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Faut-il pardonner
à Donald Trump ?

 


Louise Thunin

Prédicatrice laïque, Église protestante unie, auteur bilingue

 

 

2 novembre 2019

Le monde entier est une scène et tous les hommes et toutes les femmes ne sont que des acteurs. William Shakespeare n’était pas qu’un grand dramaturge qui savait sonder, comme personne d’autre, l’âme humaine. C’était également un grand métaphysicien ! Il avait pressenti que « ce monde » (c’est ainsi que Jésus nommait notre scénario) est une dramaturgie que nous écrivons, individuellement et collectivement. A travers le voile de notre perception, il y a un monde de Vérité, auquel nous accédons difficilement. Nous ne pouvons pas comprendre ce Monde-là, car il est complexe au-delà de nos cerveaux humains et les plus grandioses de nos ordinateurs. Mais nous pouvons en avoir l’intuition. Et si ce que nous voyons n’était pas toujours ce que nous pensons ?

Comme beaucoup de mes compatriotes (je suis Américaine) et de nombreux Européens, je n’apprécie pas le Président Trump. Mes doigts n’ont même pas envie de lui donner son titre de président et butent sur le clavier ! Sortons quelques qualificatifs, pendant que nous y sommes (cela s’appelle vider son sac !). Il est (euh, paraît) immature, orgueilleux, méprisant, mégalomane, rusé, changeant comme une girouette, intolérant, irresponsable, ignare, inconscient par rapport aux enjeux climatiques. Il veut construire des murs et prône le repli. Voici l’égo humain dans tout ce qui constitue son ombre la plus ténébreuse. Et si nous le lui pardonnions ?

Je ne dis pas cela par une forme de bien-pensance classique, soit, Trump est un humain comme moi avec ses qualités et ses défauts ; il a été marqué par son enfance, qui l’a rendu comme ceci ou comme cela ; il porte en lui le Christ, car c’est un enfant de Dieu comme chacun de nous ; « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés », et ainsi de suite. Tout cela est très bien (si on y arrive), mais ne pourrait-on pas aller plus loin ? Enlever le rideau de théâtre et même ce qui constitue le fond du décor ? Y a-t-il autre chose « derrière » la scène, sous-jacent, invisible mais présent ? L’âme de Donald Trump aurait-elle enfilé un costume de populiste belligérant pour nous mettre (nous, les figurants/dramaturges) face à nos choix ? N’avons-nous pas envie de réécrire notre pièce de théâtre ? Trump et ceux qui lui ressemblent ne seraient-ils pas là pour nous faire face comme un miroir et nous dire : est-ce bien cela que vous voulez ? C’est vous qui avez tenu le crayon, voici maintenant la gomme, celle qui se nomme libre arbitre.

Lorsque nous avons de fausses croyances à guérir (par exemple, « on m’abandonne toujours » ou « personne ne m’aimera jamais »), la vie s’arrange pour que nous les prenions, tôt ou tard, en pleine figure. Soit, nous les surmontons, soit, hélas, nous loupons le coche. Et alors elles se présenteront à nouveau sous une autre forme, toujours dans le but de nous pousser à nos limites, afin que nous nous dépassions. Il s’agit d’un cadeau de la part d’un univers aimant et ordonné, mais l’emballage peut être fort trompeur. Comment faire ?

Le mot « par-don » a deux syllabes. C’est le don (d’amour) par-dessus. Par-dessus l’obstacle, la contrariété, la source de notre conflit intérieur ou de notre déconvenue. Il nous amène à nous poser quelques questions. Que vient me dire cette circonstance pénible, cette maladie, cette angoisse, cette personne qui me fait « partir au quart de tour », ce gouvernant que je ne peux supporter ? Et s’il s’agissait d’une âme-amie derrière le masque de l’acteur ?  Qui, à son propre insu au niveau de « ce monde », aurait été envoyée pour que j’évolue vers une expression plus lumineuse de moi-même ? Cette question doit s’écrire aussi au pluriel.

Alors, quid du par-don ? Si tout cela se passe « derrière » la scène, à quoi amène-t-il ? Cela ne signifie pas que l’on considère « une faute » comme réelle et qu’on l’excuse. Au contraire, cela signifie que l’on tienne compte du fait que dans le monde de Vérité au-delà de la scène, une autre histoire se joue, une histoire où il n’y a ni méchants ni victimes, où, en réalité, il n’y a pas de faute et donc rien à pardonner. L’« autre » qui me dérange est une partie de moi-même, car en réalité, rien n’est extérieur à ma conscience et personne ne m’est étranger. J’ai à changer de regard à son sujet.

Comment ? A vrai dire, le plus convaincant des raisonnements ne le fera pas pour nous. Il faut nous en remettre à l’Esprit Saint. C’est le sine qua non. Car, comme le Christ, chacun de nous doit le reconnaître : « De moi-même, je ne puis rien faire. » Dans cette acte d’humilité (« Fais, Seigneur, que je voie ! »), notre prière et notre simple bonne volonté mettront en marche une énergie de transformation telle que nous ne pouvons même pas l’imaginer.

Cela ne veut pas dire que l’on vote Trump dans la prochaine élection ! Cela ne veut pas dire qu’on ne doive pas le destituer, si toutefois la procédure puisse aboutir. Au niveau de la scène de « ce monde », il faut ce qu’il faut. Mais savoir que les choses ne sont jamais tout à fait ce qu’elles paraissent, que « nousvoyons à travers un miroir et de façon confuse » (ICor 13, 12) peut nous aider à mettre pas mal d’eau dans notre vin, à cesser de nous lamenter, de vitupérer et de jeter le blâme sur ceux qui nous entourent. Il est de notre responsabilité spirituelle d’enfiler, avec l’Aide qui nous est donnée, des lunettes qui nous permettront de voir autrement la scène qui se déroule sous nos yeux et, en renonçant à la condamnation (en par-donnant !), de devenir « acteurs » d’une transformation collective.


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