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Protestants persécutés réhabilités


Gilles Castelnau

 

30 octobre 2011

Sur la façade du Louvre, autour de la pyramide, se dressent 86 statues d’hommes illustres français, installées sous le Second Empire par Lefuel. Et parmi elles les statues de protestants qui, en leur temps, ont été persécutés pour leur foi.
La Ville de Paris a nommé des rues en leur honneur et leurs statues se trouvent aussi pour certains sur la façade de l’Hôtel de Ville, de l’Assemblée Nationale ou dans un jardin.
Cette réhabilitation, œuvre de la République et juste retour des choses, leur aurait sans doute fait plaisir !

Lefuel a placé aux places d'honneur, de part et d'autre du pavillon Sully (l’Horloge) les statues des deux protestants Jean Goujon et Androuet du Cerceau.

 

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Jean Goujon

v.1510 - v.1566



au Louvre

 

Jean Goujon a aussi sa rue


 

Elle porte son nom depuis son ouverte en 1823, lors de la formation du quartier François Ier.

Le prestigieux Jean Goujon, sculpteur du roi Henri II, fut l'auteur, entre autres, de la salle des Caryatides, de la fontaine des Innocents, des Quatre Saisons du Musée Carnavalet, et du jubé, aujourd’hui détruit, de Saint-Germain l'Auxerrois.
Il sculpta les allégories de la cour Carrée du Louvre dont Pierre Lescot réalisa l’architecture.

Mais Pierre Lescot qui était catholique fut enterré à Notre-Dame, alors que Jean Goujon qui était protestant, s'enfuit pour sauver sa vie et mourut sans doute à Bologne en Italie.


Il a sa statue sur la façade de l’Hôtel de Ville


Il a son tableau au Louvre dans la Galerie Apollon à gauche de Henri IV et de Louis XIV, face à Philippe Auguste.

 

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Androuet du Cerceau

au Louvre



Jacques Ier Androuet du Cerceau (1515-1585) a sa statue à la place d’honneur du pavillon de l’Horloge du Louvre, en compagnie de jean Goujon.

Il a aussi sa rue



Cette rue, ouverte en 1840 sous le nom de l’Arcade a reçu son nom actuel en 1864 lorsque Montmartre fut rattaché à Paris.

Architecte du roi, il est le premier d’une célèbre famille d’architectes. En 1560 ou 1564, il trouva refuge avec sa famille à Montargis auprès de Renée de France, duchesse de Ferrare, à qui il dédia son Livre des Grotesques, publié en 1566, où il parle des troubles du royaume qui lui nuisent cruellement.
Pour se protéger des persécutions, il se rapprocha, du duc de Nemours à Annecy, où il décéda finalement vers 1585.
Il est difficile de déterminer lequel de ses fils, de son petit-fils et de lui-même a réalisé tel ou tel ouvrage; Les différentes sources se contredisent d'ailleurs.

Son fils aîné, Baptiste (1544-1590) construisit le pont Neuf et commença la Grande Galerie du Louvre

Son fils cadet, Jacques (1550-1614) termina la grande Galerie et le Pavillon de Flore. Il travailla au pont Neuf et construisit plusieurs hôtels (Hôtels de Sully, Carnavalet) et traça les plans de la place des Vosges. Il construisit l’important temple protestant de Charenton.

Jean, fils de Baptiste (1585-1649) construisit notamment l’escalier en fer à cheval du château de Fontainebleau et termina l’hôtel de Sully.

 

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Bernard Palissy

1510-1589 ou 90


devant Saint-Germain des Prés, boulevard Saint-Germain

 

devant le musée de la céramique à Sèvres

 

rue Bernard Palissy

Cette rue a été ainsi nommée en 1864

 

 

Potier, émailleur, peintre, verrier, écrivain, savant.

Protestant actif dans l’Église de Saintes. Il vint à Paris, chargé par Catherine de Médicis de lui construire, devant les Tuileries, une grotte ornée de divers animaux en céramique à la mode de l’époque. Cette fonction le protégea provisoirement.


En décembre 1586, la Ligue parvint à le faire arrêter et emprisonner à la Bastille comme huguenot. Il fut libéré le mois suivant, réincarcéré un an après et cette fois, condamné à être pendu et brûlé. Le connétable de Montmorency, qui le protégeait, tout en étant catholique, présenta un placet à Catherine de Médicis qui obtint du roi que sa peine fut commuée en détention.

Iil échappe de justesse au massacre de la Saint Barthélémy et se réfugie à Sedan avec sa famille. Il revint à Paris par intermittence dès 1575 et organisa des cours publics, les premiers qui se firent à Paris et qu'il continua jusqu’en 1584. Il  y conviait les hommes les plus érudits de son époque, des médecins, de grands seigneurs, de gens de loi, des ecclésiastiques et entr’autres Champier médecin de Monsieur frère du roi, Pena médecin de Henri III, Milon premier médecin de Henri IV, Ambroise Paré, le fameux chirurgien protestant.

La Ligue le fit arrêter comme protestant en décembre 1586. Il fut enfermé à la Bastille, libéré le mois suivant, réincarcéré un an après et cette fois, condamné à être pendu et brûlé. Sa peine fut commuée en prison à vie.

Agrippa d’Aubigné décrivit ainsi sa dernière entrevue avec le roi Henri III :
«  Le Roy lui parla un jour en cette sorte : Mon bonhomme, il y a quarante-cinq ans que vous êtes au service de la Reyne ma mère et de moi ; nous avons enduré que vous ayez vescu en vostre religion parmi les feux et massacres ; maintenant, je suis tellement pressé par ceux de Guise et mon peuple, qu’il m’a fallu malgré moy vous mettre en prison ; et si vous ne vous accommodez sur le fait de la religion, je suis contraint de vous laisser entre les mains de mes ennemis, et demain vous serez brûlé.
-  Sire, répondit Bernard, vous m’avez dit plusieurs fois que vous aviez pitié de moy, mais moy j’ai pitié de vous qui avez prononcé ces mots : « je suis contraint » : ce n’est pas parler en Roy ! J’estais bien tout prest de donner ma vie pour la gloire de Dieu : si c’eust été avec quelque regret, certes il serait esteint, en ayant oui prononcer à mon grand roi : je suis contraint ! C’est ce que vous, Sire, et tous ceux qui vous contraignent ne pourrez iamais sur moi, parce que ie scay mourir. »

D’Aubigné ajouta : « On ne peut contraindre celui qui sçait mourir.  »

Le chroniqueur Pierre de l'Étoile écrit encore :
« Le 23 juin 1589, le capitaine Bussy-Leclerc, après avoir fait allumer un grand feu, manda pour se donner plaisir un vieil homme nommé Bernard Palissy, âgé de quatre-vingts ans. Le dit Bussy l'appelant son vieil fol hérétique...
- As-tu bien dit que tu ne craignais point d'endurer le feu pour la Religion et que tu choisissais plutôt le feu que la messe ?
- Oui monsieur, dit le bonhomme et je le dis encore... »

Au dernier moment, Bussy arrête, le fait reconduire au cachot et conclut :
« Je me donne au diable si je ne le tiens pas pour le plus homme de bien de tous mes prisonniers ».
Et le soir même il envoie à Palissy une bouteille du meilleur vin de sa cave, lui  disant de la boire à sa santé et à la belle peur qu'il lui avait faite.

1590. En cette même année, maître Bernard Palissy, âgé de quatre-vingts ans, mourut dans les cachots de la Bastille de Bussy-Leclerc, prisonnier pour la religion. Il mourut de misère, nécessité et mauvais traitement, et avec lui trois autres pauvres femmes, détenues prisonnières pour la même cause de religion, que la faim et la vermine étranglèrent.
Cet homme bon, en mourant, me laissa une pierre qu'il appelait sa pierre philosophale, qu'il assurait être une tête de mort que la longueur du temps avait convertie en pierre, ainsi qu'une autre qui lui servait à travailler à ses ouvrages. Ces deux pierres sont dans mon cabinet. Je les aime et garde soigneusement, en mémoire de ce bon vieillard que j'ai aimé et soulagé dans sa nécessité, non comme j'eusse bien voulu mais seulement comme j'ai pu.
La tante de ce bon homme, qui m'avait apporté les pierres et qui était retournée le lendemain à la Bastille pour voir comment il se portait, trouva qu'il était mort.
Et Bussy-Leclerc lui dit que, si elle voulait le voir, elle le trouverait avec ses chiens sur le rempart, où il l'avait fait traîner comme un chien qu'il était.
 »
A Paris pendant les guerres de religion, présenté par Philippe Papin. Ed. arléa

Il mourut effectivement à la Bastille en 1589 ou en 1590 et on rapporte que son corps fut jeté aux chiens du gouverneur.

 

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Anne du Bourg

1521-1559

Conseiller au Parlement de Paris, en 1559, au cours d'une séance plénière du parlement et en présence du roi Henri II, il dénonce avec une grande hardiesse la persécution de « ceux que l'on nomme hérétiques ». Henri II le fait arrêter sur le champ par Mongomery, le capitaine de sa garde (protestant lui aussi !) et embastiller.

Après la mort d’Henri II, sous le règne du jeune et fragile Françoi  II, les Guise le firent condamner comme hérétique à être pendu en place de Grève et son corps brûlé sur le bûcher (10 juin 1559).

Il est réhabilité, d’une certaine manière, un tableau représentant la fameuse scène du Parlement ornent désormais la Salle d’Honneur de l’Hôtel de Ville de Paris. On l’y voit de dos, vêtu de rouge et le roi Henri II sur son trône.

 

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Pierre Bayle

1647-1706

 

Pierre Bayle est un fils de pasteur ariégeois au parcours atypique. Très provisoirement converti au catholicisme par des jésuites toulousains, il est revenu  la foi de sa famille et part étudier la théologie à Genève pour finalement tourner le dos au ministère pastoral. Il occupe la chaire de philosophie de l’Académie protestante de Sedan avant de se réfugier à Rotterdam au moment de l’interdiction de l’Académie par Louis XIV. La Révocation de l’édit de Nantes est en marche.
Pierre Bayle est à la fois un témoin et une victime de l’aggravation régulière des mesures antiprotestantes qui précèdent le couperet de 1685.

Pasteur Vincent Schmid

 

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Olivier de Serres 
 1539-1609


Gentilhomme agronome, il exploitait lui-même sa terre du Pradel en Ardèche. Il en fit une remarquable ferme expérimentale.


 

Grâce au développement qu’il réussit des plantations de mûriers dont les vers à soie se nourrissent, il développa la production de la soie à grande échelle en France : Sous son impulsion, 20 000 pieds de mûriers furent plantés aux Tuileries, 10 000 à Saint-Germain en Laye et quatre millions en Provence et en Languedoc.

En 1628, sur l'ordre de Richelieu, les troupes royales démantelèrent et rasèrent entièrement le domaine du Pradel.

« le dimanche 7 mai 1628, ma maison du Pradel a été rasée par ordre de Monsieur de Ventadour, qui m'avait assiégé avec 4 000 hommes, battue de deux canons, ayant souffert 60 volées ; j'en sortis par composition (capitulation) avec Sarrasin de Lagorce mon enseigne et Jacques Perrotin mon sergent, l'épée au côté, et vingt de mes compagnons sans armes, n'ayant perdu qu'un soldat.
Moyennant l'aide de Dieu, lequel je prie m'être favorable, je commence à faire rebâtir ma maison sur le peu de murailles qui y sont restées. »
(Manuscrit de Daniel de Serres, sieur du Pradel)

Les arbres et les vergers du Pradel furent coupés avec moins de peine et de labeur qu’Olivier de Serres n'en avait mis pour les élever.

 

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Clément Marot

1496-1544


Cette rue , ouverte en 1881 a reçu son nom actuel en 1883

Clément Marot mit en vers les psaumes de la Bible qui furent ainsi chantés dans toute la France et furent le point de départ du célèbre psautier huguenot.

En 1529, il fut accusé d'hérésie et mis en prison. François Ier le fit libérer lui-même et le nomma poète officiel de la cour.
De nouveau inquiété en 1532, puis en 1534 après l'affaire des Placards, il se réfugia à Nérac auprès de Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre puis à Ferrare, à la cour de Renée de France, fille de Louis XII.

Il abjura le protestantisme en 1536 et obtient le pardon du roi. Il rentra à Paris en 1537 et son statut de poète officiel de la cour lui fut rendu.
La réédition en 1542 d'une de ses œuvres, L'Enfer, lui valut une nouvelle accusation d'hérésie.

Il se réfugia alors à Genève auprès de Calvin. Il mourut à Turin en 1544.

 

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Agrippa d’Aubigné

1552-1630



Homme de guerre et écrivain protestant, Agrippa d'Aubigné participa aux guerres de religion aux côtés du futur Henri IV.
Il échappa au massacre de la Saint-Barthélémy, en 1572, alors qu'il avait 20 ans, en marchant dans Paris un livre de messe sous le bras.
Il raconta les souffrances des protestants dans les Tragiques
Son Histoire Universelle est aussi, malgré son titre, une œuvre de combat destinée à dénoncer les crimes
catholiques lors des guerres de religion, et à encourager les protestants dans leur foi.

Elle fut condamnée par le Parlement et d’Aubigné fut contraint de quitter la France en 1620. Il se réfugia à Genève où il mourut.

 

 

Cette rue fut ouverte en 1869 et son nom lui fut attribué

Il est à remarquer qu’il fut le grand-père de la très catholique et très anti-protestante madame de Maintenon !

 

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Amiral Gaspard de Coligny

1519-1572

rue de Rivoli, à l'angle du temple de l'Oratoire du Louvre


L’amiral de Coligny était un grand seigneur protestant qui prit part aux guerres de religion lorsqu’elles éclatèrent. En 1571 il revint à la cour et le roi Charles IX lui fit bon accueil.
Pourtant, le22 août 1572, peu après le mariage d'Henri de Navarre (futu Henri IV), Charles de Louviers, seigneur de Maurevert, surnommé « le tueur du Roi » depuis qu'il avait abattu le chef calviniste Vaudrez de Mouy en 1559, tira sur Coligny depuis une maison appartenant aux Guise. Les historiens sont encore partagés sur l'identité du commanditaire de cet attentat, les principaux suspects étant : Catherine de Médicis en personne, les Guise, le duc espagnol d'Albe, qui aurait agi pour le compte de Philippe II d'Espagne.

Charles IX se rendit au chevet du blessé, lui promettant justice. Mais l’assassinat de tous les chefs protestants fut alors décidé et dans la nuit du23 au 24 août 1572 éclata lemassacre de la Saint-Barthélémy. Coligny fut achevé dans son lit, à coups de dague et son corps fut jeté par la fenêtre dans la cour par Charles Danowitzr. Il fut ensuite transporté au gibet de Montfaucon où il fut pendu par les pieds.

 

 

La rue qui passe devant l'église Saint-Germain l'Auxerrois porte le nom de l'amiral. Celui-ci demeurait à l'emplacement du N° 136 de l'actuelle rue de Rivoli qui n'existait pas encore à son époque.

 


 

Une plaque commémorative a été apposée par erreur au N° 144. C'est là qu'il fut assassiné le jour de la Saint-Barthélemy après avoir été victime quelques jours avant d'une première tentative d'assassinat.

Le carillon du beffroi de la mairie est, avec ses 40 cloches, un des plus importants de France. En souvenir de la triste sonnerie de la Saint-Barthélemy, il joue tous les jours le cantique de Luther (« C'est un rempart que notre Dieu ») à 20 h et le dimanche à 12 h 45.

 

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Jean Calvin

1509-1564

Ce portrait, découvert à Strasbourg en 1994
représente sans doute Calvin à l'âge de 32 ans lorsqu'il quitta Strasbourg pour Genève

 

 Le recteur de l'Université, Nicolas COP demanda au jeune Jean Calvin de rédiger un discours sur les Béatitudes et celui-ci il y fit l'apologie de la Réforme. Son discours lu devant les facultés fit scandale : Le Parlement arrêta COP, et décida d’interpeller Calvin. Les soldats le recherchèrent dans tout Paris. Il demeurait alors 19 rue Valette d’où il réussit à s'enfuir en passant par les toit.

Cette rue, ouverte en 1928 a été nommée ainsi en 1936

 

 

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