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Perfectionner notre amour


 

Perfecting Love

 


Jim Burklo

pasteur de l’Église Unie du Christ
Université de Californie du Sud


 

traduction Gilles Castelnau

 

2 février 2019

 [...] Dieu est amour dit la Bible. (I Jean 4.8) Si Dieu est amour, Dieu est donc une relation et non pas un être dans le ciel ou une autre sorte d’entité surnaturelle. Dieu est amour, Dieu n’a rien d’effrayant. Si Dieu est amour, lorsque nous aimons réellement quelqu’un – même d’une autre religion ou sans religion du tout – Dieu est présent dans cette relation et il la bénit.
Ces trois mots – Dieu est amour – balayent tous les débats théologiques concernant les relations de la religion avec la science ou avec le science commun. Ces trois mots balayent le problème du mal, l’éternel question de savoir comment un Dieu tout-puissant peut prétendre aimer des gens tout en permettant les terribles malheurs qui leur arrivent.
Si Dieu est amour, il n’est pas responsable du monde entier. L’amour est extrêmement puissant mais il n’est pas directif. L’amour ne force personne à faire quelque chose ni ne force quelque chose à faire du mal à quelqu’un. Si Dieu est amour, il est tout-entraînant mais pas tout-puissant.

Si Dieu est amour, la prière ne consiste pas à lui quémander des faveurs. Elle se fait contemplation attentive de l’amour partout où il se manifeste. Et on comprend qu’il s’agit là du but de la vie humaine.
Notre développement cosmique nous a amenés durant les milliards d’années qu’a duré notre évolution jusqu’à la capacité de jeter un regard impressionné à l’univers qui nous entoure. Et c’est alors que nous nous unissons à Dieu.

« L’amour parfait bannit la crainte » (I Jean 4.18). Ce ne sont pas les frontières qui bannissent la crainte. La course aux armements nucléaires ne bannira pas notre crainte. Une restriction radicale de l’immigration ne bannira pas notre crainte. Avoir une arme dans notre placard ne bannira pas notre crainte. Nous laver constamment les mains avec un désinfectant ne bannira pas notre crainte.

La seule chose qui pourra bannir notre crainte est de connaître mieux nos voisins et leur manifester de la gentillesse. Accueillir les autres en leur manifestant un intérêt réel et chaleureux, même ceux qui peuvent sembler déplaisants, au premier abord.

Être pratiquant de Dieu - c'est-à-dire de l'amour – nous ouvre à la gentillesse et éloigne de nous toute peur. En pratiquant ainsi l’amour on rend le monde beaucoup moins effrayant car chercher à se protéger des autres par le repli et la force, provoque une anxiété plus grande que la précédente.
Un de mes voisins s’est armé jusqu’aux dents pour protéger sa famille des intrusions extérieures. Mais cela ne peut que donner l’idée aux gens malintentionnés de pénétrer chez lui pour lui voler ses fusils ! Il achète des fusils pour protéger ses fusils !

Notre Président actuel veut construire un mur à la frontière du Mexique pour nous protéger des immigrants basanés. Ceux-ci ont peur de lui car il a peur d’eux. Il s’est enfermé lui-même dans le cercle vicieux de la peur.
Mais si nous avions de l’amour pour ces gens du sud de la frontière, nous chercherions plutôt à leur venir en aide dans leur pays afin qu’ils n’aient plus envie de venir chez nous.
Nous montrerions de la compassion pour les millions d’immigrés qui vivent sans papiers depuis parfois des décennies et pour ceux qui ont légitimement droit à notre asile.
L’amour parfait bannirait nos craintes irrationnelles et en même temps rendrait le monde plus heureux et plus sûr.

« Dieu est amour ». C’est une parole ancienne qui demeure bonne nouvelle. Mais elle pourrait bien être considérée comme frustrante par ceux qui espéraient en un Dieu du style de Batman, vainqueur du mal par ses superpuissances.
- Ou un Dieu comme Élie qui fit descendre le feu du ciel pour montrer qui était le Chef.
- Ou un Dieu comme celui qui a noyé l’armée égyptienne dans la mer Rouge lorsqu’elle poursuivait le peuple d’Israël.
- Ou un Dieu comme celui d’Aimee Semple McPherson qui était en 1930 pasteur d’une méga-église de Los Angeles et qui disait aux gens que s’ils étendaient les mains sur leur radio ils pourraient recevoir une guérison miraculeuse.

L’amour est véritablement très puissant mais nombreux sont ceux qui en ont été déçus. On aime quelqu’un mais il ne le rend pas. Ou on croit être aimé par quelqu’un qui se détourne de vous. Ou on désire aimer quelqu’un mais son attitude fait qu’on ne sait pas comment s’y prendre. La liste est longue.

L’amour est plus qu’un mot sur une carte postale. Il prend du temps et de l’engagement, il exige de la psychologie, une attention chaleureuse, de la curiosité, du non-jugement. L’amour est un défi. C’et facile à comprendre et difficile à pratiquer. Dieu est dans l’amour que l’on pratique.

Si Dieu est amour, l’église est donc l’école de l’amour et elle n’a pas besoin de s’enliser dans un charabia théologique. Son message est simple et sa pratique difficile. Il faut donc nous entraider à comprendre de quoi il s’agit dans les circonstances les plus différentes et souvent difficiles.

Je suis allé une ou deux fois à l’Assemblée dominicale de Hollywood, qui est une sorte d’église pour athées. Un moment de leur service se nomme « faire de son mieux » et je pense que nos églises progressistes devraient s’en inspirer. Un des participants est invité à raconter comment il a agi dans une situation difficile. Les récits sont très concrets et ordinaires. Leur fin n’est pas toujours bonne et parfois l’histoire n’est pas finie. Mais justement c’est un reflet de la vie réelle.

Et il en est ainsi de l’amour. C’est n’est pas toujours des fleurs et des ballons, des câlins et gloussements. Les récits de « faire de son mieux » sont vivifiants justement parce qu’ils ne sont pas héroïques ou extraordinaires mais parce qu’ils montrent que l’on peut donner de la valeur aux événements de la vie quotidienne.

« Dieu est amour ». c’est sympathique, mais cela a des conséquences sérieuses. Nous nous réunissons donc en Églises en nous supportant les uns les autres et nous faisons de notre mieux pour éloigner toute crainte de notre communauté et de notre monde et au contraire pour les ouvrir à la compassion.


 


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