Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion

 

 

De la croyance au Rêve

 

pasteur Serge Soulié

 

blog

 


28 juin 2018

Les religions nous ont habitués à croire. Elles définissent elles-mêmes ce qui est à croire et insistent sur la confession de foi à laquelle chaque adepte doit adhérer. La croyance la plus commune est celle d’une vie post mortem. On la retrouve dans les trois religions monothéistes sous une forme à peu près identique. Dans le bouddhisme elle prend la forme de la réincarnation. Dans tous les cas elle se présente comme une continuité de la vie terrestre sous un régime idéal sans fin acquis ou à acquérir. Elle est un refus de la finitude. Ce qui est impossible dans ce monde, l’est dans un monde autre appelé le plus souvent ciel comme pour dire que ce monde nouveau est bien au-dessus de celui que nous connaissons.
Selon Ernest Renan, le peuple d’Israël a acquis la certitude d’une vie après la mort lors de l’exil. Il aurait emprunté cette croyance aux Egyptiens. Aujourd’hui la résurrection des morts est une doctrine cardinale du judaïsme biblique et rabbinique. Nombreuses références dans la bible : Deut 32, 9, I Rois 17, Isaie 26,19, Daniel 12,2. Notons toutefois que la secte des sadducéens, du temps de Jésus, ne croyait pas en la résurrection. Le christianisme a repris cette croyance en proclamant que Jésus, déclaré fils de Dieu, était « ressuscité ». Pour l’apôtre Paul, la résurrection est certaine parce que le Christ est ressuscité. En 1cor 15 , 7-20 ; La résurrection est le passage physique de la mort à la vie. Le crédo précise et insiste : « Je crois à la résurrection de la chair et à la vie éternelle .L’idée de résurrection est aussi un des fondements de l’eschatologie musulmane. Il emprunte au monde sémitique les concepts relatifs à la destinée future des morts.

J’ai pu remarquer combien cette croyance en la résurrection de la chair, devenue commune y compris à ceux qui ne se réclament d’aucune religion, stoppe le processus de rêve de celui qui se prépare à sa mort prochaine comme à ceux qui l’entourent et l’accompagnent. Elle entretient une illusion forte qui va à l’encontre d’une espérance vivifiante. Je me souviens de cette épouse âgée à peine de trente ans, qui à la suite du décès de son mari ne cessait de penser aux situations qu’elle croyait retrouver au ciel après la résurrection. Elle est restée longtemps figée dans ses représentations. Il a fallu un long travail de thérapie pour qu’elle ne reste plus crispée dans de telles pensées. J’entends encore les récriminations de cet homme âgé pour qui, selon lui, je n’avais pas suffisamment insisté sur la résurrection de la chair. « Nous ressusciterons tous disait-il, nous serons jugés et ceux qui n’ont pas cru seront jetés dans le feu de la géhenne. Vous n’avez rien dit sur ce jugement par lequel vous passerez vous aussi». Il citait l’apocalypse. A l’inverse, alors que nous suivions le corbillard jusqu’au cimetière situé tout en haut d’un village une jeune femme criait m’accusant d‘être la cause, en tant que représentant de Dieu disait-elle, de la mort de son père, mort dans un accident du travail. « J’en ai rien à foutre de Dieu et de la résurrection » hurlait-elle avant même que j’aie pris la parole. Dans le cortège funèbre certains cherchaient à la faire taire, d‘autres semblaient prendre plaisir à ce qu’elle criait.

Depuis ces évènements j’ai lu et relu, tout en faisant face à une maladie grave, des textes concernant la mort, le deuil, l’espérance et la résurrection autres que les textes bibliques. J’ai lu et relu des textes des penseurs grecs comme Platon (la mort est la séparation du corps et de l’âme) Epicure ( la mort n’est rien pour nous) , ceux de philosophes plus près de nous tel Hegel (l’être vivant n’a pas sa fin en lui-même), Freud ( la pulsion de mort entraîne une certaine résistance à guérir), Lacan ( la mort est du domaine de la pensée et de la croyance ), Montaigne ( philosopher c’est apprendre à mourir pour devenir joyeux et libre), Nietzsche (la mort n’est pas l’indicatif d’une autre vie) ; des textes de la littérature comme « Albertine disparue » de Proust ou des citations de Victor Hugo : « Vivre est une chanson dont mourir est le refrain ». « Les morts se sont les cœurs qui t’aimaient autrefois » ou encore « La sortie de la vie commence un peu avant la mort. On se sent couvert d’ombre ». Sans oublier dans les métamorphoses d’Ovide le récit de Baucis et Philémon, ce couple qui a pu choisir grâce à sa disponibilité et à l’accueil offert aux plus pauvres, son devenir après leur mort : deux arbres différents qui entrecroisent leurs branches et sous lesquels peuvent de mettre à l’ombre ceux qui n’ont pas de toit. La pensée peut alors aller d’un texte à l’autre. Elle ne se fige plus. Il ne s’agit plus de croire que le tombeau va s’ouvrir et redevenir ce que nous étions, ou de penser que notre corps va se transformer en un chêne et un tilleul, il s’agit de rêver. Tous ces textes deviennent des paraboles, des symboles. Les croyances se transforment en rêves. L’esprit reprend toute sa liberté. Il n’est pas question ici de synthèse entre tous ces textes, encore moins de syncrétisme. Celui-ci juxtapose et met bout à bout des croyances, des rites et des manifestations religieuses qu’il impose à ses adeptes.

Ne me demandez pas ce que je crois et ce que je ne crois pas. Je me laisse porter par tout ce qui a été dit et pensé avant moi, dans la bible comme ailleurs. Chaque jour il est possible de découvrir un nouveau texte, un nouveau poème, une nouvelle musique. Le rêve mène chaque jour dans un lieu différent. Il crée un monde nouveau. Peut- être de nouveaux cieux et une nouvelle terre !


Retour vers Serge Soulié
Retour vers "libres opinions"

Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

rtin Luther  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.