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L’Ancien Testament commenté


L’Exode

Texte intégral
Nouvelle Bible Segond

 

Thomas Römer

 

Ed. Bayard – Labor et Fides

194 pages, 29,90 €


Recension Gilles Castelnau


.

23 octobre 2017

L’éminent connaisseur de l’Ancien Testament qu’et le professeur Römer propose ici une lecture suivie du livre biblique de l’Exode. Il joint au texte lui-même – dans sa traduction de la Nouvelle version Segond – un commentaire clair et bref qui permet d’en comprendre la signification et l’importance.
Sans s’attarder dans des considérations compliquées, il replace les indications du récit dans leur contexte historique et littéraire sans en faire naturellement une lecture fondamentaliste.
Thomas Römer le présente lui-même en ces termes :

Pour que tous les lecteurs intéressés puissent être informés aussi clairement que possible sur le sens et le contexte historiques et théologiques des différents textes d'un livre biblique sans trop s'épuiser à lire des centaines de pages, le commentaire d'un texte biblique ne devait pas être beaucoup plus long que le texte lui-même.
[...]
Espérons que ce commentaire, qui se veut simple mais pas simpliste, aide à mieux saisir et découvrir la richesse d'un livre qui n'a pas seulement marqué les grandes religions monothéistes, mais aussi les philosophes, les artistes et dont certains textes sont devenus des classiques qui, selon la perspective du lecteur, dérangent ou fascinent.

Ce volume est cartonné et entend faire partie d’un ensemble de tous les livres de l’Ancien Testament. Il aidera ceux qui auront la patience de lire à la suite sans se décourager tout le livre de l’Exode ainsi que ses commentaires explicatifs.

En voici des passages :


page 18

Ex 1,1-14

Il n'apparaît pas clairement à quels ennemis le texte fait référence ici. Peut-être fait-il allusion à ce moment où, dans la première moitié du IIe millénaire, l'Égypte avait été soumise à une dynastie étrangère d'origine sémitique, à savoir les Hyksos.
Il est toutefois plus vraisemblable que le texte reflète l'antagonisme entre l'Égypte et l'Assyrie ou encore Babylone, voire la Perse, antagonisme dont les effets étaient certainement perceptibles à Jérusalem au moment de sa rédaction [au VIe ou Ve siècle] : plusieurs livres prophétiques attestent que les rois judéens tendaient à devenir les alliés ou les vassaux des Assyriens. Les Assyriens et les Babyloniens étaient également connus pour imposer de lourds tributs à leurs vassaux et parce qu'ils les utilisaient pour travailler à des constructions de grande envergure. Ainsi la description de l'asservissement en Égypte est certainement le reflet d'expériences concrètes faites avec l'Empire assyrien, égyptien ou babylonien.
[...]
Le travail imposé aux Israélites est décrit ici à l'aide d'expressions qui font penser aux formes d'esclavage pratiquées en Assyrie.

 


page 21

Ex 2, 1-10

[...] Le motif de l’abandon d’enfants, qui sont sauvés miraculeusement et ensuite adoptés, est attesté dans nombre de légendes et récit (Œdipe, Romulus), et cela jusqu'à aujourd'hui (Superman].
Le texte biblique trouve son plus proche parallèle dans la légende de la naissance de Sargon, le fondateur de l'Empire assyrien qui doit avoir vécu vers le milieu du IIIe millénaire. Ce récit, qui date probablement du VIIe siècle, présente d'étonnantes similitudes avec celui de la naissance de Moïse : dans les deux cas, la mère agit seule ; Sargon, comme Moïse, est placé dans une corbeille qui est elle-même déposée sur l'eau d'un fleuve avant d'en être retirée. Tous les deux sont adoptés et accèdent ainsi à une position très élevée : alors qu'une déesse se prend d'affection pour Sargon et fait de lui un roi, Moïse est adopté par la fille du pharaon et intègre, lui aussi, une cour royale.
L'auteur du récit biblique connaissait manifestement la légende assyrienne et voulait certainement faire de Moïse un personnage aussi important que Sargon. La légende de la naissance de Moïse revêt ainsi une tonalité subversive : le sauveur d'Israël n'a rien à envier au plus grand des souverains assyriens.

 


page 111

Ex 21, 12-17

Dans ces v. 12-17, on a affaire à une série de lois qui sont rattachées les unes aux autres par la formule : sera mis à mort. Elles traitent de la punition appliquée en cas de meurtre et d'homicide ainsi que de la protection de la vie humaine. En cas d'homicide involontaire, son auteur, qui est menacé par une vengeance de sang, peut chercher refuge dans un lieu qui lui garantira l'asile [v. 13]. Mais s'il s'agit d'un meurtre commis avec préméditation, alors cette dernière possibilité n'existe plus [v. 14]. Il est question ensuite de ce qui passe lorsque quelqu'un frappe ses propres parents [« frapper » peut désigner ici aussi bien le fait de tuer que de blesser] : la peine de mort viendra impérativement sanctionner un tel geste [v. 15] ; un rédacteur ultérieur a élargi le champ d'application de la peine de mort à celui qui outrage ou qui maudit ses propres parents [v. 17].
Dans le Proche-Orient ancien, une malédiction n'était pas simplement considérée comme un acte de langage ; en effet la malédiction était dotée d'un pouvoir concret de nuisance. La mort est aussi prévue pour les cas d'enlèvement d'êtres humains [v. 16].
Il serait faux de comprendre aujourd'hui ces textes comme un plaidoyer en faveur de la peine de mort, car alors il faudrait aussi s'engager en faveur du rétablissement de l'esclavage !

 

 

page 155

Ex 32, 1-35

Le récit du Veau d'Or, avec celui du passage de la mer des Joncs, fait partie des histoires les plus connues du livre de l'Exode. Il n'est pas question ici d'un culte idolâtre, dans le sens qu'Israël aurait adoré un autre dieu, mais dans le sens de représenter celui qui est son Dieu sous la forme d'une image : c'est en cela que consiste « le péché originel » d'Israël, par lequel le peuple perd sa proximité avec Dieu, telle qu'elle était décrite en Ex 24.
Le texte présuppose la chute du Royaume d'Israël, qui fut incorporé en 722 av. l'ère chrétienne à l'Empire assyrien, et au sein duquel, dans les sanctuaires de Beth-El et de Dan, le Dieu d'Israël fut adoré sous la forme d'un taureau.
Une lecture attentive permet de découvrir rapidement que ce récit n'est pas l'œuvre d'un seul auteur mais qu'il a connu de nombreux remaniements jusqu'à sa forme finale.
[...]

L'expression au pluriel, Voici tes dieux, Israël, ceux qui t'ont fait monter d'Égypte ! [v. 4 ; voir aussi v. 1.8] a quelque chose de surprenant dans le contexte de ce récit : il s'agit d'une citation de 1 R 12,28 qui rapporte comment le roi Jéroboam consacre deux veaux d'or représentant YHWH. Le pluriel « tes dieux » est l'œuvre d'un rédacteur qui a transformé « ton dieu » en pluriel afin d'accuser Israël, non seulement d'idolâtrie, mais aussi de « polythéisme ».

 


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