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La gestation pour autrui

GPA


Une femme, la « mère porteuse » est inséminée par des embryons.
Elle accouche d'un enfant qu'elle remet à la femme qui ne peut pas avoir elle-même d'enfants

 

 

pasteur Serge Soulié

 

blog


24 novembre 2019

Il suffit d’aborder le sujet de la GPA pour que montent tensions et querelles.
Du côté de l’église catholique c’est un non sans appel et pour son bras armé que sont les restes de la manif pour tous, c’est quasiment une agression sinon physique en tous cas en paroles. Selon eux le partisan de la GPA ne mérite pas le titre d’humain. Les évangéliques, bible en main adhèrent à cette position.

Restent les protestants réformés. Leur position est d’une très grande prudence. Les présidents de l’Eglise Protestante, de la Fédération ou encore le professeur Sicard évitent soigneusement d’opter pour la GPA sans la rejeter explicitement. On peut voir dans cette position une continuité de la sagesse protestante cherchant non pas à ménager la chèvre et le chou mais chercher une solution adéquate à chaque situation.

C’est ainsi qu’avait fonctionné l’ERF (Eglise Réformée) avec en particulier le professeur éthicien André Dumas au sujet de l’avortement. Entre une éthique normative dictée par la bible ou l’Église et une éthique de situation, il proposait une dialectique inventive fruit de l’empathie conduisant à la rencontre des personnes afin de mieux percevoir ce qu’elles vivent et ressentent pour étayer la réflexion.

Parmi les réfractaires à la GPA, combien ont pris la peine de rencontrer des couples homo et hétérosexuels en demande d’enfant, des femmes mères porteuses ou désirant le devenir ?

Cet effort veillant à ne pas s’enfermer dans un camp est louable. Il permet dans le meilleur des cas de trouver des arguments utiles à communiquer au pouvoir législatif. Il dépassionne les débats et sensibilise ceux qui s’intéressent à la question. Mais une question se pose, comment entrer dans ces débats ?

Actuellement les oppositions sont si fortes et récupérées par les politiques qu’il est impossible de s’engager dans une recherche qui amènerait à trouver des solutions efficaces, durables et plutôt consensuelles.

La prudence vis-à-vis de l’autorisation de la GPA est captée par ceux qui s’y opposent fortement, ils transforment cette prudence en une opposition ferme et définitive fermant la porte à toute recherche. C’est dire qu’une telle position de sagesse n’est pas opportune actuellement. Il y a des moments dans l’histoire où il faut savoir renoncer à ce qui nous paraît juste et sage pour mettre en route ce qui permettra d’aller de l’avant.

Des protestants m’ont appris qu’au début de la dernière guerre beaucoup voulaient négocier, chercher des solutions jusqu’au moment où le refus et la violence de l’ennemi les ont conduits dans la résistance. Certains regrettaient de ne pas y être entrés plutôt. Ils considéraient qu’ils avaient été aveuglés.

Il n’est pas impossible que ceux qui hésitent aujourd’hui à s’engager dans l’aménagement de la GPA le regrettent un jour. Elle est inéluctable comme l’était la question de l’avortement ou de la reconnaissance du mariage pour tous. Nous sommes impuissants devant les vagues qui déferlent sur le monde, nous ne pouvons qu’aménager leurs effets. Peu importe que nous soyons pour ou contre la GPA, elle est là.

Dans le monde entier il manque des enfants à adopter. Des femmes souhaitent rendre service et se considèrent comme des nounous. En Inde elles cherchent à être des mères porteuses afin de pouvoir donner à manger à leurs propres enfants. D’autres cherchent par ce moyen des revenus complémentaires. D’autres encore y sont obligées par des souteneurs comme le sont les prostituées.

Les opposants et les prudents justifient leur position pour, disent-ils, éviter la marchandisation des corps. C’est leur cheval de bataille. Ils n’ont pas pris conscience qu’ainsi, ils encourageaient le marché noir. Celui-ci se développe partout où il y a des manques. La demande devient si forte que tout est mis en œuvre, y compris le pire, pour répondre à ce manque.

On le voit avec la drogue. On va jusqu’à tuer pour s’en procurer. Les uns pour fumer, les autres pour s’enrichir. Le refus d’en organiser le marché crée le chaos.

Les américains ont connu la même chose avec la prohibition de l’alcool. Pendant la guerre tous ceux qui le pouvaient cultivaient clandestinement du tabac qu’il ne trouvait plus chez le marchand. Aujourd’hui le cannabis interdit a remplacé le tabac.

Le temps est venu de dire oui à la GPA, non pour laisser filer la marchandisation des corps mais pour lutter contre elle de manière la plus efficace possible. Pour que la GPA devienne possible, qu’elle ne détruise ni la mère porteuse, ni l’enfant, ni les parents demandeurs, il y a un très gros travail de réflexion et de mise en place à mener.

Ce travail ne commencera pas tant que nous resterons dans la condamnation, le rejet ou l’hésitation. En attendant, hommes et femmes en mal d’enfants chercheront à s’en procurer à l’étranger - peut-être même en France - dans les pires conditions.

Les protestants feraient preuve d’une grande responsabilité éthique en s’engageant dans cette voie difficile. Ils peuvent le faire comme ils l’ont fait pour le mariage pour tous.

 


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