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Semaine de l'unité

Ceux qu'on ne choisit pas

 

 

pasteur Alain Arnoux

 

Article paru dans la Lettre hebdomadaire
de l’Église protestante unie de Bourdeaux, Dieulefit, La Valdaine
janvier 2018

 

13 janvier 2018

        Nous allons entrer dans la Semaine de Prière pour l'Unité des Chrétiens. Je ne peux pas m'empêcher de penser que cette prière pour l'unité des chrétiens était une prière que Dieu adressait depuis longtemps à ceux-ci, et l'est encore, plutôt qu'une prière adressée par les chrétiens à Dieu, comme si c'était lui qui y était réticent. Les chrétiens des diverses Églises qui se rencontrent, écoutent l’Évangile ensemble, prient ensemble, agissent ensemble, en acceptant de ne pas avoir en toutes choses les mêmes manières de penser et de faire, exaucent déjà cette prière. Ils démentent ainsi le slogan selon lequel la « religion » n'est bonne qu'à diviser les humains. Ils donnent ainsi un signe, et même une leçon, à tous ceux qui ne peuvent vivre la politique que dans les affrontements, les sectarismes et les excommunications. Il en est, malheureusement, qui restent encore à côté de cela.


        En fait, l’Église chrétienne est une grande famille. Le propre d'une famille, ce n'est pas forcément de vivre tous ensemble sous le même toit, d'avoir tous les mêmes goûts, de faire tous les mêmes choses de la même façon, d'avoir tous les mêmes opinions. Il arrive même qu'en famille, on se dispute pour ça. Ou pour d'autres choses : parfois des questions d'autorité, des bagarres autour d'un héritage... La grande famille chrétienne a beaucoup connu cela. Non, le propre d'une famille, c'est qu'on ne la choisit pas. On choisit ses amis, ses copains, ses camarades ; cela, c'est bon pour un parti, un club, une bande... ou une secte. Dans la famille chrétienne, on est frères et sœurs, parce qu'on a le même Père, celui dont on a reçu la vie, la lumière, l'espérance... C'est Dieu qui nous donne les uns aux autres comme frères et sœurs. Nous pouvons être très différents, nous sommes frères et sœurs parce que c'est la vie du même Père, l'Esprit du même Père qui est en tous ceux qui prennent Jésus-Christ au sérieux. C'est ainsi, dans une paroisse, dans une communauté religieuse, et entre chrétiens des diverses Églises. Si j'avais eu le choix, il n'est pas sûr que c'est vous que j'aurais choisis (je ne vise personne en particulier). Si vous aviez eu le choix, vous ne m'auriez peut-être pas choisi non plus ! Et là, contrairement aux cadeaux de Noël (selon une coutume récente), on ne peut pas rapporter au magasin et faire un échange.


        Dès lors, reconnaître cela, se reconnaître de la même famille, c'est obéir au commandement d'aimer ses frères et ses sœurs, c'est-à-dire des gens qu'on n'a pas choisis et qui ne vous ont pas choisi-e, mais que Dieu vous a donnés et que le Christ a unis à lui. Refuser de les reconnaître comme frères et sœurs, de les rencontrer, de les découvrir, de partager avec eux, de rencontrer le Père avec eux, s'enfermer dans ses rancunes, dans ses préjugés, c'est refuser d'obéir au commandement de l'amour des frères et des sœurs. C'est refuser de se conduire en enfant de ce Père-là, en frère ou en sœur de Jésus-Christ. Les rencontres entre chrétiens d’Églises différentes ou de la même Église sont une obéissance au commandement de l'amour des frères et des sœurs, et de l'amour du Dieu Père qui les a donnés les uns aux autres. Et en vérité, quand ils sont ensemble, il n'y a plus ni catholiques ni protestants ni orthodoxes, il n'y a que des enfants de Dieu réunis autour du même Père, des frères et des sœurs. Et même quand ils se réunissent séparément, ils savent qu'ils font partie de la même famille, de la même Église au-dessus de toutes les Églises


        Le commandement de l'amour des frères et des sœurs chrétiens est bien sûr apparenté au commandement de l'amour du prochain, qui est plus vaste. Le prochain, c'est la prochaine personne que je vais rencontrer, la prochaine personne qui sonnera à ma porte ou qui m'adressera la parole, la prochaine personne qui aura besoin de moi ou dont j'aurai besoin. Je ne sais pas toujours à l'avance qui ce sera. Connu ou inconnu ? De droite ou de gauche ? Croyant ou athée ? De la même couleur de peau ou d'une autre ? De la même religion ou d'une autre ? Je n'en sais rien. Le prochain, c'est souvent une surprise (pas toujours agréable). Et ce n'est pas forcément quelqu'un qui me ressemble. Et ce prochain, ce n'est pas moi qui le choisis. Tout comme le frère ou la sœur.


        Vivre en enfants de Dieu, en frères et sœurs de Jésus-Christ, être chrétiens, ce n'est pas d'abord une affaire de « religion », de doctrines, de respect de rites, d'interdictions ou d'obligations. C'est une affaire d'amour. D'amour pour un Père qu'on a pas plus choisi que ses parents terrestres, pour des frères et des sœurs qu'on n'a pas plus choisis que ses frères et sœurs terrestres, d'un prochain qu'on ne choisit pas non plus. La Semaine de Prière pour l'Unité des Chrétiens nous remet face à cela, et en cela elle entraîne les chrétiens à s'unir pour aimer ceux qui ne le sont pas

 

 

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