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La vie chrétienne est impossible


 

The Christian Life Is Impossible


Jim Burklo

pasteur de l’Église Unie du Christ
Université de Californie du Sud


 

traduction Gilles Castelnau

 

9 octobre 2018

Quand je lis le Sermon sur la montagne (Matthieu 5 à 7) je touche aux fondements de ma foi. Je viens de le relire encore et il m’apparaît que finalement la vie chrétienne est impossible.

A l’époque de Jésus il n’y avait ni internet, ni téléphone, ni journaux, ni télévision, ni magazines. Les livres en parchemin étaient rares et précieux et de toutes façons peu de gens savaient lire. De sorte que lorsque l’évangéliste Matthieu rapporte que Jésus s’adressait à une foule sur la montagne, c’est qu’il n’avait pas d’autres moyen de faire passer son message. Ce qu’il a dit ce jour-là doit donc être le concentré de ce qu’il voulait dire.

Alors il est frappant de remarquer ce que le Sermon sur la montagne n’a pas dit.
Pratiquement aucune affirmation théologique. Aucun dogme, aucune doctrine. Aucune référence ni à sa naissance miraculeuse, à la sainte Trinité, à la Transsubstantiation du pain et du vin dans l’eucharistie. Rien sur la doctrine du péché et le sacrifice substitutif de la Croix. Il était très vague en ce qui concerne sa divinité ou sa non-divinité.
Lorsqu’il parlait de l’enfer, le mot qu’il utilisait était Géhenne – le dépotoir de la ville où les morts non réclamés étaient parfois jetés.
il ne mentionnait ni l’avortement ni l’homosexualité, qui sont aujourd’hui aux Etats-Unis des questions brûlantes.
Il ne demandait pas aux gens de croire quoi que ce soit au sujet de sa propre identité. Il ne donnait aucun credo ni aucune affirmation doctrinale.
Il ne voulait pas de croyances particulières, mais des actions. Il ne demandait pas qu’on l’adore mais qu’on le suive et qu’on vive comme lui.

Le Sermon sur la montagne est la religion qu’avait Jésus et pas la religion qu’on a créé à propos du « Christ » après sa mort.
Il disait aux gens sur la montagne comment se comporter les uns avec les autres, comment changer leurs cœurs. Il disait d’aimer ses ennemis. De donner à celui qui demande – mais alors comment faire fonctionner les banques ? – et d’ailleurs, si on donne à qui demande on n’aura plus rien en un instant.
Il disait que les hommes ne devaient pas désirer les femmes des autres. C’est déjà beaucoup demander. Il disait de plus qu’avoir seulement un désir pour une femme qui n‘est pas notre épouse est comme commettre un adultère – ce qui à l’époque, était une offense capitale.
Il disait que la colère était comme le meurtre – si c’est vrai on devrait tous être en prison !
Il terminait cette liste incroyable avec une demande choquante : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Et nous sommes loin de l’être !

Je me demande comment un discours aussi impossible a pu franchir toutes les générations depuis 2000 ans. Et pourtant il a touché les cœurs de millions.
Moi-même, à l’âge de 16 ans, j’ai entendu lire à haute voix le passage sur l’amour des ennemis et j’en ai été bouleversé. J’ai senti l’amour rayonner dans ma poitrine. Je pensais bien que c’est incroyablement difficile d’aimer ses ennemis, mais que c’est magnifique de penser qu’on y réussira.

« Défi relevé ! » a répondu mon jeune cœur et ce mot déclencha l’orientation de ma vie.
J’étais jeune et suffisamment idéaliste pour m’imaginer que j’y réussirais. J’ai maintenant 65 ans, plein d’ennemis et je constate que cet idéal est impossible.
Pourtant je le conserve. J’ai toujours l’idée d’être parfait, comme la Source cosmique de la vie est parfaite. Dieu est au cœur de mon être et tant que je suis conscient à ma nature divine, je peux marcher sur le chemin de la tendresse, de la patience, du pardon, de l’humilité, de la patience, de la modération et de la créativité.

Cette perfection est en moi. Elle cherche à s’exprimer. Devenir parfait est le but. Un but impossible pour moi, pour vous, pour tout le monde. Mais en nous le proposant, Jésus nous ouvre à lui, nous rend conscients de sa Présence au fond de nos cœurs. Il nous demande de le suivre. Alors que j’en suis bien loin, j’y demeure attaché pour toute mon existence.
Etre chrétien n’est pas croire des choses. Adhérer à des croyances et facile pour certains. Mais croire des choses n’est rien comparé à aimer ses ennemis, qui est incroyablement difficile pour tout le monde.

Ce seul verset du Sermon sur la montagne suffirait à occuper une vie entière. Être chrétien est lutter pour être comme Dieu, malgré tout.
C’est dire : « défi relevé ! » et s’engager sur le chemin sans fin.
La vie chrétienne est impossible. Vivons-la donc, suivons Jésus aussi loin et aussi bien que nos pas trébuchants continuent à nous porter.


 


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