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Être disciple

l’appel des premiers disciples

 

Marc 1.16-20

 

prédication

pasteur René Lamey 

 

 

9 juillet 2019


Marc 1.16-20 
Un jour, comme il longeait le lac de Galilée, Jésus vit Simon et André, son frère. Ils lançaient un filet dans le lac, car c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit :
- Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.
Ils abandonnèrent aussitôt leurs filets et le suivirent.
Poursuivant son chemin, il vit, un peu plus loin, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère. Eux aussi étaient dans leur barque et réparaient les filets. Aussitôt, il les appela. Ils laissèrent Zébédée, leur père, dans la barque, avec ses ouvriers, et suivirent Jésus.

Il y a deux ou trois mois, nous avons commencé une réflexion sur la notion de disciple. Nous avons parlé de la place du mot dans le NT, nous avons évoqué la trajectoire du mot à travers l’histoire, et nous avions vu qu’au fur et à mesure que les siècles passaient, le mot perdait de son sens, de sa valeur, et, pour finir, on a constaté avec étonnement que la signification dernière du mot disciple disait pratiquement le contraire de sa signification première. Petit rappel avant d’aller plus loin (juste pour voir si la leçon est bien retenue) : quelle est la signification première du mot disciple (?) : « Celui qui apprend ».

1. Un disciple, c’est celui ou celle qui apprend. Qui apprend quoi, au fait ?
- pas des réponses toutes faites
- pas des formules abstraites à réciter du matin au soir
- la Bible par cœur, sachant réciter les 66 livres à l’endroit et à l’envers – plutôt, la savoir par le cœur, c’est tout autre chose.
Le disciple apprend à respecter une discipline ; le mot discipline est chargé de connotations et d’images négatives (la fessée, le fouet, la mortification, l’exclusion) ; je reviendrai plus tard sur ce mot : nous essayerons de lui donner un sens un peu plus noble.

Ce qu’apprend le disciple, ce n’est pas tellement de la théorie – il en faut, de la théorie – mais le disciple, c’est celui qui apprend à mettre la théorie en pratique. En un mot, au contact du maître, le disciple apprend une autre façon de vivre que celle qu’il avait avant de le rejoindre. Ce fut notamment l’expérience des pêcheurs appelés par Jésus : du jour au lendemain, leur vie a totalement été chamboulée.

Le disciple apprend une autre façon de vivre, une façon de vivre qui tranche avec la façon de vivre d’avant mais aussi une façon de vivre qui détonne ou qui contraste avec la manière de vivre de la société, du troupeau amassé devant la télévision ou trottinant derrière les caddies des supermarchés.

Une manière de vivre qui détonne, et qui, de ce fait, étonne, surprend, questionne le troupeau scotché au téléphone portable.

Et soudain, je me pose l’innocente question ? Est-ce que ma (notre) vie, paroles, choix, objectifs détonnent ou étonnent ? Ou sommes-nous devenus tellement conformes aux normes de la société que plus rien ne distingue les chrétiens, à part qu’ils se lèvent tôt le dimanche matin, (et encore...) ?

Ou autrement dit : peut-on encore dire de nous que nous sommes des disciples de Jésus ? Dans quels domaines pourrions-nous être disciples, dans quels aspects de la vie pourrions-nous exprimer notre spécificité de disciples de Jésus ?

2. On peut être croyant sans être disciple ; si croire, c’est seulement réciter un credo ou adhérer à une religion ou à une église, je ne donne pas cher de notre condition de disciple, car croire de cette façon ne changera rien à la vie, n’apportera rien à la vie. Etre croyant, c’est plus qu’un credo, c’est une vie. Une vie qui parle.

3. Un disciple suit un maître, ou l’enseignement de maître, en l’occurrence pour nous, l’enseignement de Jésus, donc pas celui de Pierre, de Jacques ou de Paul, ou de René ou de je ne sais qui (vous mettrez le nom que vous voudrez). Revenons à la Source, revenons à Jésus : il vaut mieux boire à la source, quand elle jaillit du rocher, l’eau est tellement plus fraîche, plus claire, plus pure, plus vive que quelques kms plus bas ou à l’embouchure du fleuve.

4. Le disciple est un suiveur, mais attention, ce n’est pas un « suiveur du dimanche » (comme dans l’expression « conducteur du dimanche »), ce n’est pas un suivi approximatif, hésitant, louvoyant, accélérant et freinant à contrecoup.
Les « suiveurs du dimanche » – on les retrouve souvent dans les Evangiles, et peut-être aussi dans les églises (mais pas la nôtre, je vous rassure toute de suite !!!...) – suivent Jésus pour des motivations pas toujours très claires :
- pour obtenir quelque chose : une guérison, une bénédiction, une récompense, une médaille, une place dans les premières loges du paradis
- pour être connu, admiré, acclamé
- pour voir des choses extraordinaires (les pharisiens : « Fais-nous un miracle ! »)
- pour l’aventure, pour le fun, parce que ça change du banal quotidien
- parce que Jésus parle bien, parce qu’il guérit, parce qu’il est gentil, parce qu’il est beau, parce qu’il en a contre les pharisiens (et que nous, les pharisiens, on les aime pas)
- parce que tout le monde le fait, parce que mes parents et grands-parents et arrière-grands-parents l’ont fait,
- parce qu’on m’a dit qu’il vaut mieux suivre Jésus, même si je ne comprends pas vraiment pourquoi Lui et pas un autre, mais enfin, on me l’a dit et moi je fais ce qu’on me dit.
- parce que, parce que, parce que... au fait, pour quelles raisons je me suis mis à suivre Jésus ? Pour quelle raison vais-je à l’église ? (parce que le pasteur est beau ?!!!)

Les « suiveurs du dimanche » ne changent rien à leur façon conformiste de vivre, ils font semblant, ils se forcent, ils friment, ils donnent le change, ils ont les habits du disciple mais ils n’en ont pas le cœur ; que viennent les difficultés, qu’arrivent les déceptions, et hop, un beau jour ils sortent du train, ils quittent le bateau ; au mieux, ils retournent dans la foule anonyme des églises, ou dans la foule indifférente et consommatrice de la société ; au pire, ils se retrouvent dans la foule du Vendredi-Saint, criant et insultant Celui que naguère ils avaient suivi et acclamé.

Un disciple de Jésus n’est pas un « suiveur du dimanche », ni même un suiveur du lundi ou du mardi.
De toute façon, Jésus ne veut pas des « suiveurs à la petite semaine », ni même des suiveurs du tout. Pourquoi je dis cela ? Jésus ne veut pas faire de nous des moutons dociles et béats qui suivent aveuglément en bêlant le berger sans se poser de questions.

Le berger et les moutons, c’est une belle image, mais ça ne colle pas toujours ; ça colle quand on l’utilise pour parler de la confiance (les brebis font confiance au berger, mais ça ne colle pas quand on parle de disciple. Jésus ne veut pas faire de nous des moutons qui suivent, un point c’est tout – les moutons, ils suivent et restent moutons, rien ne change à leurs vies, il faut surtout que ça ne change pas, sinon, c’est la panique, et tout le troupeau finit dans le précipice. Nous ne sommes pas appelés à être des moutons suiveurs, mais des disciples responsables.

Pour ne pas être des « moutons à la petite semaine », je vous invite à faire quotidiennement deux choses :

1) le matin : Seigneur, aide-moi à être un disciple

2) le soir : faire le bilan de la journée : ai-je été disciple aujourd’hui ? dans quel domaine l’ai-je été ? dans quel autre domaine ne l’ai-je pas été ? que puis-je faire pour progresser ?

Que le Seigneur fasse de nous des disciples dignes de ce nom, des disciples joyeux et motivés !

Amen !

 



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