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La Croix
Histoire – art – archéologie

Hors-série septembre-octobre-novembre 2018



Babylone


Mythique, historique, biblique


 

Ed. Bayard

146 pages - 15




Recension Gilles Castelnau


.

6 septembre 2018

Plus qu’une revue, c’est un très beau livre, important et riche. Son titre de Babylone lui est donné pour la première place qu’il donne à la Babylone antique, si importante pour le peuple juif qui y a développé son identité de religion transportable. Ce sont les pages 6 à 75.

La seconde partie n'est pas moins remarquable. Les spécialistes archéologues et biblistes modernes les plus compétents s’y expriment de façon très claire et intéressante. Notamment Thomas Römer, professeur au Collège de France.
Citons notamment les dossiers sur :

« La naissance de la culpture gothique »,
« Caravage »
« Le musée d’art et d’histoire du judaïsme de Paris »
« La stèle de Mésha
et une abondante recension d’ouvrages concernant la connaissance religieuse.

En voici des passages :


Et l’exil créa la Bible

histoire d’une crise théologique

Thomas Römer

La destruction de Jérusalem puis la déportation de ses habitants,
ont provoqué une crise théologique majeure auprès de Judéens.
Pourquoi et comment l’exil a-t-il suscité la nécessité d’écrire les textes bibliques ?

page 58

[...]

La destruction de Jérusalem, la perte du royaume et la déportation à Babylone avaient en effet produit une crise majeure auprès de la population judéenne aisée. La crise n'était pas tellement une crise économique (les populations favorisées semblent avoir pu conserver leur statut), mais davantage une crise « théologique » : Yhwh s'était-il mis en colère contre son peuple ou avait-il été défait par les dieux des Babyloniens ? Et comment fallait-il se situer face à la civilisation babylonienne et à la puissance apparente de ses dieux ?

Reflet de l'idéologie des exilés judéens

Certains textes bibliques donnent l'impression d'un pays vide durant l'époque dite de l'exil babylonien, mais ces textes ne reflètent pas une réalité historique. Ils sont le produit de l'élite judéenne exilée qui se considérait comme étant le « vrai Israël »
[...]

La première œuvre historiographique judéenne, que l'on appelle souvent « histoire deutéronomiste », à cause de son lien stylistique et théologique avec le livre du Deutéronome et qui comprend les livres du Deutéronome, de Josué, des Juges, de Samuel et des Rois, a certainement été rédigée sur la base de documents plus anciens dus à de hauts fonctionnaires de la cour de Jérusalem déportés à Babylone.

Ce groupe est obsédé par la fin de la monarchie et la déportation des élites de Juda et cherche à expliquer l'exil en construisant une histoire de Yhwh et de son peuple, allant des débuts sous l'autorité de Moise jusqu'à la destruction de Jérusalem. Pour ces « Deutéronomistes », il s'agit de montrer que la chute de Juda et l'exil ne sont pas le signe de la faiblesse de Yhwh face aux Babyloniens. Au contraire, ces événements résultent de la colère de Yhwh contre son peuple et ses chefs : « C'est à cause de la colère de Yhwh que ceci arriva à Jérusalem et à Juda, au point qu'il les rejeta loin de sa présence. » (2 R 24,20). Les événements de 597 et 587 ne pouvaient être expliqués que si la colère de Yhwh était l'agent de l'effondrement de Juda. Si Yhwh avait utilisé le roi de Babylone et ses dieux, cela signifiait aussi qu'il les contrôlait, qu'ils étaient ses outils.

L'histoire deutéronomiste se termine par une notice relatant la réhabilitation du roi Yoyakin depuis sa prison babylonienne. Il obtient une place privilégiée à la table du roi babylonien qui lui parle « en paix » et lui assure sa nourriture durant « tous les jours de sa vie » (2 R 25,27-30). Ainsi, les Deutéronomistes suggèrent une transformation de l'exil en diaspora et, en effet, de nombreux exilés à Babylone s'intégrèrent si bien qu'ils préférèrent rester à Babylone, même après que le roi perse Cyrus eut mis fin à l'Empire babylonien et permis aux exilés de retourner à Jérusalem.

Un troisième grand ensemble, qui a vu le jour à Babylone à côté d'un certain nombre de rouleaux prophétiques et de l'histoire deutéronomiste, est « l'écrit sacerdotal ». Il s'agit d'une composition rédigée par un groupe de prêtres qui commence par la création du monde et le déluge (Gn 1-2,3 et Gn 6-9) et qui se termine par le rituel du « Jour du grand Pardon » (Lv 16).
Ces prêtres avaient connu à Babylone les épopées d'Enuma Elish, qui relate la création du monde suite à un combat de Marduk contre un monstre marin et d'Athra-Hasis, qui narre la création de l'homme ainsi que le déluge. Dans ce dernier texte l'homme est créé avec un mélange d'argile et le sang d'un dieu rebelle, et le déluge est provoqué pour mettre un terme à la prolifération des hommes sur la terre.

Les auteurs sacerdotaux se sont inspirés de ces récits tout en les corrigeant. Selon le récit sacerdotal, le monde est créé par la parole souveraine de Dieu et le lien entre l'homme et Dieu consiste dans le fait que l'être humain est créé à « l'image de Dieu ».
Dans le récit sacerdotal du Déluge, la bénédiction de multiplication est répétée à la fin de la catastrophe contrairement aux épopées mésopotamiennes.

Dans les récits sacerdotaux des origines, Yhwh se révèle à toute l'humanité comme « Elohim ». Ce mot peut se traduire pa « [un] dieu », « [des] dieux », voire par « Dieu ». Ce nom est à la fois un singulier et un pluriel. D'une certaine manière, tous les dieux peuvent ainsi être des manifestations du Dieu unique. Pour le milieu sacerdotal, cela signifie que tous les peuples, y compris les Babyloniens et plus tard les Perses, rendant un culte à un dieu créateur, vénèrent, sans le savoir, le Dieu qui se manifestera plus tard à Israël sous le nom de Yhwh.

Une religion mobile de la diaspora

La compilation de la Torah, du Pentateuque, qui se fait vers 350 av. J.-C. et qui est en partie le résultat d'un compromis entre le milieu sacerdotal et le milieu deutéronomiste, est due principalement à l'initiative de la Golah babylonienne.
[...]

 

Caravage saint Jean-Baptiste au bélier

Caravage

du sacré au meurtre

Virgnie Lérot

Figure majeure de l’histoire de l’art, Caravage s’invite cet automne au musée Jacquemart-André à Paris,
dans le cadre d’une exposition consacrée à la période romaine de la vie de ce peintre
dont l’originalité et le génie furent source d’émulation autant que de rivalité

page 100

[...]

Le jeune saint Jean-Baptiste au bélier (1602-1603) s’incarne en un corps d'adolescent parfaitement réaliste, qui rappelle le goût de Caravage pour le modèle vivant. Ailleurs, les personnages revêtent l'habit contemporain, ce qui permet aux spectateurs de s'identifier à eux. Cette actualisation de l'histoire sainte est particulièrement évidente dans le Ecce Homo réalisé en 1605 pour la famille Massimi, où c'est un Ponce Pilate vêtu à la dernière mode qui invite le spectateur à considérer le corps radiant du Christ.

Cette manière nouvelle de représenter le sacré n'est pas toujours bien reçue. Certains commanditaires religieux refusent même les toiles que leur livre Caravage, leur reprochant notamment de manquer de dignité. Il est vrai que, non content de faire entrer le sacré dans le quotidien, le peintre invite aussi le petit peuple pauvre, loqueteux et sale, dans ses tableaux ... Inventeur d'une nouvelle iconographie religieuse, il va au-delà des principes édictés par l'Église et impose sa vision de l'art sacré.



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