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La révolution du genre

 

pasteur Serge Soulié

 

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3 avril 2019

Disons pour rassurer le lecteur que le mot « genre » ne provoque pas chez nous des crises d’urticaire. Si tel était le cas, nous ne pourrions pas nous pencher sur les causes qui ont conduit à remettre en question le genre. Nous ne nous rangeons pas dans les couches de la population conservatrice qui pensent que la théorie du genre corrompt la jeunesse et signe la fin de la civilisation. La radicalité de la manif pour tous de 2013 montre l’irrationalité et les fantasmes dont se nourrissent ceux qui sont dans l’incapacité de repenser les conditions de l’égalité entre homme et femme tout en s’abritant derrière les traditions religieuses qu’ils exagèrent pour mieux justifier leur position. Aujourd’hui nous constatons combien se font couvrir d’insultes ceux qui se déclarent non binaires, au point de se demander les raisons qui poussent à tant de haine.

Dans le cas de l’homosexualité la haine est engendrée par la crainte de voir disparaitre l’hétérosexualité. Devenir homosexuel malgré soi devient une possibilité. Pour aller dans le même sens, nous serions en droit de penser qu’avec la théorie du genre, c’est l’identité qui est menacée, ainsi que toute l’organisation sociale basée sur la polarité homme/femme avec en prime la domination masculine. Autrement dit, l’inégalité entre homme et femme a engendré le rejet de la bipolarité.

Les religions monothéistes ne sont pas étrangères à ces attitudes de rejet. Notons au passage que l’homosexualité était acceptée chez les grecs. Cette acceptation a cessé avec l’extension du christianisme. Le rejet s’est encore durci avec l’islam. On le constate aujourd’hui dans les pays musulmans qui vont jusqu’à imposer la lapidation des homosexuels et des transgenres. Regardons aux textes de la création retenus par les trois religions monothéistes. Ces textes se trouvent dans le premier livre de la bible, le livre dit « la Genèse ».

Dans ce livre, il y a deux récits de la création. Dans le premier récit (ch1, v 27) il est écrit que « Dieu créa l’être humain à son image, il le créa à l’image de Dieu, il le créa mâle et femelle ». Nous sommes ici en présence d’un être unique: l’humain. Cet être est à l’image de Dieu autrement dit dans la même unité. Il n’y a aucune bipolarité. Cette unité est confirmée au ch2 v 7 : « le Seigneur Dieu prit de la poussière du sol et en façonna un être humain ». Il n’est pas parlé d’homme et de femme mais de l’humain. Il se trouve que les chrétiens ont retenu en priorité le deuxième récit de la création où apparait la création de la femme. (Ch. 2 v 18 à 23). Celle-ci vient combler un manque du monde animal dans lequel l’humain ne trouve pas de partenaire. Cette place de substitut de l’animal est confirmée dans la théologie du Moyen Age où l’existence d’une âme chez la femme est âprement discutée. L’animal n’a pas d’âme ! La femme est, dans ce récit, bâtie à partir de la côte de l’être humain. Elle n’est pas tirée de la poussière, elle ne reçoit pas le souffle. Elle est le prolongement de l’humain existant. Il n’y a pas une nouvelle création. Elle est « être humain ». La femme n’est pas créée, elle est bâtie. Il y a transformation, pas création.

L’interprétation traditionnelle de ce texte faisant de la femme une nouvelle création place celle-ci en second. Elle vient combler le manque de l’homme. La malédiction qui lui est adressée après qu’elle eut écouté le serpent ne dit pas autre chose : « tu seras attirée par ton mari mais il dominera sur toi ». Cette domination est encore aujourd’hui bien réelle. Elle est la source des inégalités entre hommes et femmes. Elle est aussi la source du refus de la binarité et de la théorie du genre. Remettre en question l’idée selon laquelle l’homme et la femme sont deux êtres distincts, l’homme ayant été créé le premier peut aider à renoncer à cette domination. Homme et femme se rejoignent dans « l’humain », ils ne font qu’un. Il n’y a pas de hiérarchie. Aujourd’hui, le « ni fille ni garçon » est la revendication par excellence demandant à ce que puissent vivre en chacun, à la fois le masculin et le féminin. Leur séparation outrancière prive de la partie refusée et enferme dans la partie retenue. Il est à parier qu’à partir du moment où les garçons ne seront pas obligés de jouer au soldat en rejetant la poupée et inversement pour les filles, les uns et les autres ne se sentiront plus obligés de se grimer pour ressembler au genre qui ne leur est pas reconnu. Chacun retrouvera sa liberté d’être ce qu’il est, un peu du genre « il » et un peu du genre « elle ». Il n’aura pas besoin de surjouer ce qu’il veut être. Il sera « tout l’humain » naturellement et pas seulement une partie.

Aujourd’hui, nous sommes en droit d’espérer. La mixité à l’école, au collège, dans les activités de loisirs et maintenant dans certains sports, favorise la reconnaissance d’un seul genre : le genre humain. Les métiers ne sont plus réservés de manière quasi exclusive à tel genre et pas à tel autre. On trouve des hommes et des femmes dans presque toutes les professions. Des professions réservées uniquement à des hommes il y a une trentaine d’années, comme médecin, avocat, notaire, policier, soldat, se féminisent de plus en plus. Inversement, mais plus rarement, des métiers réservés aux femmes sont choisis par des hommes comme aide-soignant, infirmier, assistant maternel, sage-femme. De plus en plus nombreux sont les hommes qui choisissent de rester au foyer et d’en assurer son fonctionnement (cuisine, ménage, éducation des enfants.) tandis que leur épouse travaille à l’extérieur.

Cette interchangeabilité devrait petit à petit éviter les interrogations sur le genre ainsi que les manifestations tapageuses de la non-binarité. Ces manifestations sont toujours très douloureuses pour ceux qui ne se sentent pas acceptés tels qu’ils pensent être. La « non-binarité » sera reconnue comme évidente. La nature a voulu que chaque humain porte en lui les deux genres, masculin et féminin, comme le confirment les recherches en psychologie ainsi que le premier récit de la création dans le livre de la genèse. L’évolution de la société va dans ce sens. Plus personne ne devrait avoir besoin de crier et manifester bruyamment sa double nature, chacun pouvant vivre la nature qu’il pense être la sienne.


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