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Ne jugez pas

 

Luc 6.37-42

 

prédication

pasteur René Lamey 

 

 

16 juillet 2019

Aujourd’hui, c’et le 14 juillet, Fête Nationale, prise de la Bastille, évocation de la Révolution.
D’une certaine façon, la Révolution fut une question de jugement : entre le peuple et le roi, entre les pauvres et les aristocrates, entre les différents partis politiques qui se haïssaient. Tout le monde jugeait tout le monde, à tort et à travers, et le jugement, souvent hâtif et erroné, injuste et arbitraire, rendu par les meneurs de la révolution a conduit des milliers d’hommes et de femmes à l’échafaud et à la guillotine...
Jésus a une autre vision du jugement. Voici ce qu’il en dit :


Luc 6.37-42
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés. Gardez-vous de condamner les autres, et, à votre tour, vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez vous-mêmes pardonnés.
Pourquoi vois-tu les grains de sciure dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ?
Comment peux-tu dire à ton frère :
- « Frère, laisse-moi enlever cette sciure que tu as dans l’œil »
alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Commence donc par retirer la poutre de ton œil ; alors tu y verras assez clair pour ôter la sciure de l’œil de ton frère.

Depuis toujours, et partout, nous passons le plus clair de notre temps à juger les paroles, les comportements, les actions de chacun.
Tantôt nous nous placerons du côté des juges, nous sentant investis du rôle purificateur du justicier divin, soupçonnant, dénonçant, démasquant le mal – et souvent de manière hypocrite : « Je ne veux pas le critiquer, mais... » ou « Loin de moi de vouloir la juger, mais... »

A d’autres moments, nous serons de « l’autre côté de la caméra », nous nous sentirons alors espionnés, critiqués, jugés, condamnés par les regards de condamnation et par les paroles de jugement des autres...

« Ne jugez pas » a dit Jésus... Pourquoi, pour quelles raisons ne faut-il pas juger ? Que voulait dire Jésus ? Voici quelques éléments de réponses et de réflexion.

1. Ne jugez pas... parce que le jugement crée un fossé entre les hommes.
Tout jugement que je porte sur quelqu’un, même si je me garde de le lui dire, creuse entre cette personne et moi un fossé infranchissable et m’empêche de lui apporter une aide efficace. Par mon jugement, je maintiens cette personne dans ses erreurs ou ses fautes, au lieu de chercher à l’aider par un partage et une écoute bienveillante.

2. Ne jugez pas... parce que c’est inefficace, car on obtient l’effet contraire.
Nous cherchons à nous persuader qu’en dénonçant les fautes d’une personne nous allons la conduire à rentrer en elle-même, ou nous allons l’aider à reconnaitre sa culpabilité et à redresser sa conduite. En fait, c’est tout le contraire qui se produit !

Que fait toute personne quand elle se sent jugée ? Elle a immédiatement un réflexe de défense, un réflexe de justification de soi. Quand on l’accuse, la réponse à l’accusation jaillit aussitôt dans son esprit. Les arguments viennent en flots, ils se pressent dans sa pensée et ne laissent alors aucune place à une reconnaissance et à une confession de la faute. En face du jugement, elle aura mille raisons de se disculper.

On l’accuse cet homme de lâcheté : toutes les circonstances de sa vie où il a fait preuve de courage remontent dans sa mémoire.

On l’accuse de mensonge : c’est le souvenir du mensonge des autres qui l’assaille ; lui-même, il se juge, tout au contraire, trop franc ; et les vrais responsables de son mensonge, ce sont ceux qui, par leur comportement injuste à son égard, l’ont acculé à mentir.

Telle est, du moins, la réaction d’un homme normal. Celui qui, sous le choc d’un reproche, baisse aussitôt pavillon et accepte sans discussion le verdict, apparaît comme un homme dont l’instinct de défense est faible.
Tout jugement produit l’effet inverse. J’ai lu dernièrement le rapport d’un médecin, expert auprès des tribunaux, qui disait ne pas avoir trouvé l’expression du moindre sentiment de culpabilité chez aucun des délinquants que le juge lui soumettait. Au contraire, tous ne témoignaient que d’un souci, celui de se disculper, celui de faire valoir leurs circonstances atténuantes, en vue d’obtenir un allégement du jugement.

Ainsi la plus tragique et paradoxale conséquence du jugement que nous portons sur une personne, c’est de lui barrer la route de la grâce, c’est éveiller en lui les mécanismes de défense et d’autojustification. Notre voix couvre en lui celle de Dieu. Nous le rendons imperméable à cette voix divine qu’on entend que dans le silence. En fait, il n’entend ni notre voix, ni celle de Dieu, mais la sienne qui réfute, argumente, se défend et se justifie.
Dit autrement : face à mon jugement, l’autre se braque, se cabre, se révolte.

3. Comment sortir de ce dilemme ? Faut-il laisser faire et ne rien dire ? Au risque minimiser la faute, de devenir complice ou d’appeler bien ce qui est mal ?
Il y a évidemment des situations où il est nécessaire de juger : par ex. quand l’intégrité physique ou morale d’une personne est en danger, quand il y a transgression de la loi.

Ne jugez pas, a dit Jésus... Mais c’est impossible ! Personne ne peut vraiment se dépouiller de l’esprit de jugement qui est tellement ancré en chacun. Quand je suis choqué ou troublé par le comportement d’un ami, j’ai beau me répéter à l’infini : « Je ne veux pas le juger », et bien, c’est plus fort que moi, je le juge quand même...

Alors, n’y a-t-il pas de solution ? Comment faire tomber cet esprit de jugement ?

- L’esprit du jugement tombe dès l’instant où je prends conscience de mes propres erreurs, de mes propres fautes et que j’en parle à la personne que je juge.
C’est là que se produit le miracle ; c’est quand je commence à parler de mes propres difficultés, lâchetés ou mensonges, que je commence à comprendre les problèmes et les difficultés de l’autre. Mon masque de juge et d’accusateur va tomber, et alors là seulement, je peux devenir un ami plein de compassion et de compréhension.
Confidence pour confidence, l’autre s’ouvrira sur ses propres difficultés, sur ses propres fautes. Il n’y aura plus ni accusateur ni accusé, mais deux personnes à genoux, priant l’une pour l’autre...

Le changement se produit lorsque je deviens « menuisier » ou « ébéniste », c’est-à-dire lorsque je vais prendre conscience de la taille de la poutre qui se trouve dans mon œil – c’est-à-dire toutes ces fautes, faiblesses, faillites dont j’accusais l’autre sans me rendre compte qu’elles sont aussi dans œil = dans ma vie – et lorsque je vais commencer à raboter cette poutre non pas pour la rendre plus belle (ou pour mieux l’aiguiser !) mais pour la réduire de plus en plus.
Du coup, l’autre, celui que je jugeais, me voyant travailler à ma poutre, va commencer à raboter son bout de paille.

Si je veux que l’autre change, je dois d’abord changer moi-même.
Si je veux que l’autre reconnaisse ses fautes, il faut d’abord que je reconnaisse les miennes.
L’esprit du jugement tombera lorsqu’il sera remplacé par l’esprit de compassion, d’indulgence et de pardon...

« Ne jugez pas » a dit Jésus. Parce que le jugement sépare, divise, accuse, condamne, enfonce, détruit et produit non pas la repentance, mais la résistance, la défense et la révolte.
C’est d’abord moi qui dois passer par la repentance, par ce changement de mentalité, ce renversement intérieur, ce retour sur soi qui m’oblige à prendre conscience :

- que je ne suis pas meilleur que les autres,

- et que je suis, tout autant que les autres, aimé par celui qui était totalement libre de tout esprit de jugement.

N’écoutons plus l’esprit de jugement qui sans arrêt envahit nos pensées, mais laissons-nous plutôt remplir et conduire par l’esprit de bienveillance, de compréhension, de compassion, en un mot l’esprit qui avait, de son temps, remplit le cœur et l’âme de Jésus-Christ.

Petit exercice : chaque matin, prier dans ce sens ; au cours de la journée, noter toutes les fois où vous avez jugé de façon légère ; le soir, petit bilan de la journée en rapport avec le jugement...
Ne jugez pas, ne condamnez pas, mais au contraire, comprenez, pardonnez, aimez !

Amen !

 



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