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Concilier l’égalité avec la protection


 

Olivier Abel

propos recueillis par Frédérick Casadesus

 

article publié dans l'hebdomadaire protestant Réforme
le 18 avril 2018

 

21 avril 2018

Le philosophe Olivier Abel explique les relations
qu'entretiennent les protestants avec l'idée de droit et de justice.

 

La tradition protestante a un sens très aigu de l'écart entre l'éthique et le droit. La première est une orientation personnelle intérieure, tandis que le second doit simplement permettre la coexistence pacifique de la diversité morale. Parce qu'ils ont voulu séparer religion, politique, morale et lois, les théologiens protestants se sont toujours méfiés de ce qui s'apparentait à un droit s'imposant de manière autoritaire. C'est particulièrement vrai des protestants français. Parce qu'ils ont vécu pendant des siècles sous le magister quasi-exclusif des catholiques, ils ne veulent pas se voir imposer ou imposer eux-mêmes une morale par la loi. Soucieux de faire émerger une société de confiance, les protestants ont une éthique du fair-play.

Au sens kantien, on doit avoir en soi des règles qui vous permettent de tenir debout. On doit suivre une règle pour elle-même et non par peur de la punition ou par l'attrait d'une récompense. Une fois encore, la sphère morale est importante pour eux, mais elle doit rester libre.

Est-ce par le biais du déploiement de la culture américaine ? Nous observons une « judiciarisation de la société ». II est vrai qu’aujourd'hui beaucoup de gens conçoivent la loi comme un ensemble de règles qui suppléent leur manque de rigueur.

Aujourd'hui, nous sommes pris par une conception très utilitariste du droit. Les individus sont prêts à respecter le droit quand il leur est utile, mais ils n'hésitent pas à s'en affranchir si cela ne leur sert à rien.

La loi morale intérieure ne leur suffit plus, ce qui les entraîne à demander que la morale soit de plus en plus intégrée à des règles juridiques, lesquelles sont à leur tour déportées vers des mesures techniques : les cartes d'identité sont infalsifiables, les antivols établis partout. Ce double déplacement me paraît dangereux parce qu'il peut favoriser une aspiration à la dictature. De fait, nombre de nos concitoyens réclament l'instauration d'un État fort. Je crois qu'il vaudrait mieux rétablir des règles fortes, que l'on puisse transgresser tout en restant libres.

Dans une société dominée par des puissances extrêmes - je pense à l'argent notamment – les mœurs sont particulièrement touchées. Le marché pèse lourd aujourd'hui sur les comportements individuels et sur les mentalités collectives. Le point de vue purement moral est faible face à cette puissance du marché.

Une forme de cynisme se répand parmi nos concitoyens qui réclament de la loi là où ils se sentent faibles, et ne veulent pas de loi là où ils sont forts. Cette hypocrisie s'est instaurée dans notre société libérale. C'est un deux poids-deux mesures qui fracasse le destin des gens et qui ne peut convenir aux protestants.

Pour conclure, je dirais que la justice doit concilier l'égalité devant la loi avec la protection des plus faibles. L’équité des mesures pour tous doit être complétée par l'usage de la force, légitime quand il protège la veuve et l'orphelin. L’âme de la justice, enfin, doit redonner une chance à chacun.

 


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