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La Bible et ses éditions


 

Claude Riffe

 


7 avril 2018

Longtemps, les traditions orales et la mémoire ont suffi à transmettre les connaissances des hommes de génération en génération. Puis, simultanément en Égypte et Mésopotamie, lorsque les sociétés se sont davantage organisées, vers 3300/3200 avant JC, l'écriture s’est imposée comme un moyen de conserver les mémoires. Le livre, tel que nous le connaissons, est ensuite apparu après une succession de découvertes et d’innovations techniques survenues à des moments différents selon les régions du globe. Quant aux supports des livres, ils ont été rigides (pierre, tablettes d’argile de bois ou de cire), puis souples (papyrus, parchemin, papier, …) pour finalement disparaître avec les livres électroniques. Chaque support, dont l’objectif principal était de rendre le livre plus maniable et moins cher à fabriquer, n’a pas forcément fait disparaître la précédente : aujourd’hui, tous ces supports cohabitent encore.

Quant à la rédaction de la Bible, elle se situe entre le VIIIe et le IIe siècle avant notre ère pour le Premier testament et 100 après JC pour le Nouveau testament. Cette longue période a bénéficié de ces innovations : la Bible, dont une partie est issue de traditions orales, n’est plus une table gravée, un fragile rouleau de papyrus, un objet d’art ou un incunable. Comme n’importe quel livre, la Bible est devenue accessible à tous, plus facile à transporter et à manipuler avec un texte écrit de façon durable. Dans sa version immatérielle (ou numérique), on peut même enregistrer des dizaines de versions différentes de nos bibles sur nos ordinateurs ou téléphones, les comparer, pratiquer l’exégèse ou faire des recherches rapides et très ciblées. Notre spiritualité est alors susceptible d’évoluer car notre approche du texte se transforme. Plus fine et plus personnelle, notre lecture nous incite à le considérer comme une lampe à nos pieds. Le texte devient de moins en moins silencieux et nous impose de prendre du recul pour mieux comprendre le message de ses multiples auteurs. En le lisant, on réalise que la Bible n’est pas une vérité immuable mais une vérité qui touche nos cœurs. Petit à petit, c’est « l’esprit qui anime son ou ses auteurs qui nous anime » même si ce ou ces derniers ne sont plus là pour nous guider dans notre compréhension.

En occident, le parcours de l’histoire de l’écrit, et donc du support de nos bibles, a suivi les étapes suivantes:

Le Volumen
De 2600 avant JC jusqu’en 650 aps JC, le Volumen désigna la forme principale des livres dans l’Antiquité. Cet ancêtre de nos livres actuels est un livre en rouleau qui pouvait mesurer entre 6 et 15 mètres de long pour 30 à 40 cm de haut. Il était constitué de deux supports : le papyrus fabriqué en Égypte et le parchemin, en peau animale traitée, fabriqué à Pergame (actuelle Turquie) à partir du IIème siècle.
Pour être lu, le Volumen devait être déroulé, et donc tenu horizontalement à deux mains (l’une le déroulant et l’autre l’enroulant). Difficilement maniable et fragile, le Volumen ne pouvait pas vraiment permettre l’étude du texte : impossible de le feuilleter pour comparer des passages, difficile d’écrire en lisant le texte, impossible de l’annoter …. Le Volumen était essentiellement adapté à la lecture à haute voix se rapprochant ainsi de la transmission orale des anciennes traditions.
Les plus anciens vestiges du Premier testament, les manuscrits de la Mer Morte (IIe siècle avant JC au Ier siècle après JC) sont des fragments de Volumen utilisant ces deux supports (papyrus et parchemin). S’agissant de la parole souveraine et divine, les rouleaux, souvent lus par les prêtres, favorisaient sa mémorisation mais aussi la méditation sur les passages que l’on désirait approfondir. Le musée d’Israël les a numérisés (manuscrits en ligne) ce qui permet d’en apprécier tous les détails mais aussi de les lire (à condition de pratiquer l’hébreux ancien et araméen ….).

Les codex (Ie siècle - XIVe siècle aps JC)
Si les premiers codex (livres reliés) sont apparus vers l'an 85 de notre ère, leurs supports étaient encore rigides (assemblages de tablettes de bois creusé: on coulait de la cire, dans les tailles, sur laquelle on écrivait) et peu maniables. Le véritable passage du volumen au codex est donc plutôt lié à la généralisation de l’utilisation du parchemin comme support de l’écriture. Moins fragile que le papyrus, plus résistant à l’humidité et plus maniable que les tablettes rigides, le parchemin entraîne un changement fondamental dans l’histoire du livre : le codex est dorénavant composé de pages en tant qu’espaces séparés, autonomes et discontinues, assemblées en cahier cousus ensemble. Au fil du temps, même si les coûts de fabrication restent élevés, l’écrit n’a désormais plus pour seule fonction de conserver et mémoriser: il est copié à des fins de lecture et de travail intellectuel.
Le codex peut dorénavant être feuilleté, ses pages seront numérotées, différents chapitres pourront le structurer et, enfin, des index et tables seront créés pour mieux y trouver l’information. Notre manière d’appréhender le texte change aussi dès lors que la lecture peut devenir sélective, en s’aidant des index et tables, ou non plus seulement continue. En outre les mots se séparent ce qui va permettre une lecture plus rapide, probablement moins méditative et davantage axée sur la lecture critique puisque l’on peut poser des annotations sur les marges.
En occident, le codex fût adopté principalement par les premiers chrétiens. Ce nouveau format de livre sera transporté, diffusé, lu dans les communautés. Les textes deviennent donc accessibles à tous conformément à la vocation universelle de la religion voulue par Paul. Tout en mettant en avant la loi écrite sur « des tables de chair et sur les cœurs », Paul témoigne de la diversité des supports qui existaient à son époque quand il parle de la loi écrite sur « des tables de pierre et avec de l’encre » (ex : Corinthiens (2 C2). Cependant, les volumen, considérés comme plus sérieux que les codex, résistèrent encore longtemps (jusqu’au IVème siècle dans l’Occident romain et Vème siècle dans l’empire byzantin). Paul, mais aussi Socrate (dans Phèdre), reste prudent vis-à-vis de l’écrit: une image silencieuse écrite par un auteur qui ne peut répondre à ceux qui le lisent et qui conserve les souvenirs sans enrichir la mémoire … Un écrit qui ne reflète pas toujours l’Esprit de Dieu ….
Dès la fin du VIe siècle, des couvertures précieuses en ivoire, émail, feuilles d’or ou d’argent protègent les évangéliaires, les sacramentaires et les psautiers contre l’usure du temps mais aussi pour leur conférer une valeur matérielle, artistique voire sacrée. Le plus ancien exemplaire complet, le codex Firkovitch (accès numérique), conservé à Saint-Pétersbourg, date de 1009. Puis, après avoir appartenu au monde monastique, la Bible entrera, dès le XIIème siècle, dans le monde scolastique des écoles et des universités.

Premiers papiers et raffinement des reliures (XIVe et XVe siècles)
Les moulins à papier font leur apparition en Europe au XIVe siècle, rendant la production des manuscrits dix fois moins chère. Le parchemin demeure néanmoins utilisé pour les manuscrits les plus luxueux. À cette époque, en occident, la gravure sur bois permet l'impression des premiers livrets xylographiques comme la Bible (simplifiée) des pauvres (1470). : accès à un exemplaire numérisé. Le passage progressif du parchemin au papier entraîne aussi une réduction de la taille des ouvrages.

Les « incunables » du XVe siècle : les premiers livres imprimés
A partir de 1448, Gutenberg fabrique à Mayence le « premier grand livre européen » la Bible à quarante-deux lignes (accès Bnf : B42), achevée en 1455, grâce à la production de caractères en série avec une matrice (technique inchangée jusqu'à la révolution industrielle) ; le deuxième ouvrage important est le Psautier de Mayence : accès Bnf
L’imprimerie facilite ainsi la diffusion de la Bible d’autant que grâce aux traductions en langues vernaculaires, la Bible devient accessible à un public toujours plus nombreux.

Les livres électroniques
Depuis l’invention de l’imprimerie, le livre imprimé n’a jamais rencontré de concurrent sérieux. Aujourd’hui, les supports électroniques (liseuses, téléphones ou ordinateurs) et Internet ont changé la donne. L’accès à l’information est facilité. Les précieux livres de nos bibliothèques ou musées sont même numérisées et accessibles à tous moments
Les livres électroniques imitent souvent les livres papier et leur mise en page : on peut les feuilleter, corner des pages, surligner les passages intéressants, les annoter, ….. Mais, avec l’écran, la matérialité de la page peut aussi disparaître : le livre redevient alors un Volumen lu …. verticalement. Le texte peut également se trouver séquencer à travers des fenêtres contextuelles et des liens hypertextes. La référence à la page reste toutefois un repérage quand on choisit d’imprimer.
La révolution actuelle modifie aussi la place du lecteur face au texte. L’étude des textes ou les progrès de l’exégèse biblique sont ainsi liés à des logiciels linguistiques qui ont permis de mieux comprendre leur origine ou construction.


Reliures précieuses dans les collections de la BnF au musée du Louvre

En lien avec l’exposition de la Petite Galerie, Théâtre du pouvoir (présentation des regalia), la Bibliothèque nationale de France a accepté le prêt de cinq de ses reliures les plus précieuses, conservées au département des Manuscrits.

Ces reliures de l’époque médiévale forment un ensemble exceptionnel par leur somptuosité et leur histoire, du siècle de Charlemagne à la fin du Moyen Âge.

Deux des reliures ont été restaurées grâce au mécénat de la Fondation Polonsky : accès numérisé (article sur la restauration)
• Le premier manuscrit (BnF, Latin 9391) est un livre d’Évangiles ayant appartenu à la collégiale Saint-Louis de Metz.
• Le deuxième manuscrit également exposé au Louvre est un Missel de l’abbaye royale de Saint-Denis (BnF, Latin 9436).

 

Plaques de reliure du psautier de Dagulf

Sous Charlemagne (768-814), la "renaissance carolingienne", nom donné à l'art du temps des carolingiens marqué par un retour délibéré aux techniques et aux formes antiques, s'épanouit d'abord dans les ateliers de la cour qui regroupent autour du souverain la plupart des artistes, tel Dagulf, auteur de la reliure de ce psautier en ivoire.

Dagulf était scribe et écrivit ce recueil des psaumes à la demande de Charlemagne en 783 pour l'offrir au pape Adrien Ier (mort en 795).

Ces plaques représentent :,

* A gauche: David dictant les psaumes à des scribes munis de tablettes et de stylets (première scène : partie supérieure), puis, il les chante, pinçant les cordes de son psaltérion (deuxième scène inférieure). Des gardes armés sont postés auprès du roi poète et musicien.
Les deux scènes sont délimitées par un une bordure de feuillages.
Selon la Bible, David serait l’auteur de 73 psaumes sur les 150 constituant le Livre des Psaumes.

* A droite : Saint Jérôme reçoit du pape l'ordre de rédiger les psaumes puis dicte le psautier (première scène : partie supérieure). Saint Jérôme corrige le texte du psautier (deuxième scène inférieure).

Les plaques d'ivoire de la reliure révèlent l'influence de modèles antiques, surtout dans la clarté des compositions et dans le soin apporté au relief et au modelé.

Boîte-reliure de Maastricht

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Symboles des évangélistes Première moitié du XIe siècle Musée du Louvre, MR 349

Empire ottonien (Trèves ou Ratisbonne ? Allemagne actuelle), vers 1020-1040. Provient du trésor de la cathédrale de Maastricht (Trèves ou Ratisbonne ?).

Travail d’orfèvrerie complexe : plaques d’or découpées, gravées, ciselées, repoussée, émaillées, ornées de filigranes et de pierres précieuses. La boîte servait de reliure à un manuscrit ancien disparu (serment des ducs de Brabant à partir de 1677).

La Crucifixion, au centre, (style des commandes de l’empereur ottonien Henri II : 1002-1024), est entourée des images constituant le tétramorphe (visions d’Ezéchiel et de Jean) où se tiennent près de Dieu des figures d’aigle , d’homme, de lion et de taureau.

L’intérêt de cette oeuvre réside dans les quatre symboles des évangélistes. Dans les angles, les figures se détachent sur des fonds qui se répondent deux à deux :
* l’aigle de Jean et le lion de Marc sur émail coloré (technique émaillés « en plein »);
* l’ange de Matthieu et le taureau de Luc sur fond d’or (technique d’émaux « enfoncés »)


Croix de Sybille Sibylle de Flandre

 

La croix est formée d’un assemblage de six morceaux d’ivoire de morse : le corps du Christ, la traverse verticale, les deux traverses horizontales et les extrémités de la traverse verticale.

Le Christ en croix est fixé par quatre clous ; au-dessus de sa tête, sur le titulus, se détache l’inscription : "Jésus de Nazareth roi des Juifs". Il est flanqué à sa gauche de l’allégorie, en buste, de la Lune et à sa droite, de celle du Soleil.

L’extrémité supérieure de la traverse verticale est occupée par la main divine (disparue) qui émergeait d’une large manche drapée.

En bas, sous les pieds du Christ, une femme agenouillée, désignée par une inscription comme étant Sibylle, prie le crucifié en ces termes : « toi qui es né de l’Etoile de mer, accorde le pardon à Sibylle ». Cette donatrice a pu être identifiée avec Sibylle, fille de Foulques d’Anjou, qui devint roi de Jérusalem, et épouse de Thierry d’Alsace, comte de Flandre. Elle se retira en 1157 au couvent de Saint-Lazare de Jérusalem, dont elle fut abbesse et y mourut en 1163.

Cette croix était fixée au centre d’un plat de reliure de manuscrit. Le décor devait être complété à l’origine, par les quatre symboles des évangélistes répartis aux angles du plat ; deux subsistent (Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage : symbole de saint Matthieu ; Munich, Bayerisches Nationalmuseum : symbole de saint Luc).

Le style de l’ivoire l’apparente à des œuvres attribuées à la région mosane ou au Nord de la France.

 

Évangiles de Drogon : accès manuscrit numérisé BnF, latin 9388

 

Plaque d'ivoire d'éléphant illustrant des scènes de la Passion du Christ : Metz, vers 850. Bordure d’orfèvrerie à filigrane avec perles et pierres, XIe siècle.

Les matériaux précieux avaient pour fonction d’accroître la valeur esthétique et spirituelle des livres. Ce livre des évangiles a été commandé par l’évêque de Metz Drogon, fils adultérin de Charlemagne et grand mécène de son temps.

Il comprend une plaque d’ivoire d’éléphant sculptée à Metz et contemporaine du manuscrit, illustrant des scènes de la Passion du Christ, et une somptueuse bordure d’orfèvrerie ajoutée deux siècles plus tard.

 

Missel à l'usage de Saint-Denis : accès manuscrit numérisé BnF, Latin 9436.

 

Les premiers missels appartiennent au VIII siècle. Ils regroupent habituellement plusieurs livres : le sacramentaire avec la prière eucharistique, les oraisons et les prières, l’évangéliaire et l’épistolier pour les lectures, un ou plusieurs livres pour les répons et les chants.

Plat supérieur : Figurines d’ivoire de morse de l’école du palais de Charles le Chauve, vers 870. Feuille d’or gravée, repoussée, filigrané et orné de pierres précieuses et de perles remontant au XIe siècle (bordure extérieure du XIIIe siècle).

Le manuscrit a été réalisé à Saint-Vaast d’Arras vers 1050 pour l’abbaye de Saint-Denis :

* la Vierge et saint Jean ont été remontés sur une feuille d’or gravée, repoussée, filigranée et ornée de pierres précieuses et de perles.

* Les deux ivoires de morse dataient du règne de Charles le Chauve (vers 870) ; entre eux se trouvait un Christ en croix. Ils témoignent de la fascination pour le passé carolingien.

Plat inférieur : Plaque de cuivre dorée, gravée et ciselée, insérée dans un cadre d’argent estampé et contenant la figure de saint Jean l’Évangéliste (France, XVe siècle) .


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Premier et deuxième Évangéliaire de la Sainte-Chapelle : accès manuscrit numérisé Bnf latin 8892 ; Bnf latin 9391

 

Les évangéliaires sont des livres liturgiques qui contiennent la totalité ou une partie des Evangiles lus lors des célébrations liturgiques. Dans le catholicisme de rite latin, il est porté en procession. C’est le rôle du diacre, ou à défaut du prêtre, de proclamer l’Evangile. A la fin de cette lecture, les fidèles acclament la Parole de Dieu et le livre reçoit le baiser.

Premier Évangéliaire (Paris, vers 1230 et 1240-1248)

Résurrection du Christ

Rares sont les reliures d’orfèvrerie médiévale qui nous sont parvenues presque intactes avec leurs manuscrits, comme celles des deux évangéliaires de la Sainte-Chapelle. Réalisés à l’époque de la constitution du trésor de la Sainte-Chapelle de Paris par le roi Saint Louis, les manuscrits illustrent la vitalité de la production artistique parisienne : à la finesse des enluminures du manuscrit répond l’élégance soignée des reliures d’argent doré.

Deuxième Évangéliaire (Paris, vers 1240 et bordures extérieures XVIe siècle).

Crucifixion. Argent doré, cabochons de verre et de pâte de verre.

Les deux livres manuscrits et reliures précieuses proviennent du trésor de la Sainte-Chapelle comme la Vierge en ivoire du Louvre, présentée dans la vitrine voisine. Leurs figurines offrent le même canon élancé et une même recherche de volume sculptural. Cette reliure, exécutée à l’aide de la technique du repoussé et sertie d’une intaille antique, est d’un artiste à la personnalité plus austère et tourmentée que l’orfèvre de la reliure du Premier Évangéliaire.

 

Manuscrit de Denys l’Aréopagite

 

Manuscrit : Constantinople, 1403-1405 ; Ivoire : Paris, vers 1360-1380 ;
Monture : argent doré, pierreries : Paris, vers 1400, remaniée au XVIIe siècle. Provient du trésor de l’abbaye de Saint-Denis. Musée du Louvre, MR 416.

Le manuscrit d’apparat contenant les portraits de la famille impériale de Manuel II de Constantinople (1391-1425) fut offert à l’abbaye de Saint- Denis en 1408 par l’empereur, de retour en Orient, en souvenir de la visite qu’il avait effectuée à l’abbaye lors de son voyage en Europe.

Denys l'Aréopagite, est un Athénien dont le nom est mentionné au verset 34 du chapitre 17 du livre des Actes des Apôtres.

Denys l'Aréopagite est surtout connu pour s'être vu attribuer à titre pseudépigraphique des traités mystiques rédigés au Ve ou VIe siècle. Il est absolument impossible que le Denys évoqué par les Actes des Apôtres soit l'auteur de ces œuvres, cependant cette attribution est significative. Emprunter le nom d'un personnage pour lui attribuer une œuvre était une manière de la situer dans un courant de pensée ou de la présenter comme la traduction de l'enseignement de ce personnage.

Denys l'Aréopagite, le converti de Paul, est considéré comme le premier évêque d'Athènes. À partir du IXe siècle, les Parisiens l'ont aussi identifié à leur premier évêque, Denis de Paris martyrisé au troisième siècle sous le règne de l'empereur Dèce. Hilduin (775-840), abbé de Saint-Denis popularisa cette idée dans sa Vita.

 

Évangiles de la collégiale Saint-Louis de Metz : accès manuscrit numérisé BnF, Latin 9391

 

Au centre, ivoire représentant une Crucifixion (Constantinople, XIe siècle). Encadrement de plaques d'argent et plaques émaillées, cabochons de cristal de roche (XIIIe-XIVe siècles).

Ce livre provenant de Metz renferme un manuscrit écrit dans cette même ville au XIe siècle. Sa reliure présente une diversité de techniques, de matériaux et d’origines avec la Crucifixion d’ivoire byzantine du XIe siècle, insérée dans un encadrement gothique formé de plaques d’argent et de plaques émaillées serties de cabochons de cristal de roche.



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