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Entre deux chimios

 

La mort n’est plus le passage d’un monde à un autre mais un moment de la vie

 

pasteur Serge Soulié

 

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13 septembre 2019

Devant leur disparition lente mais progressive, religieux et croyants se plaisent à souligner combien nos contemporains sont à la recherche de spiritualité. Ils pensent pouvoir répondre à cette recherche et faire ainsi revenir l’homme moderne à la religion. Ils sont aidés en cela par des philosophes, certains allant jusqu’à se proclamer athées, dont le but premier est de ne pas se séparer des préceptes de la religion. Ces préceptes leurs sont utiles pour nourrir une pensée droitière et conservatrice moins attachée au message des Evangiles qu’aux pouvoirs conférés par la religion.

L’observation des nouveaux lieux investis ne laisse pas de place à une demande de spirituel, d’un au-delà de la chose vue comme les religions voudraient le laisser croire. Il suffit d’aller au stade et d’assister à un match pour constater que s’il y a une demande existentielle elle est comprise et assumée dans d’autres catégories que le religieux. Le supporter trouve tout ce qu’il cherche dans la partie qui se joue sur le terrain. Il n’a pas d’autres questionnements métaphysiques. Certains diront que devant la mort ce questionnement va surgir

Ceci est vrai pour ceux qui ont été élevés dans la religion et qui l’ont abandonnée par la suite. Les réminiscences du catéchisme, de la messe ou du culte se manifestent lors d’une situation tragique. Aujourd’hui ce n’est plus le cas pour ceux, et ils sont de plus en plus nombreux, qui n’ont pas été exposés à l’influence de la religion. La mort est envisagée comme une fin et non comme un passage d’un monde à un autre dont les religions détiendraient les clés. Je citerai trois exemples connus.

- Un jeune de vingt ans décide de partir seul pour gravir un sommet alpin. Bien qu’expérimenté il a conscience de la dangerosité de son expédition. Il laisse un mot à ses parents pour dire que s’il venait à lui arriver le pire, qu’ils ne se désolent pas, qu’il serait mort dans ce qu’il aimait. Non seulement la mort ne lui fait pas peur mais il la brave. Il n’est pas impossible qu’un acte manqué comme mal accrocher le mousqueton n’ait pas précipité sa chute. Son préconscient a choisi la mort parce que celle-ci donne du plaisir. Il n’y a pas d’autres interrogations sur cette dernière. Ce jeune est bien mort lors de cette expédition.

- Comment expliquer qu’un représentant de commerce qui, cinq jours par semaine partait à 6heures du matin pour son travail. Ce matin- là, il laisse un mot à sa femme pour lui dire qu’elle ne se désole pas s’il trouvait la mort dans un accident de la route. Peu avant midi elle apprend que l’accident a eu lieu et que son époux est décédé. Il avait anticipé sa mort sans d’autres questions. Par sa lettre, il la convoquait.

-Voilà un homme en fin de vie après une cirrhose du foie due à l’alcoolisme. Il n’avait jamais posé le dernier verre. Il sait qu’il n’a plus que quelques jours à vivre. Sa femme veut absolument qu’un pasteur se rende auprès de lui. Celui-ci lui propose de prier. Le malade entre dans une grande colère et s’agite sur sa couche malgré son état général très délabré.

Ces trois hommes ne se posaient pas la question du divin. Ils n’avaient pas d’interrogations métaphysiques. Ils ont couru vers la mort parce qu’ils obéissaient à leur passion. Ils se faisaient plaisir. Ce plaisir altérait profondément le désir de vie qui persévère en chaqu’être. Ce désir ne pouvait pas s’exprimer. C’est ce qui se passe avec l’aveugle que Jésus rencontre (Marc 10, 46-53). Jésus lui pose la question : que veux-tu que je te fasse ? La question est incongrue. Que peut demander un aveugle sinon de voir ? Mais Jésus sait très bien que la guérison va au-delà de la réparation de l’organe atteint. C’est l’esprit de vie qu’il veut mettre en route, le désir qui est au fond de chaque être.

Cet esprit Jésus l’appelle foi. C’est elle qui guérit « va ta foi t’a sauvé ». La foi va au de-là de la guérison, elle sauve parce qu’elle anime la personne en permanence. Elle est comme la brise dans les arbres qui, sans cesse, fait bouger les feuilles. L’aveugle la manifeste en jetant son manteau. Il sort de sa léthargie. Contrairement à nos trois personnages cités ci-dessus il n’est pas au service de sa situation d’aveugle. Le premier est au service de sa passion pour la montagne, l’autre au service de son travail, le dernier au service de sa dépendance à l’alcool. On retrouve des situations similaires dans le cadre des longues maladies. Le malade fatigué et usé se met au service de sa maladie. Il vit pour elle et à travers elle. La maladie devient sa passion. Peu lui importe la mort.

Pour conclure nous dirons que parce qu’il a le sentiment de tout recevoir à travers sa passion et parce que la mort n’est plus le passage d’un monde à un autre mais un moment de la vie, l’homme occidental n’est plus en quête de spiritualité et si certains s’adonnent à la méditation c’est pour le bien-être et le confort. Rien à voir avec une interrogation métaphysique.

 


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