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Les vaudois en fête

 

 

Sarah Cohen

Théologienne catholique

 

 

article paru dans l'hebdomadaire protestant Réforme
du 14 février 2019
correspondance de Rome


 

16 février 2019

Chaque année, le 17 février, les vaudois (Église réformée d’Italie)
célèbrent l’anniversaire de la reconnaissance de leurs droits civils et politiques, acquis en 1868

 

C'est un des moments les plus importants de l’année, l'un des temps forts du calendrier. Du nord au sud, d'est en ouest, le l7 février est un jour de fête pour les protestants italiens qui se rassemblent pour commémorer la reconnaissance de leurs droits civils et politiques accordés le 17 février 1848 par le roi Carlo Alberto dans ses Lettere Patenti. Après des siècles de persécution et de discrimination, les vaudois deviennent des citoyens libres et égaux en droits. Pour saluer cette nouvelle et exprimer leur exultation, d'impressionnants feux de joie furent allumés. Une tradition encore bien vive aujourd'hui, devenue un symbole de communion et de dialogue entre les différents peuples, les différentes cultures.

Comme l'explique Fulvio Ferrario, théologien auprès de la faculté vaudoise de Rome, « cette date marque un véritable tournant dans l'histoire de l'Eglise vaudoise mais aussi dans l'histoire italienne, ouvrant la voie à la liberté religieuse dans le pays. Confinés jusqu'alors dans les vallées de la région piémontaise, appelée ghetto alpin, les vaudois peuvent enfin se déplacer librement dans le royaume du Piémont puis par la suite dans tout le royaume d'Italie unifiée. L'Eglise vaudoise entame alors sa transformation d'Eglise régionale en Église nationale. »

« Le 17 février est un moment de joie, de transmission. Une date significative de notre histoire »

La construction du temple de Turin signe le début de son expansion, devenant au fil du temps présente sur tout le territoire.

Plus qu'une journée, le 17 février devient alors un hymne à la liberté. Un moment encore vécu et ressenti fortement par les membres de la communauté. Paola, romaine d'adoption, originaire de Torre Pellice, capitale de l'Église vaudoise, attend chaque année cette date avec impatience. Dimanche, elle se rendra dans sa ville natale vêtue du costume traditionnel, torche à la main, prête à chanter en chœur avec le cortège le fameux cantique Le serment de Sibaud. « Le 17 février est un moment de joie, de transmission, de conscience aussi. Une date importante, significative de notre histoire, qui nous rappelle que si nous avons obtenu ces droits, certaines personnes n’ont aujourd'hui toujours pas cette chance. »

Un avis que partage Giovanna pour qui il est très important de participer au culte et aux différentes célébrations organisées ce jour-là. « Le 17 février signifie pour moi la communion avec les vaudois mais aussi avec toutes les autres personnes de confessions, d'idées diverses. Une journée faite de rencontres, de retrouvailles pour méditer sur l'Église d'aujourd'hui et celle de demain. » Cette fête civile devient alors l'occasion d'organiser le temps d'une semaine des manifestations, des conférences, des tables rondes dans tout le pays autour de thèmes de réflexion, dédiées cette année à la liberté religieuse en Italie.

 

Communier avec l’Histoire

Rendez-vous fondamental pour la communauté vaudoise, le 17 février ne signifie pas seulement se souvenir du passé mais aussi regarder vers l'avant. « Cette date n'a jamais été considérée comme une finalité en soi, mais plutôt comme la démonstration que des siècles de lutte, de témoignage, de détermination en faveur de la liberté religieuse, en faveur des droits civils ont porté leurs fruits. Aujourd'hui, nous continuons sur cette voie, s'investissant pour qu'ils soient reconnus pour tous, dans le monde entier. Cette journée se révèle aussi bien évidemment un moment de reconnaissance, de gratitude, un moment durant lequel je retrouve le sens de notre histoire, de ma propre histoire. Comme si le fait d’appartenir à une minorité donnait une forme très précise à notre place dans la société italienne actuelle », détaille le pasteur Marco Fornerone. Sur ce sentiment, l'Église vaudoise a bâti son identité, fondé ses valeurs. « Le fait d’appartenir à une minorité rend plus sensible aux droits des autres », analyse Fulvio Ferrario. Il poursuit : « Les vaudois italiens se sont beaucoup impliqués pour l'intégration de la communauté musulmane dans le pays par exemple, parce que la liberté prend sa véritable essence seulement lorsqu'elle s'étend à tous. Et plus de 170 ans après subsiste encore, au sein de l'Eglise vaudoise, cette passion libérale et libertaire. Elle dépend aussi bien du fait de faire partie d'une minorité que du fait d'être protestant. » Le 17 février est une des journées les plus importantes de l'année. Une journée de mémoire, de souvenir, de joie et par-dessus tout, de dévouement parce que derrière chaque droit se cache un devoir.


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