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Qu’avez-vous fait de Jésus ?


 

Christine Pedotti

 

 

Editions Albin Michel

180 pages - 15

en librairie de 3 janvier

 

Recension Gilles Castelnau


Voir aussi : Christine Pedotti :
Comment lutter contre la pédophilie dans l’Église ?
Qu’avez-vous fait de Jésus ?
Jésus, l’homme qui préférait les femmes



28 décembre 2018

Christine Pedotti est directrice de Témoignage chrétien. Personnalité de la télévision, elle s’exprime avec une très grande clarté et beaucoup de compréhension humaine des grands sujets posés actuellement à l’Église catholique. Elle est l’auteur de nombreux livres, dont le dernier, Jésus, l’homme qui préférait les femmes connaît beaucoup de succès.
Le procès du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, qui doit avoir lieu le 7 janvier prochain, accusé de non-dénonciation d’abus sexuels dans l’affaire du Père Preynat accusé par plusieurs dizaines de jeunes scouts est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Christine Pedotti qui considère de l’intérieur l’Église catholique avec passion et désespoir la critique en un remarquable exercice de lucidité.
En voici quelques pages.


De la crise

page 12

Comment en est-on arrivé là ? Qu'avez-vous donc fait de Jésus, Messieurs les responsables de la maison « Église catholique » de cette institution dont la seule raison d'être est de précisément rendre témoignage à cet homme que les chrétiens appellent Christ‭ ‬et‭ ‬Seigneur ?

[…]

La question qui se pose, qui s'impose à tous les non-chrétiens, à tous les catholiques laïcs abasourdis, à tous les prêtres, religieux et religieuses de la base qui se sentent injustement salis est celle-ci : mais pourquoi donc vous comportez-vous ainsi ? Pourtant on ne peut pas dire que vous soyez de mauvaises personnes - au contraire. Quand vous avez choisi la voie du sacerdoce en répondant à ce que vous appelez « vocation », quand vous êtes devenus prêtres, vous ne cherchiez ni la gloire ni les honneurs. Vous aviez un idéal, vous vouliez être des serviteurs, pas des maîtres. Votre modèle était Jésus, un homme simple à la parole bouleversante, un homme qui savait se pencher sur les petits, les sans-grades, qui redressait les courbés, donnait la parole aux muets, un ami des pauvres, des femmes, des enfants, un homme doux avec les faibles, dur avec les forts. Vous avez choisi d'être les disciples d'un maître serviteur et non d'un roi puissant. Alors, devant l'ampleur du désastre, on ne peut que vous redemander : qu'avez- vous fait de lui ?

Si vous n'êtes pas de mauvaises personnes - ce que je crois -, comment se fait-il que non seulement vous n'ayez pas fait le bien que vous pouviez faire, mais pire, que vous ayez laissé prospérer le mal ? Au-delà des personnes, il faut interroger la structure même qui vous a mis dans cette situation.

 

 

De la sexualité

page 31

D'ailleurs, au sujet de la sexualité, sur laquelle vous êtes si bavards, sur laquelle vous savez si bien ce que Dieu veut, ce qui est bien et ce qui est mal, dans les moindres détails, Jésus, lui, est étonnamment sobre. Il n'en parle que deux ou trois fois, alors qu'à vous écouter on dirait que c'est là une thématique essentielle du christianisme.

[...]

Et vous, Messieurs les responsables de l'Église catholique, vous jugez, vous condamnez, vous semblez savoir le droit, le juste, le bien… mieux que Jésus lui-même. En revanche, vous ne « saviez pas », dites-vous, vous ne saviez pas les conséquences de l'agression sexuelle d'un adulte sur un enfant. Beaucoup se scandalisent de cet aveu et pensent que vous mentez pour atténuer votre responsabilité. Eh bien moi, je vous crois. Vous ne saviez pas et vous ne savez toujours pas parce que, en matière sexuelle du moins, vous ne faites pas de différence entre le péché et le crime.

 

 

Du pouvoir

page 70

Puis-je vous faire sourire un instant en vous rapportant le mot d'un ami prêtre, non dénué d'humour sur lui-même, qui disait : « Le cléricalisme est une maladie contagieuse, transmissible par imposition des mains. »

Hélas, votre pratique du pouvoir ne nous fait en général pas rire. Au fur et à mesure des siècles, vous avez accumulé les signes de pouvoir et de puissance. Jésus, à la veille de sa mort, s'était agenouillé devant ses amis et leur avait lavé les pieds en en faisant un exemple à suivre. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Vous cumulez entre vos mains toutes les fonctions. Vous célébrez le culte, vous enseignez, vous gouvernez, que vous en ayez le talent ou pas, comme si l'ordination vous avait tout à coup revêtus de superpouvoirs. Par la « grâce du sacrement », vous êtes tout à coup devenus les meilleurs interprètes de la Bible, meilleurs que n'importe quelle personne, homme ou femme, qui l'étudie depuis des dizaines d'années et qui est revêtue de tous les grades universitaires. Vous êtes aussi devenus des experts en matière de comptabilité puisque vous avez la signature des comptes de la paroisse - du diocèse si vous êtes évêque. Vous avez aussi toutes les compétences des ressources humaines pour nommer ou démettre à tous les postes. Et bien sûr, vous avez le pouvoir suprême, celui de « lier ou délier ». À ce titre, vous pouvez pardonner au nom de Dieu... ou pas.

Et vous pensez aussi que vous avez le pouvoir de « faire » Dieu. Lorsque vous célébrez la messe, vous touchez le pain (l'hostie) et le vin, vous dites les mots qu'il faut, et Dieu est là, présent, par vos mains et vos mots. Qui ne serait saisi d'une sorte d'ivresse ?

 

 

De l’exemplarité

page 99

Où est-il, Messieurs, votre sens des responsabilités ? On peut s’interroger. Ainsi, quand le Primat des Gaules, le cardinal Barbarin, est mis en cause pour la non-dénonciation des actes du prêtre Bernard Preynat, il ne démissionne pas, il ne se retire pas. Non, avec un à-propos remarquable, une sensibilité chrétienne pleine de subtilité, en mentionnant qu'une majorité des faits sont prescrits, il ajoute sans vergogne : « Grâce à Dieu ». Il ose mêler Dieu et sa grâce à cette situation horrible qui consiste en l'incapacité de la justice civile d'opérer, précisément à cause du silence dont il s'est rendu coupable comme ses prédécesseurs ! Les bras vous en tombent...

[...]

Il vous a fallu des années et de douloureuses contorsions pour finalement admettre du bout des lèvres que mettre un préservatif valait mieux que transmettre une maladie mortelle, et ceci même au sein d'un couple hétérosexuel légitimement marié. Vous avez même osé dire que la simple obtention d'un échantillon de sperme en vue d'une vérification de fertilité était condamnable parce qu'elle obligeait à recourir à la masturbation ! Et je ne parle même pas de votre jugement sur l'homosexualité, que le Catéchisme décrit comme « intrinsèquement désordonnée ».

Vous avez plongé des millions et des millions d'honnêtes hommes et femmes dans la culpabilité. Vous les avez jetés dans le doute, dans la désobéissance à ce que vous présentiez comme « le plan de Dieu ». Vous en avez entraîné des millions à choisir entre vos règles et leur conscience. Heureusement, beaucoup maintenant s'en libèrent. Et c'est heureux. Mais, en choisissant leur conscience, beaucoup d'entre eux et d'entre elles ont quitté les églises dans lesquelles ils et elles se sentaient jugés. Et combien ont voulu épargner de tels choix à leurs enfants, en ne leur transmettant tout simplement pas l'éducation qu'ils avaient reçue ?
Tout cela, vous le savez, vous I'avez observé.

 

 

Du catholicisme…

page 120

Alors, Messieurs, je vous pose la question : le sens de l'histoire est-il donc contre vous, et est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Le catholicisme risque-t-il de disparaître, par les forces combinées de la sécularisation, de l'individualisme croissant... et de vos impérities ? Beaucoup parmi nos contemporains ont envie de hausser les épaules face à cette éventualité, et pensent ou disent : « Bon débarras, passons à autre chose ! » Eh bien pas moi !

 

 

De l’avenir

page 130

Depuis longtemps vous auriez pu, vous auriez dû, prendre des décisions, au lieu de vous lamenter sur le manque de prêtres et l'indifférence religieuse. Il est désormais trop tard pour les replâtrages. Consentir à choisir des prêtres parmi les hommes mariés ne serait qu'une brève bouffée d'oxygène si le système ne se réforme pas profondément. Quel homme, quel père de famille, quelle femme, quelle famille, quels enfants supporteraient que leur époux et père vive la vie des prêtres d'aujourd'hui ?



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