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Une foi athée


les pasteurs Gretta Vosper
et Klaas Hendrikse

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Une foi athée, les pasteurs Gretta Vosper et Klaas Hendrikse

 

 

Gilles Castelnau

 


11 mars 2018

Pasteur Gretta Vosper

Elle est pasteur de l’Église Unie du Canada, à Toronto. C’est la dénomination protestante la plus importante au Canada, avec 2 millions d’adhérents.

Un journaliste lui pose la question :
- Quand avez-vous perdu la foi ?
- Jamais. J’ai simplement décidé que j’avais besoin d’autres mots pour en parler.

La commission spéciale de l’Eglise l’accuse ainsi : «  la révérende Vosper ne peut continuer son ministère ordonné car elle ne croit ni en Dieu, ni en Jésus-Christ, ni au Saint-Esprit, elle ne reconnaît pas la primauté de la Bible, refuse de présider les sacrements et n’est plus en accord avec la déclaration doctrinale de l’Eglise Unie du Canada. »
Soutenue par sa paroisse, elle sera néanmoins autorisée à poursuivre son ministère.

.

 

Textes de Gretta Vosper

traductions Gilles Castelnau

Je préfère ne pas utiliser le mot « Dieu » (God) et je dis plutôt le « Bien » (Good) . Ce mot est plus facile à analyser et le débat est plus facile entre les diverses conceptions que l’on peut avoir, que le mot Dieu qui provoque tout de suite des blocages et des tensions.
J’encourage tout le monde à faire de même et à se lancer dans des conversations passionnantes sur ce qu’est le bien dans telle ou telle situation. En faisant cela on peut rendre un important témoignage au Bien-Dieu et accroissant ainsi la force de vie dans notre entourage et en nous.

Je ne parle pas, en général, d’avoir une « relation » avec Dieu. Je pense plutôt au fait que nos relations mutuelles accroissent ou détruisent « Dieu » dans le monde. « Dieu » est la bonté que je répands, le bonheur que je partage, la guérison que j’apporte, la justice que je déclenche. Lorsque fais cela, je crée « Dieu » dans le monde.
La relation ainsi établie n’est pas entre « Dieu » et moi mais entre moi et moi, moi et une autre personne, la planète ou une génération future que je ne connaîtrai jamais.

Les relations qui valorisent la beauté et la dignité humaines sont des relations qui accroissent « Dieu ». Et la « Bonté » le sait, nous avons besoin de ces relations. Lorsque nous nous refusons à donner de l’amour, de l’attention, de la compassion, c’est Dieu que nous nous refusons à créer dans ces relations. Et lorsque nous abaissons quelqu’un sous prétexte qu’il n’est pas comme nous, nous réduisons Dieu dans le monde. ou, en termes profanes, nous réduisons le bien dans le monde.
Vivre la beauté, la bonté et la vérité dans toutes les relations que nous pouvons avoir serait, à mon avis et selon mon expérience, la manière parfaite de promouvoir une relation réelle et vivante avec Dieu.

Les prédicateurs utilisent fréquemment comme des métaphores les mots tels que « résurrection », « salut », « Ascension », « naissance virginale », « Fils unique du Père » ou « Seigneurie du Christ ». Et si on leur demande d'en préciser le sens, ils n'osent pas répondre qu'on ne doit pas les prendre à la lettre. Ils considèrent qu'une métaphore est une sorte de langage codé naturellement utilisé dans les offices religieux et destiné seulement à créer une ambiance de mystère.

Par exemple, seuls ceux qui seront venus à l'église le jour de l'Ascension où nous aurons, bien entendu, expliqué le nouveau sens que nous donnons désormais à ce mot, le comprendront lorsqu'ils l'entendront prononcer à nouveau. Mais les autres en resteront à l'image d'un Jésus navigant dans le ciel entre les nuages et s'imagineront que nous y croyons vraiment. Maintenir une équivoque théologique, comme nous le faisons trop systématiquement, nuit sérieusement à la crédibilité de notre prédication, sauf peut-être aux yeux des fidèles les plus traditionalistes.
Voici des questions que nous pourrions soulever, pour commencer, dans nos groupes de réflexion et dans nos différents conseils.

-  Si nous croyons que le divin, que nous nommons généralement Dieu, est partout et toujours autour de nous et en nous, pourquoi continuons-nous à l'invoquer, à lui demander de nous écouter, de nous répondre et d'intervenir pour nous ? N'y a-t-il pas d'autres manières d'exprimer notre foi en sa présence et en sa disponibilité ?

-  Si nous croyons que nous sommes créés beaux et saints et que le divin demeure en nous, avons-nous besoin d'être purifiés du péché originel par le baptême ? Est-il même nécessaire que nous en soyons sauvés ? Et sinon, pourquoi continuer à en parler ?

-  Si la présence dans le monde du mal et de la souffrance contredit l'idée que Dieu est juste et bon, pourquoi continuer à prier Dieu comme s'il dirigeait toute chose ? Quel nouveau langage devrions-nous trouver et quelle style de prière proposer ?

-  Si nous ne croyons pas que le christianisme a le monopole de la vérité, ne devrions-nous pas éliminer ou modifier les cantiques et les prières qui semblent le prétendre ? Ne devrions-nous pas corriger tout ce qui contredit notre théologie et notre spiritualité ? L'honnêteté et la clarté ne sont-elles pas plus importantes que nos traditions ?

-  Si la Bible a été écrite par des hommes qui rendaient compte de leur expérience de Dieu avec les conceptions et les préjugés de leur époque, pourquoi fonder sur elle toute notre vie cultuelle ? Ne pourrions-nous pas utiliser dans le culte d'autres lectures d'où émanerait également profondeur et sagesse ? Ne pourrions-nous pas prêcher aussi sur ces textes, surtout lorsque la lecture du jour présente un Dieu injuste et une morale obsolète ?

-  Si Jésus, qui est au centre des évangiles et que nous nommons le Seigneur de l'Église, n'est pas le seul Fils de Dieu, pourquoi ses paroles seraient-elles plus importantes que celles d'Emmanuel Kant, du Mahatma Gandhi ou de Martin Luther King ? Qu'a-t-il lui de plus que les autres penseurs de notre monde ? N'est-ce pas prendre une attitude infantile et irresponsable que de lui attribuer la place suprême à la droite du Père ?

-  Si la mort de Jésus sur la croix n'est pas le sacrifice qui sauve, quel est le sens de la sainte cène-eucharistie ? Pourrait-on imaginer d'autres symboles d'où émanerait une force semblable ou doit-on y renoncer ?
[...]
C'est le propre d'une Église institutionnalisée d'accorder une valeur ultime et absolue aux dogmes et aux rites. Il nous faut maintenant y renoncer et nous impliquer de manière plus responsable et plus profonde avec nous-mêmes, avec les autres, avec le monde et avec le divin.

 

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Jim Burklo

pasteur de l’Église presbytérienne de Californie

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Il prolonge les idées de Gretta Vosper
 
• Dieu est tout, sans être quelque chose. Il est tout dans chaque chose.
• Dieu dit « c’est possible ! » quand on hésite
• Dieu ne fait rien mais rien ne se fait sans lui
• Dieu est dans la liberté d’agir et dans la nécessité de s’impliquer.
• Dieu n’existe pas, il est l’existence
• Dieu est renouveau, flux, relation : en lui, avec lui, par lui
• Dieu est amour : il persuade, il ne contraint pas
• Dieu n’a pas de puissance : il est la puissance
• Dieu est la puissance de renouveau présente dans toutes nos relations

 

 

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Sir Lloyd Geering

théologien néo-zélandais

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Dans nos sociétés sécularisées, comme en Nouvelle Zélande, de plus en plus de gens ne disent pas seulement qu'ils sont sans religion mais affirment que toute religion est devenue aussi obsolète que l'idée que la terre est plate et que nous sommes entrés dans une ère non religieuse. 

Étant donné leur conception de la religion, ils ont sans doute raison. Ils pensent en effet à un Dieu personnel, à des prières adressées à des forces surnaturelles, à une vie après la mort etc. 

Peut-il y avoir une forme de religion qui corresponde à la conception actuelle d'une réalité non surnaturelle ? Quand une religion devient-elle superstitieuse ?

La religion n'est jamais indépendante de la culture ; Comme le disait Paul Tillich : « la morale, la culture et la religion s'interpénètrent mutuellement ». La religion et la culture sont tellement interpénétrées qu'on identifie facilement la religion avec les conceptions et les croyances d'une culture ; on ne voit alors plus la spécificité de la religion
On est dans le monde de la superstition lorsqu’on relie à la spiritualité une conception du monde qui a été abandonnée par la pensée moderne. Alors que nous sommes déjà passés d’une culture à une autre, certains conservent l’ancienne vision du monde en affirmant tranquillement que ce n’est pas de la superstition mais la véritable religion. 

 

Pour la défense de Gretta Vosper

Je comprends que Gretta Vosper doit comparaître prochainement devant un comité de son Église pour s’expliquer au sujet de ses croyances. Je ne sais pas ce qu’elle croit mais lorsque je l’ai rencontrée j’ai trouvé en elle une foi chrétienne féconde comme il y en a trop peu, particulièrement en notre temps où les idées évoluent si rapidement. Je lui donne ici mon soutien moral et théologique.

Il est essentiel de faire la différence entre la foi et les croyances. La foi est une attitude de confiance et ne devrait pas être confondue avec l’adhésion en une série de croyances. 

Les croyances évoluent et murissent au cours de la vie. Elles changent bien davantage encore au cours des siècles au point que bien des croyances d’hier sont devenues des superstitions d’aujourd’hui. 

 

 

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Klaas Hendrikse

pasteur de l'Église protestante unie de Zierikzee (près de Rotterdam)

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Article paru dans la presse néerlandaise

traduction du néerlandais par Gilles Castelnau


Dieu est le Créateur : comment pourrait-il « exister » comme un être à côté et en plus des autres êtres ? Par contre on peut parfaitement expérimenter sa Présence. Il est donc question d’une expérience personnelle intérieure. Dieu n’est pas vraiment un super-Être qui tire les ficelles des marionnettes que nous serions, il n’existe que comme une expérience que nous éprouvons, comme une voie intérieur que nous suivons, comme une vie qui nous anime. Ce n’est qu’ainsi que l’idée de « Dieu » peut nous être utile. 

Livre : « Croire en un Dieu qui n’existe pas » (traduit en français. Labor et fides)
La différence marquante entre les deux catégories (croyants – athées) réside dans le fait que l'image que la majorité des croyants ont de Dieu a changé à peu près, alors que chez les athées, cette image est restée telle qu’elle était au moment où ils s’en sont séparés.
Pour l'athée, c'est manifestement tout ou rien. La religion est à ses yeux comme un forfait global qu'il faut accepte dans sa totalité : un croyant se doit de prendre la Bible à la lettre et d'approuver intégralement l'enseignement de l'Eglise.
Si le croyant objecte, non sans précautions, que vraiment, il ne prend pas tout pour argent comptant, et qu'il détermine lui même ce qui lui paraît digne de foi ou non, l'athée réagit et crie au libéralisme religieux.

[...]

Le mot « Dieu » n'est pas ce qui importe. Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom.

« Je suis reconnaissant à Dieu », dit l'un.
« Je suis un homme reconnaissant », dit l'autre.
Est-ce simplement la formulation qui diffère ici ? Qui le dira ? 

[...]

Je ne crois pas en un Dieu créateur du monde tel qu’il est. Je crois en revanche en un Dieu comme force incitant les hommes à construire un monde meilleur.

[...]

- Un athée dira : « J’ai eu la force qu’il fallait pour m’en sortir »,
- un humaniste laïque : « J’ai trouvé la force qui m’a permis de m’en tirer »,
- un quelquechoseiste (qui dit : "il y a quelque chose au-dessus de nous » : « Ça m’a donné la force d’en venir à bout »,
- un croyant : « Dieu m’a donné la force ».
Chacun d’eux dit quelque chose de différent mais l’expérience qu’il tente d’exprimer est-elle différente ?

Lorsque, couché, le soir, je remonte le fil de la journée écoulée, ma pensée me ramène souvent à Exode 33, au récit dans lequel il est donné à Moïse de voir Dieu « par-derrière ». Et, presque toujours, je puis affirmer : « Oui, aujourd'hui c'est bien ce qui s'est passé. » Il n'y a eu aucun moment où j'ai pu dire : « Dieu est ici », mais il était là. Et en me réveillant le matin, je table un peu sur le fait qu'il va en être à nouveau de même pendant la journée. Cela ne se produit pas tous les jours, mais assez souvent pour y compter, pour y croire. Où trouverais-je, sinon, le courage de rentrer « sans bagage » dans un hôpital ou dans une maison mortuaire ? « Va, et j'irai avec toi. »

 

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La théologie américaine du process

 

L’ a-théisme de Gretta Vosper est dans la ligne de la dépersonnalisation de Dieu de Teilhard de Chardin et du Process.
Process : Dieu est Celui qui rend possibles les relations interpersonnelles et les ouvre à un avenir de « joie »

 

 

John Cobb

Los Angeles, Californie

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Dieu est-il une personne ?

traduction Gilles Castelnau

Si l'on conçoit Dieu à l'image d'une créature humaine, la réponse est évidemment non. 
Si l'on pense à une relation que nous pouvons avoir avec Dieu comme un « je » s'adresse à un « tu », on ne peut que répondre oui ; la théologie du Process l'affirme à la suite de toute la tradition biblique depuis Abraham.
Néanmoins ce dialogue d'un « je » s'adressant à un « tu » semble suggérer un Dieu extérieur au monde et à l'humanité et le Process dit que cela ne peut être le cas. Paul Tillich disait que « Dieu n'est pas un être à côté et en plus des autres êtres ». 
Nous dirons qu'effectivement Dieu est un « tu » auquel s'adresse un « je », mais nous préciserons bien qu'il n'est pas extérieur ou face à nous. 
D'ailleurs Paul disait que « nous sommes tous membres les uns des autres » et que « nos corps sont les membres du Christ » ; il disait aussi : « nous sommes en Christ et Christ est en nous ». Le Saint Esprit est lui aussi à l'intérieur de nous.
La pensée du Process en déduit que la Réalité divine constitue notre être et que nous constituons la Réalité divine, comme aussi nous constituons la réalité les uns des autres. Nous sommes concrètement en Dieu et Dieu est concrètement en nous. Dieu est partout ; là où nous sommes, Dieu se trouve. 
Mais Dieu n'est pas une personne, il ne se trouve pas « quelque part ».
Certains trouvent que nous insistons trop sur l'immanence de Dieu, sur sa présence en nous. Elle nous semble cependant importante à souligner.

 


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