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Les « vrais » démons…

 

Luc 11.14-23


prédication

pasteur René Lamey 

 

16 novembre 2017

Deux questions pour commencer : qu’est-ce que le bien ? Qu’est-ce que le mal ? Comment discerner ce qui est bien, comment percevoir le mal ?
Rassurez-vous, je ne vais pas faire une dissertation philosophique sur ce vaste sujet, mais pour trouver des éléments de réponse à ces questions, je vous propose d’ouvrir la Bible et de méditer ce texte :


Luc 11.14-23
Un jour, Jésus chassait un démon qui rendait un homme muet. Quand le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et la foule était émerveillée. Cependant quelques-uns parmi les témoins disaient :
- C’est par le pouvoir de Béelzébul, le chef des démons, qu’il chasse les démons.
D’autres, pour lui tendre un piège, lui réclamaient un signe venant du ciel.
Mais, comme il connaissait leurs pensées, il leur dit :
- Un pays déchiré par la guerre civile est dévasté et les maisons s’y écroulent l’une sur l’autre. Vous prétendez que je chasse les démons par le pouvoir de Béelzébul. Dans ce cas, le royaume de Satan serait divisé contre lui-même ; comment son royaume pourrait-il alors subsister ?
D’ailleurs, si moi je chasse les démons par Béelzébul, qui donc donne à vos disciples le pouvoir de les chasser ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.
Mais si c’est par la puissance de Dieu que je chasse les démons, alors, de toute évidence, le royaume de Dieu est venu jusqu’à vous.
Tant qu’un homme fort et bien armé garde sa maison, ses biens sont en sécurité ; mais si un autre, plus fort que lui, l’attaque et parvient à le maîtriser, il lui enlève toutes les armes sur lesquelles le premier comptait, lui prend tous ses biens et les distribue.
Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui ne se joint pas à moi pour rassembler, disperse.

C’est quand même pas croyable ! Jésus fait une bonne action – il rend la parole à un muet – et voilà qu’on l’accuse, qu’on le critique, qu’on sape son autorité par des insinuations on ne peut plus perfides. Et le comble c’est que celui qui aurait dû parler se tait, et ceux qui auraient dû se taire se mettent à dire n’importe quoi.

Ça vous est peut-être déjà arrivé : vous pensiez en toute innocence faire une bonne action et voilà que les gens bien-pensants se retournent contre vous, ils vous accusent de perdre votre temps, de dilapider votre argent, de ne pas être assez clairvoyant, de vous être fait avoir, etc.
Concernant Jésus, l’accusation est mille fois pire : il est soupçonné d’agir au nom de Satan, de chasser les démons par la puissance du diable.

Alors, mes amis, ce matin, je risque de vous décevoir, votre curiosité naturelle ne sera pas satisfaite ; voilà : ce matin, je ne parlerai pas du diable, ni des démons. Plus précisément, je ne vous dirai rien au sujet des démons, du moins pas de la façon dont certaines personnes ou certains groupes en parlent, ou de la manière dont le cinéma nous présentent ces esprits sataniques qui hantent et déchirent le cœur et l’esprit de l’homme. Je n’en dirai rien parce que je ne suis pas sûr que les définitions donnée par ces gens ou par les films soient la bonne ; le monde invisible étant par définition invisible, on peut le remplir par tout et par n’importe quoi. Dans ce domaine, la prudence et le bon sens sont de mise.

Alors bien sûr, le texte nous parle de démons, mais il me semble que la bonne question à se poser est celle-ci : à quels démons l’Évangile de Luc fait-il allusion ? Aux démons hideux et menaçants décrit par les peintres du Moyen Age et popularisés par les films d’horreur, ou d’autres démons, ou plus précisément et plus justement, d’autres forces qui sont tout bonnement – ou plutôt, tout « mauvaisement » – à l’œuvre dans le cœur de chaque homme.

Laissons de côté les images du Moyen Age, laissons de côté les descriptions hautes en couleurs des démons qui bondissent sur les humains, et penchons-nous plutôt sur les forces – parfois malveillantes, c’est vrai – qui sont en chacun de nous.
Oui, il y a certainement des « démons » en nous, ou si vous préférez un mot moins connoté, des « forces » en nous qui nous poussent insidieusement à faire du mal.
Et le texte de ce matin nous présente quelques-uns de ces démons humains, quelques-unes de ces forces qui agissent puissamment dans le cœur de l’homme, et qui sont autant de « démons » (entre guillemets) qui nous « possèdent »...

De quels « vrais » démons, si je puis dire, nous parle le texte ?
Eh bien, il y a, dans ce récit, le « démon »
- de la critique malveillante qui peut casser une personne
- du soupçon malintentionné qui se transforme en rumeur et qui va détruire un homme, une femme, une famille
- de l’accusation médisante et perfide destinée à saper la réputation d’une personne
- de la division qui casse une famille, une communauté, un village, un peuple ; il a des gens qui excellent à semer la zizanie, qui ont un malin plaisir (c’est le cas de le dire !) à diviser le monde, qui sont contents de lever les gens les uns contre les autres, de provoquer la guerre et la ruine en attisant la haine et le mal.
Diable = diabolos = celui qui divise

Critique malveillante, soupçon malintentionné, accusation médisante, plaisir à diviser, voilà autant de démons qui nous sont relativement connus et relativement personnels.

Qui ne s’est jamais trouvé dans un groupe qui déblatère sur un tel, ou sur une telle, et qui n’a pas rajouté son petit venin... ça vient presque tout seul, n’est-ce pas ? Qui n’a jamais ressemblé aux amis de Job qui, loin de lui montrer leur compassion, l’enfoncent encore plus dans son malheur...

On est tous tentés, ici ou là, un jour ou l’autre, à nous laisser happer par ces démons qui s’agitent bien joyeusement dans notre cœur. Et c’est seulement après qu’on se rend compte qu’on n’est pas très intelligents, on se dit qu’on a fait une bêtise, qu’on s’est laissé si facilement prendre au jeu de la calomnie, qu’on a contribué à salir un homme ou une femme qui n’en méritait pas tant, juste pour ce petit plaisir malsain – et dans ce sens, démoniaque – de jeter un peu d’huile sur le feu.

Voilà des démons bien humains, n’est-ce pas ? Voilà ce qui possède l’homme ! Il n’est donc pas nécessaire de descendre dans les enfers pour rencontrer les démons, ils sont bien là, logés dans le cœur de chaque homme, non pas en tant que « entité » ou « possession diabolique », mais en tant que forces qui nous poussent à faire le mal (et c’est certainement ce que la Bible appelle, en son langage, le péché).

Mais, heureusement, le texte biblique de ce matin nous emmène plus loin, il nous présente une belle piste qui pourrait bien, non pas nous délivrer entièrement de ces forces malveillantes (elles font partie de nous), du moins, cette piste pourrait nous apprendre à mâter ces démons, ou nous apprendre à ne plus les écouter, à ne plus nous laisser faire par eux, mais plutôt à les dépasser ou, mieux, à les transformer, à les bonifier.
Cette piste, Jésus nous la donne lui-même. Au verset 20, Jésus nous dit : « Le Royaume de Dieu est venu jusqu’à vous ».

Voilà le chemin à prendre pour celui ou celle qui ne désire plus être le jouet passif de ces forces qui le poussent vers le mal, voilà la direction à prendre, voilà l’ouverture à opérer dans notre cœur : laisser venir le Royaume de Dieu en nous. En d’autres termes, laisser Jésus et son message de tolérance et de compassion toucher notre cœur et remplir notre vie.

Bien sûr, nous serons tentés, bien sûr, nous serons ballotés entre la compassion et la critique, mais à l’image de cet alpiniste balloté par le vent, tenté par le doute et le découragement, et qui pourtant n’abandonne pas la partie parce qu’il regarde vers le but, tout là-haut, portons nos regards vers le Christ, plantons fermement nos piolets dans les valeurs de l’Évangile, et toutes ces petites voix perfides et méchantes, ces petits démons dans notre cœur, se tairont peu à peu et nous serons alors en mesure de parler et d’agir au nom de la justice, de la paix et de l’unité.

Et la prochaine fois que vous serez dans un petit groupe qui déblatère sur telle ou telle personne, vous aurez certainement l’idée géniale – et cette fois-ci, divine – de ne pas entrer dans ce mauvais jeu, mais de dire une parole positive au sujet de cette personne. Vous serez peut-être un peu moins populaire, on vous regardera peut-être un peu de travers, mais vous aurez parlé et agit pour le bien, vous aurez planté une petite et bonne graine du Royaume de Dieu.

Qu’est-ce que le bien ? Qu’est-ce que le mal ? La réponse, peut-être un peu simple, mais éminemment pratique, vous aura été donnée dans ma modeste prédication.

Ne soyons donc plus le jouet des forces malveillantes, mais laissons toute la place au Royaume de Dieu qui viens vers nous en Jésus-Christ !

Amen !

 


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