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Les fondements du protestantisme

 

Romains 3.22-24 - Ephésiens 2.8-10

 

 

prédication


pasteur René Lamey 

 

 

30 octobre 2019


Romains 3.22-24
Dieu déclare les hommes justes par leur foi en Jésus-Christ, et cela s’applique à tous ceux qui croient, car il n’y a pas de différence entre les hommes. Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu, et ils sont déclarés justes par sa grâce ; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ.

Ephésiens 2.8-10
C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu ; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter. Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu ; car par notre union avec le Christ, Jésus, Dieu nous a créés pour une vie riche d’œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les accomplissions.

Chaque année, en cette période de la vie de l’Eglise, il y a ce qu’on appelle la Fête de la Réformation. C’est un culte durant lequel on rappelle les origines du Protestantisme. Cette origine se fonde dans acte fort et courageux du moine Martin Luther qui le 31 octobre 1517 a affiché sur les portes de la cathédrale de Wittemberg 95 thèses qui condamnaient les pratiques douteuses, injustes et fausses, en regard de la Bible, des prêtres de l’Eglise catholique de cette époque. Ces thèses ont été le point de départ d’un vaste mouvement qui a donné naissance quelques années plus tard à l’Église protestante.

Si les portables avaient existé à l’époque, ce moine aurait pris un selfie et l’aurait posté sur les réseaux sociaux, et cela aurait fait un sacré tabac dans les médias... Il n’y avait pas de portable à l’époque, mais cet acte de rébellion a quand même ébranlé l’Église et la société de l’époque.

Ce matin, je voudrais vous rappeler en quelques mots les grands principes protestants qui ont découlé de cet acte de protestation sociale et religieuse de Martin Luther.

Il y en a cinq qui sont universellement connus – j’en rajouterai un 6e qui découle des cinq premiers.
Ces cinq grands principes sont en lien avec le salut de l’homme et sont connus par leur prononciation latine :
Sola Gratia, Sola Fide, Sola Christus, Sola Scriptura, Soli Deo Gloria.

Premier principe : la grâce seule et non les œuvres.
Soli Gratia, cela signifie : par la grâce seule. Le point de départ de l’indignation de Luther a été la vente des « indulgences ». Pour quelques pièces d’argent, les prêtres vendaient ces indulgences qui étaient des lettres signées par le Pape par lesquelles le chrétien qui les achetait voyait temps passé au purgatoire être raccourci.

En ce temps-là, l’Eglise croyait qu’après la mort, les âmes, avant d’aller au paradis, devaient d’abord faire un tour au purgatoire et on y passait un temps plus ou moins long selon le nombre de péchés que vous aviez commis. L’astuce consistait donc à réduire ce temps : plus vous mettiez des sous dans la cagnotte, moins de temps vous passiez au purgatoire, et plus vite vous alliez au ciel !

Le principe de la « grâce seule » vient mettre une fin à cette pratique injuste et fausse. Pour Luther, ce qui nous sauve, ce qui nous ouvre les portes du ciel, ce ne sont pas les pièces qu’on met dans la boite, c’est la grâce de Dieu. Nul besoin de payer pour être aimé de Dieu, nul besoin de dépenser de l’argent pour être sauvé !

La grâce seule se met aussi en porte-à-faux vis-à-vis des œuvres. Pendant des siècles, les prêtres ont dit : « Plus tu fais du bien, plus facile sera ton entrée au paradis ; et moins tu en fais plus tu avais de chances de passer de finir en enfer...
Comme personne n’était capable de vivre une vie parfaitement juste et bonne, personne ne savait vraiment dans quelle direction allait s’envoler leur âme après la mort. On en sourit aujourd’hui, mais pendant des siècles, les gens ont vécu dans une angoisse religieuse continuelle : l’angoisse de périr en enfer.

Martin Luther, en se basant sur la Bible (Ro 3 et Ep 2 cités en exergue), a montré que ce ne sont pas nos œuvres qui nous sauvent, ce ne sont pas nos mérites qui nous sauvent, ni nos prières, ni nos cantiques, ni les pièces d’argent versées dans la boite des indulgences…mais ce qui nous sauve, c’est la grâce de Dieu, c’est l’amour immérité que Dieu nous offre. La grâce de Dieu, c’est le salut offert gratuitement par Dieu à celui qui ouvre sa vie et son cœur à l’amour que Dieu nous a témoignés par Jésus-Christ.

Mais, pour autant, les œuvres ne sont pas à rejeter : elles viennent après, en reconnaissance. Il faut faire des œuvres de bonté non pas pour être sauvé, mais parce que je suis sauvé, sauvé par la vie donnée par Jésus-Christ.

 

Deuxième principe : la foi seule et non l’Eglise.
Sola Fide, cela qui signifie la « foi seule ». Ce principe mis en avant par Luther s’élève contre l’idée fortement ancrée à l’époque que c’est l’Eglise seule qui pouvait ouvrir les portes du salut. Il y avait ce proverbe qui voulait tout dire : « Hors de l’Eglise, point de salut ». Ne pas aller à l’église, ne pas honorer le pape et les prêtres, ni leur obéir, même s’ils vivaient dans la débauche (il y eut un temps où il y avait des « papes de père en fils », des prêtes qui fréquentaient les prostitués au vu et au su de tous). Hors de l’Eglise, vous étiez en enfer. Être excommunié (= chassé de l’Eglise), c’était se retrouver au ban de la société, vous n’étiez plus rien ni personne ; on pouvait prendre vos biens, même votre vie, sans que cela ne fasse réagir personne.

Pour Luther, l’Eglise est importante, certes, mais elle ne peut néanmoins pas offrir le salut. C’est la foi seule, c’est la confiance seule – confiance en Dieu, confiance en Jésus-Christ, confiance en son œuvre de salut – c’est cette foi, cette confiance qui ouvre les portes du salut – et non l’Eglise. Certes, l’Eglise reste fondamentale, c’est par elle que j’apprends à mieux connaître la foi, c’est elle qui m’accompagne, m’encourage, me console, m’instruit, mais elle ne peut pas me sauver.

 

Troisième principe : le Christ seul et non le clergé.
Solus Christus : ce qui signifie : le « Christ seul ». Ce principe fait suite au précédent, dans le sens que c’est Jésus seul qui me sauve et non pas les sacrements dispensés par le clergé, notamment celui de la pénitence et de la confession par lesquels le prêtre prononçait l’absolution. Selon la Bible, sous la plume de l’apôtre Paul, le seul médiateur entre Dieu et nous, c’est Jésus-Christ (1 Timothée 2.5-6).

Ce principe a fait bondir le pape et tout le clergé de ce temps en ce sens qu’il leur enlevait tout pouvoir religieux et spirituel sur la vie du croyant. Le seul à qui je dois obéissance c’est Jésus-Christ et non pas le pape ou le prêtre.
La place du prêtre (et du pasteur) reste bien sûr importante, mais aucun homme ne peut me donner le salut – hormis Jésus-Christ.

 

Quatrième principe : l’Ecriture seule et non les dogmes et doctrines de l’Eglise.
Sola Scriptura. Ce qui signifie : l’Ecriture seule. Sola Scriptura est l'affirmation selon laquelle la Bible est la seule autorité pour toutes les questions relatives à la foi et à la pratique. A l’époque, le pape proclamait que l'Église seule pouvait définir la bonne interprétation de la Bible. Pour Luther, chacun avait le droit (et l’obligation !) de lire et d’interpréter la Bible, pour autant que cette interprétation soit en accord avec l’ensemble du message biblique. En d’autres termes, personne ne peut imposer une lecture unique, une compréhension et interprétation uniques de la Bible. A nouveau – et à raison – ce principe diminue le pouvoir des prêtres et de l’Eglise, dans le sens que l’on pouvait enfin contredire (puisqu’on avait accès au texte) certains enseignements et certaines pratiques de l’Eglise (et de ses représentants).

 

Cinquième principe : à Dieu seul la gloire et non aux hommes.
Soli Deo gloria. Ce qui signifie : à Dieu seul la gloire. À Dieu seul la gloire signifie qu'aucun culte ne doit être rendu à un être humain, mort ou vivant, ni à un objet, ni à un symbole, même sacré. Pas de prières adressées à un saint, pas de lieu plus sacré qu’un autre, pas d’objet sacré : seule la vie est sacrée – parce que donnée par Dieu. A Dieu seul revient toute gloire, et non pas aux hommes ni aux institutions appelées Eglises.

 

Pour conclure : j’aimerais rajouter un 6e principe qui découle de tous les autres.
La conscience seule. Personne, aucun gouvernement, aucune Eglise, quelle qu’elle soit, aucun ponte religieux, quel qu’il soit, n’a le droit de me dire (et de m’imposer) ce que je dois croire et penser, comment je dois m’habiller, ce que je peux manger, comment je dois voter. La seule instance qui le peut, c’est ma conscience – une conscience personnelle éclairée par la foi, par l’Ecriture, par les valeurs enseignées et vécues par Jésus-Christ, une conscience qui cherche la seule gloire de Dieu.

La grâce seule, la foi seule, Jésus-Christ seul, l’Ecriture seule, la gloire de Dieu seule, la conscience seule, voilà qui nous libère de la culpabilité, de la peur de l’enfer, puisque notre salut repose non pas sur nous, ni sur nos œuvres, mais sur l’amour de Dieu offert à toute personne qui ouvre sa vie à cet amour que Dieu a mis en œuvre (!) en Jésus-Christ.
Un amour que nous sommes invités à recevoir et à vivre pour la seule gloire de Dieu et pour le bien de notre prochain – et de nous-mêmes !

Amen !



 


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