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Devant l’église Latter Rain Outpouring Revival, à Peckham (sud de Londres) - © Julia Cerrone

 

Les poubelles du pardon

 

Royaume-Uni

les Églises s’engagent contre la délinquance juvénile


Marie Billon

 

article paru dans l'hebdomadaire protestant Réforme
correspondance de Londres
le 18 juillet 2019

 

27 juillet 2019

En juin, le synode général a voté à l’unanimité une motion qui encourage les paroisses à s’impliquer dans la lutte contre la délinquance juvénile.

À côté de l’entrée de l’église en briques rouges de St Mary Primrose Hill, dans le nord de Londres, se trouve une grande caisse noire en métal. En façade, on distingue une large ouverture rectangulaire, pointée de deux flèches jaunes portant la mention : « Jetez vos armes ici ». C’est une poubelle de l’Amnistie. Les jeunes gens sont invités à y déposer leurs couteaux. « Elle est à l’abri des caméras de surveillance, précise le révérend Nick Walters. L’anonymat est primordial. Nous ne voulons pas savoir qui dépose son arme ici. La poubelle est malgré tout bien visible, car nous voulons faire savoir que notre église est un sanctuaire, un lieu neutre, de rédemption et de sécurité. »


50 000 armes récoltées

Cette Amnesty bin a été installée l’an dernier. Il en existe 17 autres dans la capitale britannique. Toutes appartiennent à l’association Words 4 Weapons (« Les mots comme des armes »). L’organisation aurait récolté 50 000 armes blanches depuis 2007. Le révérend Walters assure que plusieurs dizaines d’entre elles ont été déposées dans la caisse de St Mary. Words 4 Weapons envoie régulièrement une entreprise les récupérer. La plupart sont fondues. Leur métal est utilisé pour créer des trophées, distribués par différentes associations.

« Les armes ne sont pas inspectées, précise le prêtre. On n’y relève pas les empreintes digitales. » Chacun peut ainsi se débarrasser de son couteau pour recommencer à zéro.
Les crimes à l’arme blanche sont un fléau dans toute la capitale. En 2018, 81 personnes ont été tuées à coups de couteau, dont 44 victimes de gangs. Les quartiers les plus pauvres sont les plus touchés. Diverses recherches ont montré que les jeunes portent une arme pour se protéger. « Pourtant, statistiquement, on a plus de risques d’être victime d’une attaque dans ces conditions, explique Nick Walters. L’agression sera, d’ailleurs, souvent perpétrée avec sa propre lame. Nous essayons donc de casser le mythe de la protection. »

La poubelle de l’Amnistie a coûté 4 400  euros pour son installation, puis 3 300 euros par an pour son entretien. « Je suis en charge des levées de fonds, explique Nick Walters. Cela ressemble à un travail séculier, voire politique, mais je considère que c’est au cœur de mon ministère. Dire mes prières, célébrer l’eucharistie ou aider les jeunes gens... Tout cela fait partie de ma mission. » Début juillet, le synode général de l’Église anglicane a décidé, officiellement, de reconnaître et de saluer le travail des paroisses. L’équivalent de son parlement ecclésial a voté, à l’unanimité (315 voix), une motion incitant toutes les congrégations à s’impliquer dans les communautés pour aider à la réduction de la délinquance juvénile.

 

Agression après les cours

Le révérend Walters est ravi de cette décision, même s’il n’a pas attendu les responsables anglicans pour agir. Sa paroisse abrite une association pour la jeunesse, St Mary Center. Ensemble, ils essaient de laisser leurs portes ouvertes le plus tard possible, pour que les jeunes gens aient un lieu où aller après l’école. Selon une étude de la mairie de Londres, la plupart des victimes âgées entre 10 et 16 ans ont été agressées à la fin des cours. « Je pense que nous devrions mettre en place des mesures d’urgence dans les quartiers, a déclaré Anne Longfield, la Défenseure des enfants pour l’Angleterre, lors d’une audition devant le Parlement britannique en juin. Je voudrais que les écoles restent ouvertes le soir et les week-ends. J’aimerais que des travailleurs sociaux spécialisés aillent dans ces écoles pour parler aux jeunes gens. »

Cet été, la mairie londonienne a débloqué 398 000 euros pour financer 43 projets destinés à venir en aide à 3 500 jeunes à risque. St Mary travaille déjà avec plusieurs écoles du quartier pour proposer ce genre de service. C’est ce que fait l’église St Luke, à Peckham, dans le sud de Londres. « La paroisse collabore avec une association locale, explique la révérende Sandra Schloss. Nous proposons un programme de tutorat à 25 jeunes. Ils nous sont envoyés par les écoles ou les services sociaux, parfois même par des parents inquiets. Je vais moi-même commencer à travailler en août avec une adolescente de 11 ans. »

Elle est en discussion avec les autorités locales pour financer la prise en charge de 25 autres adolescents. Car si les fonds manquent, « les Églises possèdent tout ce qui est nécessaire pour les aider : les lieux et les personnes. Il faut inciter la congrégation à s’impliquer. Tous nos enfants sont à risque, et tous sont impactés par ce qui se passe dans la communauté. La Bible nous dit que la foi meurt si elle n’est pas liée à l’action. Nos enfants ont mal, et nous les trahissons en ne les aidant pas. »

 

Montrer le positif
Sandra travaille aussi avec la branche locale de l’association Citizens UK. « Nous essayons de changer la manière dont on parle des jeunes gens, notamment sur les réseaux sociaux. La police y multiplie les photos des couteaux qu’ils confisquent. Cela donne une image très négative des jeunes. Nous souhaiterions plutôt qu’ils utilisent le mot-clé #TeenCaught pour souligner des actes positifs, comme un adolescent aidant une personne âgée à traverser la rue. »

La mairie de Londres est ouverte à une approche collaborative pour réduire la délinquance juvénile. L’enjeu principal, outre le financement, est désormais la coordination des acteurs.

 



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