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Le Robot-Dieu


Gilles Castelnau

 


25 février 2019

Je lis sur le portail catholique suisse l’interview que voici :

Aline Bachofner, vous posez la question de savoir quelle sera la religion des robots.

Les médias se sont fait l’écho de plusieurs expériences. En Allemagne une église recourt à un robot pasteur qui donne des bénédictions en cinq langues. En Chine, un moine bouddhiste robotisé côtoie les religieux d’un temple depuis plusieurs mois. A Hong-Kong, un robot nommé Sophia a obtenu la nationalité saoudienne lors de son passage dans le royaume Wahabite sans que l’on sache s’il s’est vraiment converti à l’islam.
Alors je m’interroge : Peut-on programmer la foi en Dieu dans un robot ?
Mais cette question est posée à l’envers : car la religion ne va pas venir aux robots, elle va venir des robots. C’est en tous cas la conviction d’Anthony Levandowski, inventeur de la voiture autonome qui a créé l’église « Way of the future » Cette « église » prévoit d’accueillir une entité super intelligente qui émergera forcément au cours des prochaines décennies grâce au développement de l’intelligence artificielle.

 

Cette entité super intelligente, c’est Dieu ?

Comment voulez-vous nommer autrement quelque chose qui serait des milliards de fois plus intelligente que l’être humain le plus intelligent du monde. Une entité qui pourrait tout voir, tout entendre et être partout à la fois.
Alors oui, Lévandowski n’a pas peur des mots, il l’appelle « Dieu ». Et quand cette super intelligence prendra la pouvoir sur les humains, comme il en est convaincu, il veut s’assurer qu’elle regardera ses concepteurs avec bienveillance. D’où la création d’un lieu de culte, d’une liturgie et de prières pour s’attirer les grâces de ce nouveau Dieu.

 

Cette église a-t-elle déjà des membres ?

Elle a les structures d’une église, des statuts, un conseil de quatre membres dirigé par Lévandowski qui ne peut être destitué, un budget de 40 000 $, plus la fortune personnelle de son fondateur (environ 200 millions), mais elle n’a pas encore de membres. Ce qui n’inquiète pas Lévandowski car la transition, comme il l’appelle, n’est pas pour tout de suite. Mais en bon prophète, il prédit que son Dieu arrivera avant le 1er voyage sur mars.



Qu’un « robot pasteur donne des bénédictions en cinq langues » ne me semble pas être autre chose qu’une charmante idée d’une paroisse allemande éveillée à la modernité. Après tout on est heureux de lire des textes de bénédiction et des versets bibliques encourageants quand ils sont peints sur les murs du temple, comme souvent, ou imprimés dans les pages du bulletin paroissial.

Il en va tout autrement de l’imagination d’Anthony Levandowski.
J’admets tout à fait son idée que, demain, les ordinateurs, d’ailleurs connectés les uns aux autres sur internet, pourront être « des milliards de fois plus intelligents que l’être humain le plus intelligent du monde et qu’ils pourront tout voir, tout entendre et être partout à la fois. » C’est d’ailleurs, on le sait, très largement le cas dès aujourd’hui.

Mais cela n’en fait pas « une Entité ». Je ne vois pas qui aurait l’idée et la capacité d’en fabriquer une de cette sorte. Et dans quel intérêt ?

Mais laissons cela. Ce qui m’intéresse est la réflexion théologique de cet informaticien suisse et sa définition d’un « Dieu ».

Pour lui une entité qui serait « des milliards de fois plus intelligente que l’être humain le plus intelligent du monde, qui pourrait tout voir, tout entendre et être partout à la fois » serait un Dieu qu’il conviendrait d’adorer pour s’attirer sa bienveillance.

Il est vrai que l’ancien catéchisme catholique disait :

« Dieu est un pur esprit infiniment parfait, éternel créateur et souverain maitre de toute chose »

et le traditionnel symbole de Nicée-Constantinople du 4e siècle qu’on dit à la messe le dimanche :

« Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible »

Cette double définition de Dieu le désigne effectivement comme un Être doté d’une puissance illimitée capable d’intervenir souverainement dans le monde des hommes.
Je comprends que dans cet esprit, Anthony Levandowski puisse comparer un robot hyperpuissant avec Dieu. Et j’imagine déjà la multiplication des prières de supplication, des demandes d’interventions et les déclarations de contrition (à la suite d’un bug, d’une fausse manœuvre informatique !) qui vont se multiplier dans son « église ».
Le Dieu glacé, sans âme, investi des pouvoirs surhumains auquel un esprit un peu schizophrène ne peut s’empêcher de rêver ressemble évidemment à la théologie médiévale qui court encore dans les rues et parmi les acheteurs de cierges.

Saint Paul avait pourtant bien dit aux Athéniens :

« Dieu est celui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses...
en lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être. » (Actes 17.25)

De sorte que l’Esprit créateur, le Dynamisme de vie qui monte en nous et nous permet de « nous lever, de marcher, d’aller dans notre maison » (Luc 5.24) pour y affronter victorieusement les forces destructrices qui nous effrayent, et y promouvoir l’esprit de fraternité et d’entraide d’un monde nouveau n’a rien à voir, mais vraiment rien de commun avec la Machine toute-puissante, menaçante et glacée qu’imagine Anthony Levandowski.

 


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