Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Le tombeau ouvert et vide


 

Isabelle Pierron

pasteur de l'Église protestante unie


21 mars 2019

Pour la plupart d’entre nous, le jour de Pâques est le jour de la résurrection de Jésus. Ce fait étant au centre de la foi chrétienne, il est juste et nécessaire de faire un grand saut en arrière et d’essayer de comprendre ce que les évangélistes ont voulu dire. En effet, ce récit a été écrit il y a deux mille ans à partir de la foi juive de l’époque.
Qu’elle était-elle alors ?
Nous savons qu’au moment de l’Exil à Babylone (-585 avant JC), la théologie juive a été bouleversée. De la doctrine de la rétribution – celui qui obéit à la loi est sauvé de son vivant – le judaïsme a construit sa relation à l’Eternel en espérant sa Justice aux fins dernières.

D’abord les prophètes Esaïe et Ezéchiel vont parler de re-création et de résurrection.

Es 26, 19
Que tes morts revivent !
Que mes cadavres se relèvent !
Réveillez-vous et tressaillez de joie, habitants de la poussière !
Car ta rosée est une rosée vivifiante,
Et la terre redonnera le jour aux ombres.

1 Samuel 2,6 et 8
L'Eternel fait mourir et il fait vivre.
Il fait descendre au séjour des morts et il en fait remonter...
De la poussière il retire le pauvre,
Du fumier il relève l'indigent,
Pour les faire asseoir avec les grands.

Puis au IIe siècle avant JC, la vive répression de la Palestine par les occupants grecs vont susciter l’espérance en la résurrection de ceux et celles qui ne veulent pas renoncer à leur foi.

Daniel 12./2
Et beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront,
les uns pour la vie éternelle et les autres pour la honte.

2 Maccabées 7.9
Près de rendre l'esprit, il parla ainsi :
Toi, ô le plus scélérat des hommes, tu nous perds pour la vie présente ;
mais le Roi du monde nous ressuscitera pour la vie éternelle,
nous qui serons morts pour Ses lois.

A l’époque de Jésus, Pharisiens et Sadducéens discuteront encore sur la résurrection.
Marc 12, 18-27

Au XIIe siècle, Moïse Maïmonide (1135-1204) déclarera dans les Treize Principes de la foi juive : « La croyance en la résurrection des morts ». Ces Treize Principes sont récités chaque jour par les croyants juifs et le vendredi soir, chantés après l’office de l’entrée du Chabbat, dans le poème Yigdal.

Et en quoi consiste la Justice divine ?

Tout l’enseignement de Jésus, ses actes et ses paroles, nous le disent : A chaque instant, la Justice de l’Eternel relève celui, celle, qui tombe à terre sous les injustices, les jugements, les exclusions. En d’autres mots, le geste de l’Eternel se manifeste après les gestes humains ou les actes de la vie. Et nul ne reste à terre, nul ne reste enfermé,e, empêché,e de vivre pleinement.

Pour Jésus, la Justice de l’Eternel est ici et maintenant et non aux fins dernières.
Les disciples l’avaient compris et ont voulu le signifier pour Jésus au lendemain de sa mort injuste voulue par des humains qui préféraient un Dieu juge qui punit... comme eux !

Le corps de Jésus a été enfermé dans le tombeau mais aussi symboliquement toute sa vie et son enseignement, afin de l’effacer. C’est alors que les évangélistes ont manifesté leur foi, non seulement en Jésus mais aussi en la Justice de l’Amour, révélée par lui et que nous nommons maladroitement... Dieu.

En écrivant que le tombeau a été ouvert – nul ne sait pas qui ! – et qu’il est vide, ils nous signifient clairement que Jésus n’est plus enfermé dans la mort, qu’il n’est plus enfermé dans les jugements humains qui ont mis un terme à sa vie. La croix est élevée par des humains, oui, mais le dernier mot est celui de la Justice qui relève Jésus pour nous dire : Vous pouvez le suivre, ce qu’il a dit, ce qu’il a fait est juste. Le tombeau vide est signe de la justification de Jésus.

Chacun, chacune de nous a, de temps en temps, le vif sentiment d’être injustement traité, d’être jugé et exclu, d’être condamné, rejeté, alors que rien ne le justifie. Sauf l’orgueil, l’aveuglement, la haine, la lâcheté d’un,e autre ou d’autres. C’est en « entrant en nous-même » ( Luc 15), dans le silence et la confiance, que nous sommes alors à même de ressentir que le Souffle, qui demeure en nous (Genèse 2), murmure : lève-toi, aime et vis.

Jésus n’a-t-il pas vécu ce cheminement, ce questionnement dans la nuit de Gethsémané ?

Croire en la Justice de l’Amour éternel, oui mais la reconnaître dans sa vie demande de la confiance/foi, de l’écoute, du silence. Une fois encore, c’est un choix qui est devant nous, (Dt 30/19). Avons-nous assez confiance pour nous enraciner dans la Source d’eau vive (Jn 4), pour choisir la vie, la bénédiction, le pardon et recevoir la Justice du Tout-Autre ? Choisissons-nous de vivre libéré,e de certaines paroles humaines ou préférons-nous vivre dans la plainte et la victimisation ?

Ne l’oublions pas : le tombeau ouvert et vide nous questionne : acceptons-nous de sortir de ce qui nous fait du mal pour nous enraciner dans les paroles de vie ? Sommes-nous prêts à donner tort au mal ou à nous soumettre ?
La libération et la justification nous sont offertes. En vivons-nous ?

 

 


Retour vers libres opinions
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.