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La Cimade

une histoire


La Cimade a 80 ans

« Il n’y a pas d’étranger sur cette terre »


boutique.lacimade.org
92 pages - 5 €

 

 

recension Gilles Castelnau


16 septembre 2019

L’histoire de la Cimade magnifiquement résumée dans un langage sobre, sans fioritures ni emphase grandiloquente est saisissante par sa fidélité à la fraternité évangélique qui l’a faite naître et la soutient depuis son origine jusqu’à aujourd’hui.

Cette volonté obstinée de subvenir aux besoins des malheureux a été mise en œuvre dans tous les milieux, franchissant toutes les barrières idéologiques d’opinions politiques, de couleur ou de religion.

Cette lecture provoque un éblouissement continu, de page en page, de chapitre en chapitre, de décennie en décennie.

En voici quelques passages.

 

 

Aux sources de la Cimade

page 9
Du CIM à la C.I.M.A.D.E.

En octobre 1939, à l'initiative de Suzanne de Diétrich, le Comité de coordination des mouvements de jeunesse protestants décide d'envoyer des jeunes pour venir en aide aux personnes évacuées d'Alsace-Lorraine vers le Sud-Ouest. Une première équipe s'installe à Périgueux, d'autres vont suivre, notamment dans la Haute-Vienne. Un nouvel organisme est créé, baptisé Comité inter mouvement auprès des évacués : c'est la naissance de La Cimade. Madeleine Barot, appelée par le pasteur Boegner, président de la Fédération protestante de France, en devient la première secrétaire générale en août 1940, et Violette Mouchon la présidente.

 

page 15
Actions clandestines et « résistance de sauvegarde »

Dès le printemps 1942, La Cimade décide d'élargir ses champs d'action pour aider à sauver des vies. Elle ouvre des centres d'accueil pour recevoir des interné.e.s vulnérables (enfants, vieillard.e.s) : le Coteau Fleuri au Chambon-sur-Lignon, le Foyer Marie-Durand à Marseille, le foyer de Toulouse, le Mas du Diable dans les Bouches du Rhône et à Vabres dans le Tarn. Puis des équipes, soutenues par des paroisses protestantes et catholiques, participent à l'organisation de filières pour des passages clandestins vers la Suisse avec le soutien du COE et pour cacher des personnes juives, en priorité des enfants. Le secrétariat de La Cimade assure la fabrication de faux papiers. La Cimade peut s'honorer de compter une vingtaine de ses membres (Justes parmi les nations), titre décerné par le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, à celles et ceux qui ont sauvé des vies.

 

page 21
Reconstruction et réconciliation
Engagement pour la réconciliation en Allemagne

Consciente de la nécessité de « bâtir la paix » après l'ébranlement extrême de la guerre, La Cimade décide d'envoyer des équipes en Allemagne qui s'installent dans des baraques à Mayence d'abord, à Berlin ensuite. Les baraques deviennent rapidement des lieux d'échange et de rencontres intellectuelles et spirituelles. Le dialogue, bien que difficile, y compris pour les équipes françaises envoyées là-bas, est indispensable à l’espoir de réconciliation des peuples qu'entretient La Cimade.

 

page 22
Assistance aux prisonniers de guerre
Répondant à l'appel du Conseil national de la Résistance, La Cimade accepte d'intervenir dans les camps où sont maintenant détenus des prisonniers de guerre allemands et des personnes françaises suspectées de collaboration. Cette mission difficile marque, dès 1946, le début du service « Prisons » de La Cimade. La mission des équipes de La Cimade, est alors multiple : correspondre avec les familles, rencontrer les prisonniers, écouter leurs confidences. Son expérience l'amène à participer à la réforme des prisons en 1947 dans une perspective d'amendement.

 

 

Sur les deux rives de la Méditerranée pendant la guerre d’Algérie

 


page 29
Auprès des populations déracinées de force

Alertée sur les conditions de vie déplorables des populations algériennes déracinées de force de leurs villages par l'armée française, La Cimade décide d'envoyer des équipes sur place. Elle peut compter sur le soutien financier du Conseil Œcuménique des Églises. Entre 1957 et 1961, une vingtaine d'équipières et d'équipiers Cimade vont travailler en Algérie. Une première équipe s'installe dans un quartier populaire d’Alger en 1957, puis d'autres à proximité des camps de regroupement où l'armée française déplace les populations rurales dans des conditions indignes. À Médéa, Sidi Namane, Constantine et Belkitane, La Cimade participe à une vaste chaîne de solidarité avec le Secours populaire, le Secours catholique notamment, pour distribuer des vivres et des vêtements aux « évacué.e.s ». Au-delà de l'aide humanitaire, les équipes développent un travail médical et éducatif et font remonter aux responsables de La Cimade les informations sur les exactions et les injustices dont sont victimes les personnes déplacées. Les risques encourus par les équipières et les équipiers qui vivent au milieu de la population algérienne dans les zones de guerre sont réels.

Un soutien politique à l'indépendance

Mais son action sociale et éducative sur le terrain, ses convictions sur la décolonisation, rapprochent la Cimade du FLN avec qui son secrétaire général Jacques Beaumont entretient des contacts réguliers dans la plus grande discrétion. Cette proximité assure une forme de protection aux équipes sur le terrain.

 

 

De la décolonisation à la solidarité avec le Tiers-Monde

 

page 50
Un réseau de partenaires qui s'étend

À partir de relations avec des immigré.e.s malien.ne.s en France, La Cimade entreprend le soutien à des associations locales au Mali dans les domaines du développement agricole et des soins de santé primaires. De même, ce sont des réfugié.e.s haïtien.ne.s qui sont à l'origine de la création d'une association de soins primaires et de prévention en Haïti qui reçoit l'aide de La Cimade. Progressivement les partenariats vont se multiplier, le plus souvent en coopération avec le CCFD, Comité catholique contre la faim et pour le développement, et le soutien financier de la Fondation pour le progrès de l'homme, puis des fonds de la coopération européenne. Au Viêt-Nam, La Cimade a joué un rôle décisif dans la construction, à Hanoï, de l'animalerie de l'Institut national vietnamien d'hygiène et d'épidémiologie (INHE) pour la production de vaccins. Au Nicaragua, au Salvador, au Brésil, en Bolivie, en Tanzanie, ou encore en Palestine, La Cimade soutient des partenaires engagés dans le développement rural et l'émancipation des plus pauvres. Des actions spécifiques autour de la problématique « Drogue et développement » sont menées en Amérique latine. La solidarité avec ses partenaires palestiniens se traduit par l'organisation d'un colloque international en 1995 réunissant des ONG palestiniennes, des ONG de la Plateforme Palestine et l’Autorité palestinienne.

 

 

Aux côtés des personnes réfugiées et immigrées (années 1960-1980)

page 57
Mobilisation pour l'accueil et la solidarité avec les Latino-Américain. e. s

À partir de septembre 1973, date du coup d'État militaire au Chili, la France va accueillir un nombre important de réfugié.e.s politiques en provenance des pays soumis à des dictatures militaires en Amérique latine. Les pouvoirs publics mettent pour la première fois en place un dispositif officiel pour l'accueil des réfugié.e.s (hébergement, aide financière, protection santé, formation linguistique). La Cimade participe activement à leur accueil, à travers le service « Bourses », le service « Formation », et le centre de Massy qui devient un lieu symbolique d'hospitalité et de solidarité internationale. En 1975, l'association crée le Bureau de défense des droits de l'homme au sein du service « Réfugiés » avec comme objectif de manifester concrètement son soutien aux organisations de défense des droits humains, ainsi qu'aux familles de détenu.e.s politiques et de disparu.e.s dans les pays touchés par la répression : envoi de missions, diffusion de témoignages, actions urgentes pour la libération des prisonniers, etc.

 

page 63
Une époque de mobilisations des travailleurs et travailleuses immigré.e.s

Le service « Migrants » de La Cimade travaille avec les travailleurs et travailleuses immigré.e.s et soutient leurs actions revendicatives, notamment les luttes pour leurs droits dans les foyers d'hébergement. Dès la fin des années 1970, le service « Migrants » se positionne ouvertement contre les projets de loi réduisant les droits des immigré.e.s et contre les violences faites aux jeunes dans les quartiers populaires. En octobre 1983, un groupe de jeunes issu.e.s de l'immigration décide de rallier Marseille à Paris à pied pour dénoncer les violences policières faites aux immigré.e.s et à leurs descendant.e s. Cette Marche pour l'égalité et contre le racisme, bientôt renommée « Marche des Beurs », rassemble seulement quelques dizaines de jeunes lorsqu'elle quitte Marseille, encadrée par des membres de La Cimade (notamment Jean Costil et Christian Delorme). Mais quand elle atteint Paris, elle rassemble plus de 100 000 participant.e.s. Dans la foulée de cette marche, le gouvernement socialiste accorde l'accès de plein droit à la carte de résident de dix ans.

 

Défendre la dignité et les droits fondamentaux

page 77
Vigie, aiguillon et lanceur d'alerte

Les cas de maltraitance institutionnelle par des pouvoirs publics de plus en plus focalisés sur le contrôle et la répression, sont dénoncés inlassablement par La Cimade, seule ou avec d'autres associations. La liste est longue : traitement des personnes retenues dans les zones d'attente et dans les CRA, situations scandaleuses à Mayotte et dans les CRA en outre-mer, application d'une « double peine » à des personnes étrangères expulsées après l'accomplissement de leur condamnation légale, enfermement et expulsion d'enfants, dégradation des conditions d'hébergement des personnes en demande d'asile, scandales de la situation à Calais puis à la frontière franco-italienne, précarisation des droits des personnes malades, durcissement des conditions pour le regroupement familial, etc. Et, évidemment, dénonciation du débat sur « l'identité nationale » lancé par le ministre Éric Besson en 2009.
Pour punir cette voix dérangeante, le ministère de l'Intérieur cherche à écarter, La Cimade des centres de rétention en 2008. S'ensuit une période de confrontation politico-médiatique inédite. La Cimade reste présente dans dix CRA mais doit entreprendre un douloureux plan de licenciement collectif.

 

page 90
Si nous voulons accueillir l'homme, la femme, l'enfant qui souffrent, nous le pouvons.

Seulement, dès que nous cessons d'y réfléchir, quelque chose nous en empêche. Quelque chose, en nous, ne le veut pas. Quelque chose ferme notre porte et notre cœur. Ce quelque chose, c'est notre vieille - et terriblement humaine - peur de l'autre. [...] Cet instinct n'est pas mauvais en lui-même. Il a bel et bien conservé notre espèce humaine tout au long de son histoire. [...] Tous ces gens, nous les avons accueillis pourtant. En raisonnant notre instinct de conservation. En lui expliquant, par exemple, que l'autre peut devenir une aide à son tour, un soutien à son tour, un Français à son tour. Et ce sont eux, tous ces réfugiés du XXe siècle, jugés chaque fois trop nombreux, qui font, avec nous, la France d'aujourd'hui.
Daniel Pennac dans Eux, c'est nous, publié par Les éditeurs jeunesse avec les réfugiés au profit de La Cimade, Gallimard, 2015.

 


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