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Quel récit pour demain ?


 

pasteur Serge Soulié

 

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6 décembre 2019

D’une manière générale, les civilisations se sont développées à partir d’un récit fondateur oral ou écrit qu’elles ont contribué à structurer. Ce récit a varié au cours du temps. Il s’est territorialisé prenant en compte l’environnement et le vécu du moment. Toutefois, les grandes lignes sont restées les mêmes parfois sur plusieurs millénaires. Ce récit est porté par la religion mais la référence qu’il constitue dépasse largement celle-ci. Il devient la base de toute une culture. Aujourd’hui beaucoup de français ne sont rattachés à aucune religion. Ils vivent et partagent cependant les principes fondamentaux et les valeurs des trois religions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l’islam.

Le récit englobant les trois religions monothéistes se déploie aux Amériques du sud et du nord, en Europe, en Australie, et en partie en Afrique où il est en concurrence avec l’animisme et en Asie où il côtoie les religions orientales comme l’hindouisme et le bouddhisme qui ont pour socle les vedas. Le point de départ de ce récit se trouve dans le premier Testament de la bible dit plus couramment « Ancien Testament » qui s’est constitué sur deux millénaires environ si on prend en considération les traditions orales et si on considère que celles-ci s’enracinent dans un passé lointain qu’il n’est pas possible de dater. Le judaïsme a été porteur de ce récit qui s’étale sur plusieurs livres aussi divers que variés : la Genèse, des livres historiques, prophétiques, d’essais… On relève dans ces livres les fondamentaux qui sont encore en vigueur aujourd’hui. Citons les plus connus :

- Dieu est un Dieu créateur, extérieur à sa création. Il est au-delà du perceptible et des possibilités de l’intelligible. On dit qu’il est transcendant, au-dessus de tout. Il dirige le monde selon son gré. Il demande à être obéi. Il punit ou bénit. Il remporte les victoires ou précipite dans la défaite.

- La terre est le centre de l’univers

- L’homme est invité à se multiplier, à être fécond, à remplir la terre

- L’homme reçoit l’ordre d’assujettir la terre, de dominer la faune et la flore.

- L’homme est le maître de tout. (Genèse chapitres 1 et 2).

- La femme vient en second. Tirée de l’homme, elle reste dépendante de lui.

- Elle désobéit et entraîne l’homme à la désobéissance.

Il y a eu des inflexions à ce récit au cours des deux premiers siècles. Jésus, nommé le Christ introduit dans ce récit par ses actes et ses paroles, l’amour et le pardon. Il donne des précisions, aujourd’hui irrecevables, sur la fin des temps : Des troubles surviendront, un messie interviendra, les morts ressusciteront. Introduit la notion de Royaume de Dieu qui se substituera à la terre actuelle. Six siècles plus tard, Mahomet considéré comme prophète ira dans ce sens (le sauveur s’appelle Mahdi) et le Coran énumère des signes annonciateurs (surconsommation de vin, phénomènes astronomiques) visibles de tous.

C’est le récit des 3 monothéismes qui s’est imposé face au monde gréco romain, mais aussi égyptien, beaucoup moins monolithique et impératif. Aujourd’hui ce récit ne fonctionne plus. Depuis Galilée on sait que la terre n’est plus le centre du monde. La terre à force d’être dominée est épuisée. Elle ne pourra plus nourrir tous ses habitants. L’heure n’est plus au « croissez et multipliez ». La science montre que toute chose a une cause réelle. Rien ne tombe du ciel. Une puissance surnaturelle apparaît de plus en plus improbable. Les théories de l’évolution s’affirment par rapport à celle d’une création définitive et sans changement. Une création dont le but premier de l’homme serait de la sauvegarder.

Aujourd’hui, une question se pose : qui et comment s’écrira le nouveau récit qui deviendra une référence. Nous avons peut être un début de réponse dans la déclaration des droits de l’homme. Elle devient pour de nombreux pays une référence. Elle a supplanté les écrits de la Bible ou du Coran. Citons aussi la Cop 21. Elle traite de l’évolution de la Terre et des espèces qui la peuplent. Il ne s’agit pas seulement de protéger et conserver ces espèces mais de leur donner la possibilité de s’inscrire dans le long processus d’évolution darwinien, en luttant par exemple contre l’invasion des plastiques. Dans ce nouveau récit, pourraient être intégrés des textes de Nietzsche pour qui la réalité humaine est tout entière devenir et métamorphose et de Spinoza selon lequel « Dieu c’est la nature ». D’autres écrits viendront s’y ajouter parce qu’ils auront été reconnus fondamentaux pour l’adaptation à une nouvelle manière d’être et de vivre. Ce processus sera long comme l’a été celui de la composition de la Bible. Les textes seront divers et variés comme le sont les textes bibliques. Comme eux ils s’étendront dans le temps. Les récits de la Bible et du Coran n’ont été rassemblés qu’après un long temps d’errance et sur un mode arbitraire.

Soyons réaliste. Le récit de la Bible comme celui du Coran, ne fonctionne plus aujourd’hui parce qu’il ne correspond plus aux évolutions de l’univers. Les religions monothéistes n’attirent plus et ceux qui les fréquentent se radicalisent. On ne peut que craindre les crispations de ceux qui contre vents et marées veulent suivre ces écrits. C’est le cas des protestants fondamentalistes aux USA, des partisans de la charia ou des intégristes catholiques. Exégètes, interprètes et herméneutes auront beau se défendre, ils ne pourront pas empêcher l’émergence de ce nouveau récit. L’intuition des populations s’imposera. La fin des temps ne nous appartient pas. Elle ne peut pas être figée dans les récits connus, crus et vénérés jusqu’à aujourd’hui. Elle ne se réduit pas à un évènement. Nous ne pouvons pas la préparer à partir de révélations surnaturelles. L’effondrement global de la planète n’est qu’une prophétie de malheur que l’on retrouve aussi bien dans les écrits de la Bible, du Coran, chez certains théologiens de haut niveau, les zadistes et d’éminents climatologues. L’univers (et notre planète avec) a mis des millions d’années pour être ce qu’il est aujourd’hui. Il en faudra autant pour qu’il disparaisse mais, comme l’homme ne peut en saisir ni le début ni la fin, il ne peut pas dire où nous en sommes actuellement. Nous ne pouvons que nous engager dans les réalités connues et les aménager du mieux possible afin que l’évolution naturelle des êtres et des choses puisse se poursuivre bien au-delà du temps que nous sommes en mesure d’imaginer. C’est déjà une grande responsabilité.

Celui qui a pour repère le Jésus des évangiles ne se placera pas dans une situation d’attente. Il laissera « le croire » pour « le lire ». Non pas lire seulement les livres mais aussi la réalité du monde qui est toujours à déchiffrer. Il s’attachera à l’éducation à l’indépendance pour tout homme afin que celui-ci puisse s’émanciper des préjugés et des interprétations malveillantes. Il renoncera à la brutalité et à la violence en contrôlant les sentiments de haine et de vengeance afin que puisse se dérouler l’évolution du monde. N’est-ce pas là, la description du ministère de Jésus le Christ, paroles et actes compris ?

 


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