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Parole de Dieu

 

pasteur Serge Soulié

 

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24 novembre 2017

Les chrétiens, pour citer la bible, leur livre de référence, parlent de la « Parole de Dieu ». Cette expression est paradoxale dans la mesure où une parole est orale alors que la bible est un écrit. Elle vise à donner à la bible une autorité particulière en lui assignant un caractère divin. Notons toutefois que de nombreux chrétiens refusent d'utiliser cette expression prétextant que le « dire de Dieu » ne peut se réduire à des textes. Pour eux il n'y a pas de textes sacrés autrement dit d'écrits venant directement de Dieu. Tout texte est une création humaine soumise à l'interprétation des lecteurs. Un texte se lit, une parole s'écoute. La parole n'est pas seulement un langage, une suite de mots et de phrases. Elle est ce que j'entends, ce que je comprends. Elle est au-delà du texte et ne se laisse pas enfermer en lui. Pour le croyant Dieu parle non seulement dans le livre mais aussi dans la nature, dans l’événement, dans la parole des autres. Cette parole est toujours individuelle parce qu'elle sollicite la pensée, la mémoire et l'intelligence de chacun.


C'est ce que l'auteur du quatrième Evangile, l'apôtre Jean, a voulu signifier en écrivant que la Parole a été faite chair. Elle pénètre chacun individuellement. Avec le Christ la parole est presque reçue dans sa totalité, c'est ainsi que beaucoup ont vu en lui un fils de Dieu. La parole crée l'homme Jésus comme la Parole selon le mythe de la Genèse a créé le monde. Jésus prendra soin de dire qu'il n'est pas Dieu en faisant remarquer que seul Dieu est parfait. Tout humain peut recevoir la parole autrement dit tout humain peut recevoir Dieu en lui. Jamais toute la parole, jamais Dieu dans sa totalité. Comment le pourrait-il si Dieu est infini. Il ne peut y avoir qu'un Dieu mais il y a du Dieu en tous. Jésus le Christ est bien la preuve que cette présence de Dieu en soit est possible et que plus elle est forte, plus le monde change, plus il s'approche d'un royaume inconnu mais pressenti parce qu'il correspond à ce dont l'humain aspire au plus profond de lui : un royaume de paix, de liberté et de vérité. Le Royaume n'est pas ailleurs il est déjà là. La résurrection de Jésus peut-être interprétée comme un démenti des affirmations selon lesquelles le royaume n'est possible qu'après la mort, dans un autre monde. Il apparait bien vivant dans ce monde-ci et pour l'époque à ceux qui sont considérés comme les plus faibles et les moins crédibles : les femmes. Aujourd'hui une place autre est heureusement faite aux femmes, mais des faibles, des rejetés, il y en a toujours dans ce monde.

L'apôtre Paul dans ces épitres ne dira pas autre chose lorsqu'il écrit que la mort est vaincue. « O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? ». Il continue disant que l'aiguillon c'est le péché autrement tout ce qui s'oppose à la vie et l'entrave. L'homme peut donc rester sur terre. La résurrection est une invitation à ne pas fuir hors de la terre, au ciel par exemple, pour y trouver ce que l’homme ne trouve pas dans ce monde. Quant à la victoire, elle est donnée par Jésus Christ, autrement dit par la « Parole » de Dieu en nous. La victoire est possible ici même. Quitter ce monde pour la trouver serait une défaite puisque le Christ est venu. La présence de Dieu en tout être est une réalité. Le royaume est possible ici et maintenant parce que la parole est créatrice lorsqu'elle est entendue.

Lors d'une lecture en commun chaque écoutant doit pouvoir entendre la parole qui lui est adressée personnellement. Vouloir faire du texte écrit la Parole de Dieu c'est empêcher l'écoutant d'entendre ce qui lui est adressé, c'est neutraliser sa pensée, renier ce qu'il est, ne pas le reconnaitre comme individu. Et s'il doit y avoir une route commune, cette route n'est pas définie par le texte écrit appliqué à la lettre, elle est définie par les échanges sur ce que chacun a entendu. Ces échanges contribuent à la construction et à la définition de l’Eglise.



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