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Pauvreté

lettre ouverte d’un pasteur
à Emmanuel Macron

 

Lettre publiée dans l'hebdomadaire protestant Réforme
23 septembre 2018


pasteur Olivier Brès 

 

26 septembre 2018


Monsieur le président,

Arrêtez avec cette métaphore du premier de cordée !
Vous dites que vous y croyez beaucoup et vous la reprenez dans votre discours sur la lutte contre la pauvreté. Mais vous proposez une métaphore qui n’est pas du tout « vive » comme le disait Paul Ricœur. Au contraire, votre métaphore est juste l’expression de stéréotypes et ne génère aucun renouvellement des points de vue.

Un poids pour tous

Stéréotype, l’idée que c’est l’entrepreneur qui serait le premier de cordée, ou le riche – ce qui est encore pire et vient confirmer votre image de président des riches.
Stéréotype, l’idée que c’est le riche qui tire toute la société et que les autres ralentiraient.
Pourquoi, dans un discours sur la pauvreté, ne vous vient-il pas à l’idée que c’est le pauvre qui est le premier de cordée, celui qui doit trouver un chemin pour grimper, pour faire vivre sa famille, mais aussi celui que l’on oblige à grimper à la paroi la plus difficile ?
Ou encore, vous pourriez considérer que toute société se juge à la manière dont elle traite les pauvres. Et donc que le premier de cordée est bien le pauvre. Ou enfin vous pourriez suggérer que notre société survit à cause de ses inégalités, et du travail obscur (ou de l’acceptation du chômage) des plus pauvres.
Et que ce sont les riches, avec leur désir de toujours plus, qui sont un poids pour tous.
Vous pensez peut-être que je refuse de vous comprendre ? Mais j’ai aussi écouté une autre partie de votre discours. Il dit : « Je crois au fond à trois projets indissociables : le projet productif pour créer des emplois, un projet éducatif et un projet solidariste, qui fait que chacune et chacun doit considérer qu’une part de notre place dans la société est un peu d’aider l’autre. »
C’est bien la priorité économique et même productiviste qui vous anime. Triste révélation supplémentaire de votre soumission aux forces économiques qui sont aujourd’hui des forces financières.
Mais ce qui me frappe, c’est votre compréhension d’un « projet solidariste ». Le solidarisme, ce serait d’un peu aider l’autre. Voilà qui ferait se retourner dans leurs tombes les solidaristes du siècle dernier.

Reconnaissance

Il s’agissait pour eux que nous reconnaissions d’abord ce que nous devons aux autres, aux apports des générations précédentes, au travail de nos contemporains, et d’organiser une économie plus coopérative où chacun puisse trouver sa place. Il ne s’agissait pas de condescendre à aider – un peu – l’autre.
Arrêtez cette métaphore qui augmente les prétentions des riches et le mépris des pauvres. Cherchez donc avec vos communicants une métaphore vraiment « vive », qui anime les uns et les autres.


Post-scriptum

Les lecteurs de Réforme trouveront ci-dessous quelques textes qui disent la tonalité du regard biblique sur la question :

« Ceux qui sont les derniers seront les premiers et ceux qui sont les premiers seront les derniers. » Matthieu, chapitre 20, verset 16.

« Heureux vous les pauvres car le Royaume des cieux est à vous [...]. Mais malheur à vous qui êtes riches car vous avez déjà eu votre bonheur. » Luc, chapitre 6, versets 20 et 24.

« Personne parmi eux ne manquait du nécessaire [...]. On distribuait ensuite l’argent à chacun selon ses besoins. » Actes des Apôtres, chapitre 4, versets 34 et 35.

La question reste posée de savoir si nous voulons prendre au sérieux ces versets et les mettre en pratique.
Mais ne pas les entendre, regarder la réalité qui nous entoure avec un point de vue inverse, considérer que cela ne nous concerne pas, c’est tout bonnement abandonner la cordée à laquelle Jésus nous invite et vouloir grimper tout seul plus haut et plus vite... jusqu’à la chute.



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