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3

Le Sens d’une vie


Une porte s’entrouvre
Il est là qui attend, qui vous attend



Hugues Lehnebach

 

Éd. « La Barre Franche »

142 pages - 15 €


recension Gilles Castelnau

 

25 août 2018

Le pasteur Hugues Lehnebach nous offre ici d’une manière extrêmement claire et vivante l’évolution du climat religieux qu’il a vécue au cours de son long ministère.

Il anime et accompagne de nombreux groupes de réflexion réunissant des protestants, des catholiques, des agnostiques en recherche de spiritualité, il les écoute, les comprend, les aide à réfléchir et à lire les ouvrages de théologie contemporains : il a créé pour cela une bibliothèque circulante très active.

Et il nous fait part dans ce livre des rejets réels dont il est le témoin de conceptions doctrinales traditionnelles qui ne sont plus admises par les esprits modernes, qu’ils soient catholiques ou protestants.

Hugues Lehnebach est un homme cultivé qui se tient parfaitement au courant des recherches spirituelles des plus importants théologiens actuels et il sait nous en présenter les thèses libératrices.

Nul doute que ce livre profond et juste tout en étant agréable et facile à lire, permettra à de nombreux lecteurs de renouveler leur vie spirituelle et pour beaucoup, de se réconcilier avec Dieu.

En voici quelques extrait :

 

Introduction

page 7

Depuis près d’un siècle, la conception que l’on avait du monde a été bouleversée. Certes ! La modernité avait depuis longtemps modifié la perception que l’on avait de l’univers, néanmoins l’étudiant en théologie que j’ai été, gardait toujours en tête l'idée que Dieu pouvait intervenir à ma demande pour arranger mes petites affaires si besoin était.
Et voilà que cette vision d’un monde dépendant d’une puissance céleste avec laquelle je pouvais dialoguer entre un « je » et un « tu », a complètement disparu. J’ai découvert que je n’étais de loin pas le seul à qui c’est arrivé, mais qu’il valait peut être mieux ne pas en parler pour ne pas passer pour un agnostique. En effet, quand j’en parle à certains de mes amis, je comprends vite que je ne suis pas sur la même longueur d’onde. Ils me semblent restés murés psychologiquement dans l’univers qui était le mien il y a cinquante ou soixante-dix ans.

Mais il n’en est rien ! en fait, un souffle libérateur passe. Nombreux sont ceux qui disent : « Il y a longtemps qu’on pense la même chose. Mais nous n’osions pas le dire. » Ce petit livre peut les y aider.  […]

 

 

Le monde désenchanté


La vague sociale historique
[...]
page 24

L’autonomie, première conséquence de la modernité

La modernité met en avant la rationalité. L’individu est autonome, capable de « faire » le monde et de construire lui-même les modifications qui donnent sens à son existence. La modernité rompt avec le monde de la tradition. L’homme devient législateur de sa propre vie. Il est capable en coopérant avec d’autres de déterminer les orientations qu’il entend donner au monde qui l’entoure. Il devient et s’affirme autonome. En effet, il maîtrise la nature et est responsable du contrat qu’il passe avec autrui pour vivre en bonne intelligence.
La conquête de l’autonomie du sujet s’exprime par la revendication du droit de chacun à son propre épanouissement, à l’accomplissement de soi. L’individu exige d’être considéré dans ses aspirations, ses intérêts, ses affects.

La laïcisation, deuxième conséquence de la modernité

Le politique et le religieux se séparent et la société se laïcise. Cela signifie que la vie sociale est de moins en moins soumise à des règles édictées par la religion qui cesse de fournir des références, des valeurs des symboles qui donnent sens à la vie et s’imposent à tous. Dans la société moderne, la religion ne régit plus la vie de l’individu. La croyance et la participation religieuses sont des options privées qui relèvent de la conscience individuelle. L’appartenance religieuse n’est pas un motif d’exclusion de la vie sociale sauf si elle mettait en question les règles du droit. Il y a claire séparation entre le privé et le public. La société se sécularise.

Aujourd’hui, les grandes idées religieuses ne sont plus imposées comme les principes fondateurs de la vie publique. Nous vivons dans des sociétés où la sécularisation, la laïcité ont produit leurs effets. Les hommes font maintenant leur histoire. Ils fabriquent leurs lois. Ils se pensent en fonction de l’avenir et non plus en fonction du passé.

 

 

Le protestantisme


Caractéristiques du protestantisme

[...]

Ce qui semble essentiel pour un protestant c’est la liberté de penser sans se sentir obligé d’être en accord avec une autorité, quelle qu’elle soit, religieuse ou politique. Cette liberté de conscience a été une découverte extraordinaire il y a maintenant plus de cinq siècles.

Avant Luther, rares étaient les personnes qui osaient dire ce qu’elles pensaient si cela ne correspondait pas à ce que tout le monde croyait, et surtout à ce que l’Église en particulier affirmait. C’est l’Église qui imposait sa vérité.

Quand Luther ose dire comme le dit l’épître aux Romains, que l’on est sauvé par la foi et non par les œuvres, il est sommé par l’Église de se rétracter et il refuse.

Cette attitude est restée la caractéristique du protestant : ce qui détermine son comportement c’est ce qu’il pense, ce qu’il croit en conscience. Aucune autorité politique ou religieuse ne peut lui imposer sa vérité.

[...]

 

 

Utopie de la Réforme


Morale de conviction et morale de responsabilité

[...]

page 83


C’est la santé du corps ecclésial qui commande la qualité des rapports église-monde. En s’appuyant sur sa morale conviction, le christianisme doit interpeller les instances politiques. Ces dernières soucieuses d’exercer la morale de responsabilité peuvent trop souvent par souci d’efficacité, mettre à mal l’éthique et la morale de conviction qui constituent le sens ultime, celui du « petit reste », du « sel de la terre », du « levain dans la pâte », du « chandelier dans les ténèbres ». Il faut qu’existe la communauté confessante pour que vive la lutte de la religion et de la foi ». (Paul Ricœur)

 

 

Jésus


Les titres donnés à Jésus

[...]

page 94

Désignation théologique actuelle des titres de Jésus

S’engager dans une réflexion christologique approfondie des conciles du quatrième siècle ne me semble pas utile ici. disons brièvement que l'Eglise des premiers siècles était née dans une culture judaïque. Quand le christianisme est devenu au quatrième siècle religion d'Etat, elle a du adopter une culture gréco-romaine. Elle rencontre alors une grande difficulté à dire ce que signifie l'incarnation de Dieu en la personne de Jésus. Jésus était il homme, Dieu lui-même,fils de Dieu ? La formulation finale du Symbole des apôtresest devenue incompatible avec la culture occidentale.

Les titres de « Christ », de « Fils de Dieu », sont attribués à Jésus lorsqu'on est sensible à cette transparence, à la Présence divine qui le caractérise, dit Gilles Castelnau. Tillich, insistera sur le fait que le mot Christ désigne une fonction et qu’il ne faut pas prendre ce titre pour un nom de famille par exemple. Il dit souvent « Jésus en tant que Christ », c ‘est à dire « en tant qu’envoyé de Dieu ».

 

Jésus est-il Dieu ?

Cette question se pose souvent. En suivant André Gounelle, je dirai que Dieu se rend effectivement présent en Jésus de Nazareth. Il y a donc du divin en Jésus. Mais lui-même n’est pas Dieu.

Dans les évangiles, nous trouvons les deux options. D’un côté Jésus dit « Moi et le Père nous sommes un » (Jn. 10,30 ). Il dit aussi « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14,9 ), ou encore « Le Père est en moi » (Jn 10,38 ).
D’un autre côté on trouve « Celui qui croit en moi, croit non pas en moi, mais en celui qui m’a envoyé », ou encore « Nul n’est bon, si ce n’est Dieu seul » (Mc 10,17-18 ) .
D’après un article de Raphaël Picon paru dans le N° 205 de la revue Évangile et liberté, le Christ désigne l’action transformatrice et créatrice de Dieu dans le monde. Dieu est force de nouveauté et de créativité qui transforme le monde. Il l’enrichit continuellement de nouvelles potentialités.

 

 

Dieu

L’avenir de la doctrine de Dieu


Dieu selon Tillich

[...]

Page 125

Pour conclure, je cite maintenant cette synthèse d’A. Gounelle (Paul Tillich, éd. Olivétan, 2013) : « C’est une puissance qui aura le dernier mot. Cette puissance s’oppose au non-être. Le non-être relatif désigne ce qui menace l’être, le dégrade. Il est au sein de nous. C’est la négation de l’être au sein de l’être. La « puissance de l’être » lutte contre ce non-être. Ce conflit entre l’être et le non-être constitue la vie. La puissance de l’être muselle le non-être dans une victoire sans cesse renouvelée. Dieu maîtrise le néant, le mal, la souffrance. La résurrection n’annule pas la croix. Elle la domine, la retourne. Dieu affronte le non-être. C’est la source de notre courage de vivre. Avoir la foi, c’est avoir la confiance, être certain que le positif l’emportera malgré la violence du négatif. »


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