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La place de Dieu dans la cité

 

Académie d’éducation et d’études sociales



Éd. Lethielleux

256 pages - 20,90 €


Recension Gilles Castelnau

 

 

10 avril 2019

Cet intéressant livre donne le résultat d’un colloque catholique organisé par l'Académie d'éducation et d'études sociales AES qui se présejte ainsi :

L’Académie d'éducation et d'études sociales est un cercle de réflexion et d'études des questions sociales et éducatives, qui s'attache aux applications de l'enseignement social chrétien. Elle communique ses travaux à un large public de responsables dans la cité.

Dans ce but, elle fait appel chaque année à des personnalités du monde économique, social, universitaire, politique et religieux en vue d'ouvrir un débat et de présenter ses travaux dans un esprit de grande ouverture. [...]

Des personnalités de haut niveau y participaient.

Dans une première partie théorique il est question pour l’Église catholique de retrouver sa place et son influence dans la France d’aujourd’hui tellement sécularisée.

• Pierre Manent, Dieu dans la cité : mérites et limites de la séparation
• Jean-François Chemain, La place de Dieu dans la cité : les fondements historiques
• Bébédicte Bernard, les fondements juridico-politiques d’un État laïque.

En voici quelques passages :

 

Introduction
La place de Dieu dans la cité

[...]
La loi de 1905 constituerait en quelque sorte la loi et les prophètes en matière de relations entre l'État et les religions. Mais même lorsque les tribunaux et le Conseil d'état sont amenés à se prononcer, il n'est pas prouvé que les questions soient bien réglées : on peut penser crèches de Noël, au port du « voile ». à l'influence de pratiques alimentaires sur la vie en société, sur lesquels les positions varient d'une juridiction à l'autre ...

Non, tout n'est pas clair dans les rapports entre la République... et Dieu !

L’AES aurait pu s'attacher à « repenser la laïcité » ou du moins préciser la ou les définitions de la laïcité « à la française ». Car, s'il y a, peut-être, une définition de la laïcité correspondant à la loi de 1905, qui cependant ignore ce terme, il faut reconnaître que dans la pratique chacun ou presque a « sa » définition de la laïcité : de là un certain nombre de difficultés rencontrées, telle, pour ne citer qu'un exemple, que le refus d'une subvention publique à une association au motif qu'elle a dans son nom le mot « catholique »,

Notre Académie a préféré remonter à la source de tout : Dieu lui-même. Pour ne pas revenir à la question du « monde sans Dieu » ou plus généralement celle des rapports de Dieu et de la société, nous avons choisi d'axer notre réflexion sur « la place de Dieu dans la cité », la cité, c'est-à-dire la société organisée, la sphère publique, et même plus précisément l'État. Comme le général de Gaulle l'avait dit, la République est laïque, mais la France est chrétienne. La question de la place de Dieu dans la société est tout à fait pertinente, mais la laïcité concerne plus précisément la République, la République organisée, c'est-à-dire l'État.

[...]

Parce que nous sommes plutôt nostalgiques de l'époque où nos voisins allemands pouvaient légitimement user de l'expression Glücklich wie Cott in Frankreich (Heureux comme Dieu en France), parce que des décennies de laïcité républicaine nous ont amenés, non seulement dans la sphère publique mais dans la vie courante, à garder une prudente discrétion quand il s'agit de Dieu, parce que depuis une cinquantaine d'années nous avons été plus ou moins soumis à la théorie de l'enfouissement, nous catholiques, nous sommes devenus timides.

 

 

Pierre Manent
Dieu dans la cité : mérites et limites de la séparation


[...]
Dans la dernière période, l'Église, sans oublier le moins du monde ce qu'elle a la mission d'annoncer, a progressivement ôté de son discours toute forme de commandement, et même tout accent un peu pressant, estimant qu'une parole verticale, une parole « descendante », était insupportable à nos contemporains et d'ailleurs non conforme au nouvel état des relations entre l'Église et le monde. Je comprends cette prudence, j'ai de la sympathie pour cerre timidité.
[…]

Dans une société où, je le disais, l'idée d'une chose à faire, d'un agendum, est devenue odieuse, en tout cas suprêmement rébarbative, où la passivité s'est installée au nom du droit à faire reconnaître par le public tout ce que l'on est ou voudrait être, la parole chrétienne ouvre à chacun un parcours d'action pour ainsi dire infini, une démarche de connaissance de soi dans l'humilité et d'approche des autres dans la charité qui n'a pas de limite, et qui n'a pas d'empêchement, de caractère individuel ou collectif, qui ne puisse être levé. Ce que je voudrais faire ressortir, c'est que la parole chrétienne est susceptible de nous atteindre en-deçà ou au-delà de toute condition que nous voudrions lui opposer, puisqu'elle est la seule à chercher chacun quel qu'il soit, quelle que soit sa nature, quelle que soit sa coutume, dans sa capacité de libre réponse à la question la plus ample et la plus urgente qui puisse être posée à un être humain.
[…]

La religion chrétienne a été progressivement repoussée à la périphérie de la vie sociale. Une tendance puissante, qui a des moyens d'expression virulents et des relais politiques actifs, voudrait faire peser une sorte d'interdit sur toute expression publique de la foi et des mœurs chrétiennes. Ce n'est pas le moment pourtant de nous livrer au ressentiment. En même temps en effet que la religion chrétienne était repoussée vers les marges, le centre de la vie sociale se vidait avec une rapidité surprenante et même une brutalité impressionnante de toute force associative, de toute capacité d'orientation collective. Les chrétiens doivent revenir vers le centre, non pas le centre de l'échiquier politique mais celui de la cité, y prendre leur place légitime, non pour y chercher une revanche mais pour y faire valoir leur capacité de commencer, d'agir et de réunir.
[...]

J'ai soutenu que l'Église catholique avait un rôle particulier à jouer, un rôle non pas dirigeant, non pas même arbitral, mais un rôle médiateur. Qu'est-ce à dire? Il y a une étrange ironie de l'histoire. Selon l'opinion commune, je ne vous apprends rien, les catholiques auraient mérité le titre de champions de l’intolérance. Or, de toutes les forces spirituelles que je viens de mentionner, le catholicisme est celle qui s’est engagée le plus avant, le plus profondément, le plus sincèrement non seulement dans l’examen de ses torts et de ses fautes, mais aussi dans la reconnaissance de ses relations avec les autres forces spirituelles. Il a, en particulier, revu à la racine le caractère de sa relation fondatrice avec le peuple juif. Il aussi reconsidéré la philosophie des droits de l’homme dont il avait relevé à l’origine le caractère implicitement u explicitement antichrétien.
[...]
Il n’est pas question de revenir à l’Église fulminante et commndante. Nous ne le pourrions pas i nous le voulions et nous ne le voulons pas.Mais nous devons vouloir être une Église parlante, une Église qui parle à voix haute et intelligible pour mettre devant nous-mêmes et nos concitoyens la question toujours présente et peut-être plus urgente que jamais, la question : que voulons-nous faire de cette société que nous formons ensemble, de ce corps politique appelé France ?
[...]

 


Dans une 2e partie, des responsables d’organisations nationales expriment de manière extrêmement intéressante le ministère d aumôniers. Les relations avec l’islam y sont décrites de manière concrète et posant clairement les problèmes – insoubles – qui se posent.

• Rémi Brague, Dieu à l’école et à l’université
• Isabelle Lévy, La place de D. à l’hôpital
• Bruno Dary, La religion dans les armées
• Philippe d’Iribarne, la question de l’islam

 

Une 3e parrtie sert de conclusion :

• Mgr Pascal Delannoy, La place de Dieu dans la cité, le point de vue d’un évêque
• Jean-Paul Guitton, Postface - La place de Dieu dans la cité

 

Jean-Paul Guitton, Postface - La place de Dieu dans la cité

En guise de conclusion

[...]
Une certaine conception de la laïcité - comme religion unique de la République   porte en elle les germes du totalitarisme. Si les membres d'une communauté politique ne cherchent plus ensemble le bien commun, le relativisme s'impose, et la communauté politique se dissout en communautarismes sectaires. La laïcité est bonne si elle permet la recherche d'une vérité commune, suicidaire si elle l'empêche. Du point de vue politique, toutes les religions ne se valent pas. Il serait temps d'en prendre collectivement conscience pour ne pas tomber dans un totalitarisme athée ou dans un totalitarisme religieux.

Un regard extérieur peut nous aider à poursuivre notre réflexion.
Monseigneur Jeanbart, archevêque d'Alep, déclarait en novembre 2017 : « Votre laïcité est malade. Pourquoi n'acceptez-vous pas d'aimer ce que vous avez été ? » Si la laïcité à la française ne se porte pas très bien, tout espoir n'est cependant pas perdu... pour Dieu. En effet le président Macron comprend que l'homme a besoin de transcendance. Il refuse « de demander aux croyants de vivre leur foi de façon modérée puisqu'elle est un absolu ».



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