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Le dernier entretien avant la croix


Daniel Bourguet

 

 

Édition Olivétan

188 pages - 16 €

 

recension Gilles Catelnau



22 février 2018

Le pasteur Daniel Bourguet vit en ermite dans les Cévennes où il partage son temps entre la méditation biblique, la prière et l’accueil de personnes en demande d’accompagnement spirituel.
Il nous donne ici sa méditation du dernier entretien de Jésus avec ses disciples à la fin de l’Évangile de Jean (13.31-16.33) tel qu’il le partage de vive voix avec ses visiteurs, tel qu’il y entre lui-même dans sa lecture (en grec) du texte évangélique, tel aussi qu’il l’imagine noté en direct par un disciple écoutant Jésus.

Daniel Bourguet n’est pas fondamentaliste. Il ne tient pas à nous montrer un Christ Fils de Dieu dont le sacrifice sanglant nous purifie de nos péchés si nous les lui présentons dans la repentance en attendant son retour en gloire.
Il est au contraire d’une discrétion absolue en ce qui concerne nos attitudes spirituelles.

Il n’est pas non plus libéral. Il ne tient pas à replacer ces textes anciens dans leur contexte historique et critique. Il commente ces paroles comme si Jésus était précisément en train de les prononcer pour nous, dans le cercle des disciples auquel nous appartenons.

Daniel Bourguet est bon théologien, il connaît bien les langues bibliques. Il est aussi un mystique et un homme de prière...

Voici quelques passages.

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page 45

Le Saint-Esprit

Lors de son dernier entretien avec ses disciples, Jésus se met soudain à parler de l'Esprit saint, de manière un peu inattendue. Il en parle une première fois (14.16-17), puis s'arrête presque aussitôt, soudainement. Personne pourtant ne l'a interrompu. Il s'arrête et passe à autre chose, comme s'il avait abordé un sujet intime ; il s'arrête, comme s'il voulait ménager sa pudeur. Mais il y revient tout de même par la suite (14.26), puis y revient encore (15.26) et y revient une nouvelle fois (16.7-15), comme si son cœur était débordant de son amour pour l'Esprit saint. Et chaque fois il s'interrompt avec pudeur. Tout cela, me semble-t-il, parce que, pour Jésus, nous révéler le Saint-Esprit, c'est aussi révéler son profond lien d'amour avec lui, tout aussi profond que son lien d'amour avec son Père ; c'est révéler son intimité profonde dans le mystère de la Trinité. C'est en tout cas comme cela que je perçois les paroles de Jésus sur le Saint-Esprit, comme un débordement d'amour qui le pousse à parler, et une profonde pudeur qui le pousse à se taire. C'est tout cela qui m'émerveille, lorsque je me mets à l'écoute du Christ dans ses propos sur l'Esprit saint dans son ultime entretien.

Ce qui me conforte dans cette manière de comprendre les propos de Jésus sur le Saint-Esprit, c'est de constater que jusque-là, depuis le début de l'évangile de Jean, Jésus n'a pour ainsi dire pas parlé de l'Esprit saint à ses disciples ; la pudeur l'en a retenu. Alors qu'il en a dit quelques mots au seul Nicodème, comme en aparté (3.5-8), Jésus n'en parle qu'une fois en présence des disciples en un seul verset « C'est l'Esprit qui vivifie la chair ne sert de rien » (6.63), puis de manière voilée : « Qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein » (7.38) ; c'est si voilé que Jean doit préciser dans le verset suivant que ces « fleuves d'eau vive » désignent le Saint-Esprit. Et c'est tout ! Jésus ne dit pas plus ! Il savait bien pourtant qu'il lui fallait tout de même parler de l'Esprit saint à ses disciples, car son débordement d'amour était tel qu'il ne pouvait pas être endigué plus longtemps. Et c'est ce qu'il finit par faire, au tout dernier moment, dans son ultime entretien.

Ce qui me conforte encore en ce sens, c'est de constater que dans ce dernier entretien les disciples ont adopté une attitude qui nous montre qu'ils ont senti le débordement d'amour de Jésus ainsi que sa pudeur. Ils l'ont écouté parler du Saint-Esprit sans jamais l'interrompre, sans lui poser la moindre question, pas plus Pierre que Thomas, Philippe ou Jude, qui ont tous pris la parole, mais sur d'autres sujets. les autres disciples se sont tus. Ils nous montrent le bon chemin, la juste attitude à adopter: accueillir avec gratitude ce qui déborde du cœur du Christ, tant il est heureux de nous en parler, et ne pas le questionner, par respect pour sa pudeur.

[...]

Jean 14.16-17

Connaître le Saint-Esprit

« Le monde ne le connaît pas, mais vous, vous le connaissez » (14.17), dit Jésus en parlant de l'Esprit saint. Que signifie ici l'emploi du présent pour ce verbe « connaître » ? « Vous le connaissez » : Jésus n'argumente pas ; sans doute pense-t-il que les disciples comprennent. Mais est-ce bien le cas ? Si aucun d'eux ne pose de question, peut-être est-ce parce que ce présent peut avoir le sens d'un inaccompli hébreu, à la fois au sens présent et futur : « vous, vous le connaissez, et vous ne cesserez pas d'apprendre à le connaître ». Ce futur est celui d'une promesse enracinée dans le présent. Point n'est alors besoin aux disciples de poser de questions ; il s'agit pour eux d'attendre la venue de l'Esprit ; alors ils sauront ce que c'est que de le connaître.

Pour en rester à ce que contient ce texte, je crois pouvoir dire que nous connaissons le Saint Esprit chaque fois que nous reconnaissons son œuvre en nous, chaque fois que nous percevons en nous une consolation si bienfaisante et profonde qu'elle semble dépasser toute consolation humaine ; cette consolation là vient de l'Esprit saint, qui se fait connaître de nous, par son œuvre en nous.

Nous le connaissons, lorsque nous percevons que nos larmes s'effacent de manière mystérieuse, même les larmes intérieures, et que s'installe en nous une paix qui dépasse toute paix humaine ; cette paix-là est l'œuvre ou le fruit de l'Esprit saint, comme le dit l‘apôtre (Gn 5.22).

Nous connaissons le Saint-Esprit, quand, après une injustice, nous percevons que nous sommes consolés par le fait que l'injustice est dénoncée et la justice proclamée, et cela par une intervention qui dépasse toute œuvre humaine. Alors, ce rétablissement de la justice nous console, et cette consolation a ceci de particulier qu'elle nous révèle qu'un avocat est intervenu pour plaider notre cause et obtenir justice. Cet avocat-là n'est autre que le consolateur lui-même, comme le dit si bien le mot paraclétos qui signifie à la fois « consolateur » et « avocat ».

Nous connaissons le Saint-Esprit, quand nous percevons que nous sommes consolés par le fait qu'un mensonge nous concernant est dénoncé et la vérité établie d'une manière qui dépasse toute œuvre humaine. Là encore, l'avocat et le consolateur ne font qu'un, et nous comprenons alors pourquoi Jésus appelle ici l'Esprit, non pas l'Esprit saint, mais l'Esprit de Vérité.

En plus de cela, nous connaissons le Saint-Esprit, chaque fois que nous confessons que Jésus Christ est le Seigneur, car c'est lui qui donne une telle foi, selon ce que nous dit Paul (1 Co 12.3).

Nous connaissons le Saint-Esprit, chaque fois que monte à notre esprit une prière, une strophe de cantique ou un psaume de manière inattendue ; c'est le signe que c'est lui qui prie ou chante en nous.

 


page 130

« Le Père vous aime » (16.27)

« Le Père lui-même vous aime, car vous m’avez aimé et vous avez cru que je suis sorti d'auprès de Dieu ».

Le verbe « aimer », utilisé ici par deux fois, n'est pas agapaô, mais philéô, non pas le verbe magnifique qui dit combien Dieu aime sans rien attendre en retour, gratuitement, mais le verbe qui dit l'amour réciproque et même l'amitié de Dieu, ce qui est vraiment magnifique aussi. Jésus change de verbe, non parce que Dieu serait devenu intéressé, mais simplement parce que Dieu considère les disciples comme ses amis, ayant déjà reçu d'eux les signes de leur amitié.

Cette parole de Jésus est absolument extraordinaire; c'est une révélation surprenante pour les disciples. Jamais, en effet, ils n'avaient pensé être des amis de Dieu. Ils n'en avaient certainement pas la prétention. Peut-être n'ont-ils même jamais dit à Dieu leur amour pour lui ?

[...]

Voilà que ces pauvres galiléens sont soudain élevés au rang de Moïse (Ex 33.11) et Abraham (2 Ch 20.7 ; Es 41.8), les seuls amis de Dieu connus dans l'Ancien Testament. Dieu aurait-il d'autres amis cachés ? Peut-être bien ! Mais Jésus n'en dit rien ; il ne parle que d'eux, ses disciples, et devant personne pour ne pas les mettre mal à l'aise.

Mais qui donc est Jésus pour révéler ainsi le secret de Dieu ? Lorsque Dieu a un ami, il garde cela comme un secret dans son cœur et ne le dit à personne, pas même aux intéressés. Jamais il n'a dit à Moïse pas plus qu'à Abraham qu'ils étaient. ses amis. Pudique Dieu qui n'en a pas parlé. Mais toujours est-il que Moise et Abraham l'ont compris, et n'en ont cependant jamais parlé à personne ; ils ont gardé cela pour eux, sachant qu'ils en étaient bien indignes. Ce sont les autres qui ont dit de Moïse et d’Abraham qu'ils étaient amis de Dieu.

Or, voilà que Jésus fait aux disciples cette révélation : « le Père vous aime », c'est-à-dire il fait de vous ses amis ! Il faut que Jésus soit lui-même très proche de Dieu et même son intime pour parler ainsi. Mystère profond de la divinité du Christ, du Fils et du Père dans leur insondable intimité !

Et qu'est-ce qui a poussé Dieu à faire des disciples ses amis ? Jésus le leur dit : « Parce que vous m'avez aimé (philéô) », c'est-à-dire, parce que vous êtes déjà mes amis. Alors leurs yeux s'éclairent : Jésus vient de leur dire : « vous êtes mes amis » (15.14). Ils viennent tout juste de l'apprendre, mais ils ignoraient les conséquences de cette amitié. Ils ignoraient qu'être ami du Fils pouvait rendre ami du Père !

Quand Jésus leur fait toutes ces révélations, les disciples ne répondent rien ; ils ont de quoi rester muets de surprise, d'étonnement, d'émerveillement. Se peut-il qu'en devenant ami du Christ on devienne ami du Père ? Sans doute, puisque Jésus le dit ! Toujours est-il que pour eux, c'est le cas. Jésus le leur révèle ici.



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