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« Je suis la vérité »

 

Jean 14.6

 

 

prédication


pasteur René Lamey 

 

 

8 octobre 2019

« Je suis la vérité » Jean 14.6

On trouve dans les évangiles des affirmations de Jésus ou sur Jésus qui choquent parfois ceux qui les entendent ou les lisent, hier comme aujourd’hui. Par exemple, celle qu’on trouve dans l’évangile de Jean, au ch.14 et v.6.
Là, dans ce texte, Jésus dit de lui-même :

« Je suis la vérité, le chemin et la vie »


Que veut dire Jésus quand il dit « Je suis la vérité » ; à quoi pensait-il ? Ou qu’ a-t-on fait de cette proclamation, à travers l’histoire de l’église et du monde ? D’ailleurs, a-t-il vraiment dit ces mots ? Aujourd’hui, on n’en est plus très sûr. Mais qu’importe, ces paroles sont dans la Bible. Alors, prenons-le comme telle.

« Je suis la vérité ».Tous n’ont pas accepté cette affirmation ; tout le monde n’est pas nécessairement d’accord avec cette parole ; certains ont payé de leur vie le fait de l’affirmer haut et fort, d’autres ont été torturés et mis sur le bûcher parce qu’ils ont refusé de l’accepter...

Cette parole, j’aimerais ce matin la lire un peu différemment de celle que l’on fait d’habitude. Même s’il n’y a pas accord total de tous sur le contenu théologique et doctrinal de cette parole, on peut, je pense, tomber d’accord sur ce que cette déclaration représente pour la vie de Jésus.

« Je suis la vérité » A première vue, on pourrait s’étonner d’une telle déclaration et la juger un peu hautaine et un tant soit peu prétentieuse. Comment un homme peut-il affirmer être la vérité ou posséder la vérité ? N’est-ce pas un peu orgueilleux ? A première vue, oui.

Mais il faut dire que cet homme n’est pas n’importe quel homme.
Jésus peut prétendre à la vérité, il peut affirmer être la vérité,
- non pas tant et seulement parce qu’il est le Fils de Dieu,
- non pas tant et seulement parce qu’il proclame la vérité,
- mais aussi et surtout parce qu’il a vécu dans la vérité
- mais aussi et surtout – et c’est cela que je veux retenir dans cette méditation – Jésus peut prétendre à la vérité, il peut oser affirmer être la vérité parce qu’il a été vrai en toutes choses et envers tous.

Et premièrement, il a été vrai envers lui-même, il a été pleinement lui-même :

- il n’a pas voulu être ce que les hommes voulaient faire de lui – c’est-à-dire un roi, un chef politique, un juge, ou un guérisseur, un exorciste, un montreur de tours, un magicien ou un révolutionnaire ou un hippie ou une superstar ou quoi que ce soit d’autre : il a toujours refusé d’entrer dans les attentes ou les demandes dans lesquelles il était question de pouvoir, de de puissance, de domination ; non, il n’a pas joué le ou les personnages qu’on voulait lui faire jouer, hier comme aujourd’hui…

- il n’a pas dit ce que les hommes voulaient lui faire dire, ni sur Dieu, ni sur lui-même, ni sur les autres, ni sur l’avenir ; bien sûr, il a dit des choses sur Dieu, sur lui-même, sur les autres, sur l’avenir, mais il a dites de lui-même – c’étaient ses convictions – et non pour satisfaire la curiosité de la populace, ou pour en imposer, ou pour amuser la galerie,

- il est resté fidèle à ses convictions et à sa mission sans pour autant les imposer, mais en payant le prix – et quel prix ! – de cette authenticité profonde envers lui-même.
Il a été aussi vrai avec les autres, il s’est montré tel qu’il était :

- il n’a pas caché ses faiblesses,

- il n’a pas dissimulé ses questions et ses doutes,

- il ne s’est pas retranché derrière le masque hypocrite de la religion formaliste ou intégriste de son temps.
Il a été vrai avec les autres, sans favoritisme, sans parti-pris, sans faire de différence entre ceux qui s’approchaient de lui.

Il a été vrai envers Dieu. Autant dans sa joie de le servir que dans son obéissance.

Jésus a été vrai envers lui-même, Jésus a été vrai envers les autres, Jésus a été vrai envers Celui qui l’a envoyé vers nous.

Et dans cette vie véritable – parce qu’on ne peut pas vivre véritablement si on n’est pas vrai – Jésus a dit certaines vérités pas faciles à entendre à ceux qui n’étaient ni vrais envers eux-mêmes, ni vrais envers les autres, ni vrais envers Dieu.

Il n’y a pas de vie véritable quand elle est vécue dans le mensonge dans les demi-teintes, dans les retournements des vestes, dans les faux-semblants, dans l’hypocrisie.
Si nous proclamons que « Je suis la vérité », si nous voulons témoigner de la vérité de Jésus, alors, alors ça ira plus loin que simplement de la chanter ou de l’affirmer, ça ira plus loin que simplement le mettre sur une banderole ou sur un autocollant :

- il y aura exigence d’être vrai,

- il y aura exigence de cohérence entre nos paroles et nos actes, entre ce que nous croyons et ce que nous vivons, entre l’extérieur et l’intérieur ; que croyez-vous, que vivez-vous ? Ce que vous vivez, est-ce en adéquation avec ce que vous croyez ? Ce que vous voyez autour de vous, ce que vous entendez, ce que vous ressentez, ce que vous faites autour de vous, est-ce en accord avec ce que vous croyez ?

- il y aura appel et invitation à entrer dans une démarche de vérité et d’honnêteté envers soi, envers les autres et envers Dieu.

Mais, Seigneur, il n’est pas facile d’être vrai, ce n’est pas si simple d’enlever nos masques, il y a le risque de d’être incompris, il y a risque de rejet, risque de souffrance, il y a le risque de la croix sur notre vie.
Etre vrai, c’est risqué ; mais c’est le risque de la vie, c’est le risque de la santé intérieure et de la santé spirituelle (et même physique tant il vrai que les contradictions internes finissent parfois par affaiblir ou rendre malade telle ou telle partie de notre corps), c’est le risque de la joie, c’est le risque de la liberté.

« La vérité vous affranchira » dira encore Jésus. Est libre celui qui est vrai.

Mais c’est une liberté qui se gagne, c’est une liberté qu’il faut défendre sans cesse, parce qu’on aime pas trop ceux qui sont vrais. C’est aussi une liberté et une vérité qui ont besoin de sagesse. La vérité peut faire mal, elle peut blesser, et soi et les autres, il s’agit donc de la dire et de la vivre avec intelligence et bon sens. Cela pour éviter d’être trop vite écarté, éliminé, ou en conflit avec tout le monde. Je l’ai dit, il y a des risques à vouloir être vrai avec soi et avec les autres : apprenons à dire la vérité avec sagesse – et avec amour.

« Je suis la vérité ». Et aujourd’hui, et demain, chez nous, dans nos églises, dans le monde, le Christ nous invite, tout en nous accompagnant, à entrer dans cette démarche de vérité envers nous-mêmes, envers les autres, et envers Dieu, sans l’imposer aux autres, en respectant la « vérité » de la vie de l’autre, et sans croire y être arrivé une fois pour toutes.
Vivre dans la vérité, être vrai, c’est là le chemin, et il conduit vers la vie !

Amen !


 


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