucifié. » En s’éloignant progressivement de son milieu d’origine, cette confession primitive s’est progressivement transformée pour aboutir aux définitions conciliaires de Nicée-Constantinople où les titres juifs de Messie (Christ) et Fils de Dieu ont pris un sens ontologique qu’ils n’avaient pas au départ dans la culture judéo-chrétienne. Le titre de Christ renvoyait seulement à une fonction donnée par Dieu.

La prédication du Royaume de Dieu ou des cieux par Jésus se situait simplement dans le prolongement de la prédication apocalyptique de Jean-Baptiste dont il avait été lui-même le disciple, prenant sans doute la relève de ce dernier après son emprisonnement par le tétrarque de Galilée Hérode Antipas, mais en y ajoutant ses propres inflexions. « Jésus n’a jamais totalement rompu avec le Baptiste et avec son programme [...] on pouvait encore entendre dans la bouche de Jésus le message de jugement imminent proféré par Jean [...] De plus, Jésus continuait d’utiliser le baptême comme symbole de la purification nécessaire pour échapper au feu à venir. » (John P. Meier, « Un certain juif Jésus, les données de l’histoire. II. La parole et les gestes », Cerf, Paris, p. 758). Mais contrairement au baptiste, Jésus quitte le désert pour affronter le monde, l’un est un ascète tandis que Jésus est toujours en fête (Mt 11,18-19).

Primitivement l’Évangile - la Bonne Nouvelle - était l’annonce de l’advenue imminente de ce Royaume prêché par Jésus, ce n’était pas la révélation d’un contenu spécifique comme pourrait l’être celle de la paternité d’un Dieu tout amour - c’est dans la première épître de Jean qui date des environs de l’année 100 que l’on trouve cette synthèse spirituelle. Pour Jésus, Dieu était miséricordieux parce qu’il allait intervenir pour établir son Royaume de paix et de justice en faveur des pauvres et des démunis. L’Évangile, la Bonne Nouvelle, était que ceux qui ont faim et soif, ceux qui pleurent, les affligés, les petits, les malades, les prisonniers pouvaient se réjouir, car ils allaient très bientôt être libérés. Ce point est très important quand nous lisons les évangiles pour bien les comprendre. Mais, au contraire de Jean-Baptiste, Jésus proclamait et célébrait le Royaume de Dieu déjà en gestation durant son ministère. Ce royaume advenait dans la puissance de sa prédication et de son enseignement, dans la communauté de table offerte aux impurs et aux exclus et dans les guérisons qu’il opérait, prémices de l’intervention imminente de Dieu.

Telle fut la prédication primitive de Jésus qui, au fil du temps, le Royaume ne venant pas, fut ramenée dans le présent ou bien intériorisée - tout en gardant, mais en espérance, la perspective d’un avènement eschatologique. Le titre de Christ fut définitivement attribué à Jésus et bien d’autres encore. Rompant avec le judaïsme, le christianisme hellénistique puis romain dut se créer des structures et un organisation sociale, et ce pour le meilleur et pour le pire... aucune institution d’Église ne pouvant réaliser définitivement le Royaume que Jésus avait annoncé durant sa vie publique. Les Églises ne sont que des institutions provisoires qui attendent le Jour du Seigneur.

 

 


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