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Fête des récoltes

Noé : Sauver la vie

 

Genèse 6.9-22

 

prédication

pasteur René Lamey 

 

9 octobre 2018

Il y a ici sur cette table, sur cet autel toutes sortes de fruits, de légumes qui représentent tout ce dont l’homme a besoin pour vivre
Une des questions que l’on pourrait se poser est : qu’apporterons-nous dans 10 ans, dans 20 ans ? Y aura-t-il encore des légumes dans nos jardins, des nids sur les arbres, du ruches sur les prés, des poissons dans la mer, du vrai lait de vache dans nos bols ? (ou y aura-t-il toujours, pour prendre un exemple emblématique, des ours blancs sur les banquises ?)
Vers quel destin tragique va la création de Dieu ? Sur quelle terre vivront nous quelques années, dans quel environnement vivrons nos petits-enfants ? Quelle est notre place, notre responsabilité dans cette histoire ?

Pour répondre à cette question, nous allons justement lire – et actualiser – une histoire, une vieille histoire de destruction et de salut.

Genèse 6.5-22
Voici l’histoire de la famille de Noé. Noé était un homme juste et irréprochable au milieu de ses contemporains. Il conduisait sa vie sous le regard de Dieu.
Aux yeux de Dieu, les hommes s’étaient corrompus et avaient rempli la terre d’actes de violence. Dieu observait ce qui se passait sur la terre, il vit que le monde était corrompu, car toute l’humanité suivait la voie du mal. L’Eternel fut peiné d’avoir créé l’homme sur la terre, et il en eut le cœur très affligé
Alors Dieu dit à Noé :
- J’ai décidé de mettre fin à l’existence de toutes les créatures car, à cause des hommes, la terre est remplie d’actes de violence. Je vais les détruire ainsi que la terre. Mais toi, construis un grand bateau en bois.
Et moi, je vais faire venir le déluge d’eau sur la terre pour détruire, sous le ciel, tout être animé de vie. Tout ce qui est sur la terre périra. Mais j’établirai mon alliance avec toi et tu entreras dans le bateau, toi, tes fils, ta femme et tes belles-filles avec toi.
Tu feras aussi entrer dans le bateau un couple de tous les êtres vivants, c’est-à-dire un mâle et une femelle de tous les animaux, pour qu’ils restent en vie avec toi.  De toutes les sortes d’oiseaux, de quadrupèdes et d’animaux qui se meuvent à ras de terre, un couple viendra vers toi pour pouvoir rester en vie.
Noé obéit et fit tout comme Dieu le lui avait ordonné.

Dieu est en colère. Dieu est triste. Ce qu’il voit le peine profondément.
L’homme est violent. L’homme fait du mal. A lui-même, aux autres, et en particulier à la nature. L’homme ne pense qu’à lui, à son confort, à son ventre, à son porte-monnaie, à sa propre satisfaction, à son propre intérêt – et tout cela n’est pas très propre !!!
Il pense que tout est là pour lui, il croit qu’il peut profiter sans limites des ressources que la nature lui offre gratuitement. Pour assouvir ses besoins – surtout ses besoins superflus – l’homme construit des usines, il défigure le paysage, il noircit la terre, il enfume le ciel ; il ne prend pas garde aux conséquences de son désir d’avoir toujours plus, au détriment des autres, au détriment de la santé de ceux qui travaillent dans des enfers pollués, au détriment des fleurs, des animaux, et de tant d’espèces qui sont menacées par l’avidité de l’homme.

« L’Éternel vit que les hommes faisaient de plus en plus de mal sur la terre » - aujourd’hui, on pourrait ajouter : à la terre, donc à lui-même.
Face à ce gâchis, Dieu décide de supprimer les hommes et les animaux : on passe tout au Karcher et on recommence à zéro. Ailleurs, autrement, sur d’autres bases.
Mais Dieu ne recommence pas seul : Dieu appelle Noé. Il doit construire un grand bateau, Il doit y mettre un couple de chaque espèce animale.

En un mot : la mission de Noé est simple : il doit sauver le monde ; Noé est le Bruce Willis des temps antiques ! Plus clairement, la mission de Noé est de sauver la vie. La sauver de la destruction à venir. La sauver pour qu’elle puisse reprendre, continuer, s’épanouir, pour qu’on puisse encore admirer une rose, observer un chevreuil, la sauver pour qu’on puisse tout simplement... vivre.

Le déluge s’abat sur la terre, Noé rentre dans l’arche. Quelque temps plus tard, la porte du bateau s’ouvre sur la terre sèche : la vie peut reprendre son cours. Et l’histoire se termine avec un bel arc-en-ciel, qui est le signe que Dieu ne détruira jamais plus la terre.
Il n’a d’ailleurs nul besoin de le faire, car c’est l’homme lui-même qui s’en chargera... L’humanité est sur une mauvaise pente. La vie est de nouveau menacée. Et cette fois-ci, elle l’est non pas par un décret de Dieu, comme dans l’histoire de Noé, mais par la bêtise et la folie des hommes. Ces hommes qui ne veulent pas voir, qui ne veulent pas entendre, et qui disent : « Après moi, le déluge ! » Erreur : si rien ne change, le déluge qu’ils provoqueront eux-mêmes les entrainera dans leur perte !

Alors, que faire ? Se lamenter ? Se désintéresser ? Ou bien : en méditant ce récit, je me suis demandé si Dieu, par hasard, ne nous appellerait pas à devenir des... « nouveaux Noé » ?
Et si notre mission – dans le cadre de notre thème d’aujourd’hui – consistait à sauver la vie ?

Sauver la vie ; pourquoi ?
- parce qu’elle est création de Dieu, et de ce fait, elle a quelque chose de sacré, quelque chose de divin ; elle est à honorer, à respecter ;
- parce que, selon le récit de la Genèse, c’est la tâche assignée à l’homme : « Tu seras gérant de la terre , lui dit Dieu. Tu cultiveras le jardin, tu le garderas. » C’est-à-dire : « Tu en prendras soin, tu veilleras sur lui, tu t’occuperas de lui ; tu ne le laisseras pas à l’abandon, tu ne l’exploiteras pas, tu le garderas en bon état, tu protégeras la vie, tu soigneras la vie ; le gérant doit faire prospérer ce qu’on lui confie, et quand sa tâche s’arrête, comme quand on va dans un gite, il doit rendre la « maison » dans l’état dans lequel il l’a trouvée en entrant.

On pourrait se demander : dans quel état l’homme va-t-il rendre à Dieu le bien qu’il lui a confié, la terre qu’il lui a donnée ? Je pense que vous serez d’accord avec moi pour dire qu’il n’y a pas de quoi être fier : nous rendons à Dieu une maison salement amochée...
- parce qu’on est dépendant de la vie ; l’écosystème dans lequel nous vivons est un équilibre très fragile ; en détruire une partie entraîne la destruction de l’autre ; une espèce de fleurs, une sorte d’insectes qui disparait et c’est une part de l’homme qui s’éteint. On le sait, mais on continue à vivre comme si nous étions totalement indépendants de la nature. Un jour, nous payerons chèrement notre orgueil ou notre indifférence.
- parce que c’est la seule vie que nous avons, c’est la seule terre que nous possédons ; il y a peut-être de la vie sur d’autres planètes, mais celles-ci ne sont pas accessibles en voiture ou en train.. Cette terre est la nôtre, et c’est la seule que nous avons...
- parce que Dieu aime la vie. Dans le récit de la création, par 7 fois, résonne ce refrain : « Et Dieu vit que cela était bon. » Comme un artisan souriant devant son œuvre, Dieu se réjouit en contemplant les fleurs, les animaux, les poissons, les astres, l’homme et la femme. Quand on aime vraiment quelque chose ou quelqu’un, on fait tout pour les sauver du danger qui les menacerait un jour. Sauver la vie parce qu’on l’aime, parce qu’elle en vaut la peine. Parce qu’en la sauvant, nous nous sauverons nous-mêmes...

Aujourd’hui, Dieu nous invite à devenir des nouveaux Noé, il nous appelle à sauver la vie, il nous invite à faire de cette vie que Dieu nous donne un endroit où il fait bon vivre, un lieu sur lequel brille l’arc-en-ciel de la foi et de l’amitié, un lieu où dans 40 ans, 100 ans, dans 1000 ans, d’autres pourront encore se réjouir et dire merci à la vie, merci à Dieu !

Amen !



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