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Quand nos blessures
diffusent la lumière

 

 

Joël Pralong

 

 

Ed. Cabédita

96 pages, 14,50 €


Recension Gilles Castelnau


.

5 octobre 2017

Le Père Joël Pralong nous dit dès les premières lignes de son livre qu’il était surnommé Jojo la Provoc car il avait été un enfant « impulsif, turbulent et hyperactif... tourmenté et angoissé. » Il a trouvé un équilibre dans une communion émotionnelle avec Dieu et transmet cette paix et cette lumière intérieures à ceux que la vie éprouve comme cela a été son cas.

Il se considère comme un prêtre atypique et il l’est sans doute d’une certaine manière, mais si l’Église catholique – et d’ailleurs les autres Églises pareillement – rayonne de foi, d’espérence ert d’amour, c’est sans aucun doute à cause de tous ceux qui, comme lui, vivent du dynamisme créateur de l’Esprit divin.

Il est toujours parfaitement attaché aux traditions et aux rites, aux autorités et aux règlements de l’Église catholique, ce qui ne l’empêche pas d’être ouvert et accueillant auprès des divorcés remariés et des homosexuels.

Le Père Joël Pralong est véritablement un homme du Dieu de l’Évangile.

Voici des passages de son livre.

 



Ces petits que Dieu aime

page 6
Fin de l'année 2016. Me voici en Belgique pour animer une retraite « jeunes », entre 13 et 18 ans. À peine arrivé, la communauté qui m'a invité me prévient : « Parmi ces jeunes, vous avez toute une liste de cas sociaux, des ados placés en institution qui ont parfois subi la maltraitance et tout le reste... Vous verrez, vous vous adapterez ! » Ben, merci beaucoup de me prévenir en arrivant... Je croise le premier venu, 15 ans, sac de couchage en bandoulière, traînant ses baskets, le regard vissé sur le sol :
- Eh, salut toi, ça va la vie ?
- Je la hais !
Bon, ben, va falloir faire avec. Plus tard je revois le p'tit gars assis au fond de la chapelle, tout seul. À peine passé le seuil, il me vole dans les bras. Une animatrice vient décoller la ventouse affective :
- Vous savez, il vous a adopté parce que vous lui avez parlé Il suffit de peu de chose pour les faire exister.


page 9

« Veux-tu honorer le corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Car celui qui a dit : Ceci est mon corps, est le même qui a dit : Vous m'avez vu affamé et vous ne m'avez pas nourri. Quelle utilité à ce que la table du Christ soit chargée de coupes d'or, quand il meurt de faim? Rassasie d'abord l'affamé et orne ensuite sa table... tu honores l'autel qui reçoit le Corps du Christ. Cet autel-là, partout il t'est possible de le contempler, dans les rues et sur les places; et à toute heure tu peux y célébrer ta liturgie. »

À ce sujet, je reviens en Belgique pour vous parler d'un prêtre étonnant, celui qui accompagnait ces jeunes ados. En arrivant dans la chapelle, je le cherche au milieu de cet essaim légèrement bourdonnant. « Avez-vous vu l'abbé Danny-Pierre ? » En arrivant au milieu de la nef, j'aperçois un peu plus loin un semblant d'ado retardé à la chevelure épaisse, revêtu d'une sorte de djellaba marocaine, pieds nus à côté de ses sandales, grattant sur sa guitare comme un malade. Mais de là à y deviner un prêtre, non, y a de la marge ! ... « Hello, salut Joël, dit-il en se retournant, je m'appelle Danny-Pierre ! » Ben ça alors, c'est lui, cet ado de 42 ans, et qui plus est, prêtre !... En l'observant au fil des jours, je suis saisi d'une sainte jalousie, pour deux raisons. La première, « il fait encore plus ado » que moi !

 

 

Entre curé de campagne et supérieur de séminaire

 

page 15
Aujourd'hui j'ai du plaisir à témoigner de la joie d'être prêtre, autant sur des plateaux de radio qu'à travers livres et conférences, et à appeler des jeunes à suivre le Christ. Dans les milieux étrangers à l'Église on me pose souvent la question : « Mais qu'est-ce qui pousse un jeune aujourd'hui à entrer au séminaire alors que toute la société prêche le contraire ? » Je réponds avec un malin plaisir, juste pour provoquer : « Un grain de folie ! » Oui, il faut être complètement fou pour choisir cette voie qui va à contre-courant des idées diffusées. Mais le monde n'a-t-il pas besoin de fous, de poètes, de musiciens, d'artistes, de mystiques et ermites de tout poil, pour nous faire rêver à autre chose et désirer un autre monde, qui en réalité nous habite tous ? Le monde serait bien trop triste sans eux, il tomberait dans le désespoir.

 

 

Être miséricordieux envers soi-même

 

page 22
Mais voici qu'au bon moment un ami prêtre me tire par la manche : « Viens faire une retraite sacerdotale avec moi à Lyon, dans l'esprit du Renouveau charismatique ! » Après un temps d'hésitation, je me dis que ce genre d'exercice ne peut pas me faire de mal. « D'accord, allons-y ! »
La chapelle est pleine de prêtres de tous âges et de tous calibres, je m'en amuse. Un petit prêtre quelque peu rondelet, le cheveu hirsute, prêche et s'agite, avec un enthousiasme contagieux, d'une simplicité déconcertante, dans un langage tiré du terroir, tissé d'humour et de bons mots. Ce Père Jacques Marin me touche, portrait craché du prêtre que je rêve d'être ! Toujours du rêve, de l'idéal... « Si nous sommes là, lance-t-il. c'est pour reprendre souffle et nous regonfler du bonheur de Dieu, parfois épuisé en nous ! » Puis, dans un élan de prière, il jette à la volée des paroles prophétiques, typiques d'une assemblée charismatique. Une parole fait mouche en moi : « Un jeune prêtre parmi nous est sur le point de tout plaquer... Le Seigneur le rejoint, il le veut tout à Lui. »

[...]

À peine l'ostensoir déposé au milieu d'un buisson de lumière, mon cœur se met à battre de joie, sans raison : suis-je en train de perdre le contrôle ? Quelque chose me soulève de l'intérieur, vers l'ostensoir, comme si l'on avait vissé une couronne d'aimants autour de l'hostie. Entre l'ostensoir et mon regard, la distance a disparu. Je reste scotché à l'hostie. Un feu brûle au creux de l'estomac et irradie sa chaleur dans toute ma poitrine. La puissance d'un amour, jamais ressenti jusque-là, m'étreint. C'est plus fort que moi : je pleure. Au milieu de cette assemblée d'adorateurs silencieux, je suis seul. frôlant les frontières d'un autre monde, un monde d'amour pur. L'étau se desserre autour de mon cœur. C'est comme si quelqu'un me prenait dans ses bras et me soufflait : « Laisse-toi aimer, laisse-toi aimer, ne résiste plus ! »

 

 

Entre doctrine et pastorale, entre loi et amour

 

page 43
personnellement, j'accompagne des personnes en situation irrégulière dans l'Église, divorcées, divorcées remariées, homosexuelles vivant en couple, qui souffrent de l'exclusion et de la solitude. Je les rejoins sur leur chemin de vie, je m'intéresse à leur histoire personnelle,je les écoute.je cherche avec elles la volonté de Dieu [...]

Le pape François nous en donne un bel exemple dans l'histoire d'une personne vivant en situation dite irrégulière : « Je pense à cette femme qui avait subi l'échec de son mariage durant leguel elle avait avorté : elle s'est ensuite remariée et elle vit à présent sereine avec cinq enfants. L'avortement lui pèse énormément et elle est sincèrement repentie. Elle aimerait aller plus loin dans la vie chrétienne [...] le prêtre peut, en l'occurrence et de sa propre initiative exercer le pouvoir des clefs pour décharger cette pauvre femme de son lourd fardeau. »

 

 

La blessure de l’homosexualité

 

page 54

La Bible ne condamne-t-elle pas l'homosexualité ?

Il me plaît ici d'ouvrir une petite parenthèse pour vous raconter une anecdote non dénuée d'humour. Je me trouvais un jour sur un plateau de radio chrétienne pour débattre du thème de l'homosexualité. Une journaliste me cita tout de go un passage du livre du Lévitique 18,22-23 : « Vous ne pouvez pas contourner ce que dit la Bible qui parle d'actes sexuels entre deux hommes comme d'une perversion, d'une abomination ! Le texte en conclut que ces deux personnages méritent tout simplement la mort ! » Ma réponse fusa comme l'éclair : « Vous êtes certainement une grande sainte puisque vous avez deux bras, deux pieds et deux yeux... car la Bible dit aussi que "si ton œil, ton bras ou ton pied t'entraîne au péché, alors arrache-le, coupe-le !" » (Mc 9, 43-48)

 

 

Nous avons tous nos fêlures… lumineuses

 

page 88
Au final, demeure un mystère. Le drame c'est de vouloir dicter à Dieu avec obstination la marche à suivre. Cette dictature prend la place de Dieu, elle décide ce qui doit être fait, ce qui doit arriver absolument ou ce qui n'aurait pas dû arriver. La Parole vient apaiser des cœurs tourmentés : « Ne cherche pas à comprendre, sois qui tu es, aime-toi tel que tu es comme moi je t'aime, remets-toi humblement entre mes mains, je te façonnerai, je reprendrai ton argile, je veux faire de toi une œuvre magnifique. »

C'est ainsi que nos fêlures deviennent lumière !



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