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Être extérieur, être intérieur

 

 

pasteur Alain Arnoux

 

Article paru dans « Ensemble témoignons »
bulletin de l’Église protestante unie de Bourdeaux, Dieulefit, La Valdaine
septembre 2017

 

16 septembre 2017

Quand je rédige ces messages hebdomadaires, je pense souvent à ceux d'entre vous et à d'autres, qui sont prisonniers de leur corps à des degrés divers. À celles et ceux qui sont nés handicapés ou qui le sont devenus par accident ou par maladie invalidante ; à celles et ceux qui souffrent d'une maladie grave ; à celles et ceux qui ont mal jour et nuit ; à celles et ceux qui sont obligés de réduire leur activité par la faiblesse, par l'âge, par les douleurs ; à celles et ceux qui en viennent parfois à haïr leur corps et même la vie, parce que la souffrance est toujours là, obsédante. D'ailleurs, même quand elles sont passagères, la douleur et la souffrance deviennent obsédantes. À plus forte raison quand elles sont permanentes. À plus forte raison quand on sait qu'elles nous accompagneront jusqu'au dernier jour. Et je pense au courage qu'il faut, à la grandeur qu'il y a, à affronter avec cela chaque nouvelle journée, à ne pas se laisser aller, à rencontrer les autres, à les accueillir, à se forcer parfois pour ne pas alourdir leur vie. Et puis, même quand c'est sans problème majeur, pour tous il y a le vieillissement avec tous ses renoncements, et la perspective de la mort inévitable.

L'être humain est incroyablement courageux (et les plus courageux, ce sont ceux qui épuisent leurs forces contre la souffrance physique et la souffrance intérieure qui l'accompagne ; les endeuillés et les dépressifs aussi, qui se battent contre eux-mêmes pour ne pas se « laisser aller », comme on les y exhorte souvent). L'être humain fait face. Autant par respect de soi que pour offrir une face aussi sereine et souriante que possible aux autres, par égard pour eux. Combien de fois on entend : « Il y a plus malheureux que moi ! » ou « Il ne faut pas trop s'écouter ! » Certes ! Mais quand on se retrouve seul avec sa souffrance, sa maladie, sa douleur, son invalidité, sans personne pour regarder ? On a le droit, parfois ou souvent, de se trouver soi-même infiniment misérable, infiniment malheureux, infiniment pitoyable. Nous ne sommes pas en béton armé, et même le béton armé s'effrite. Et les énergies, les forces, les ressources que nous trouvons en nous ne sont pas inépuisables.

Ce qui m'a amené à parler de cela, c'est la lecture cette semaine d'une parole de l'apôtre Paul : « Même si notre extérieur se détruit peu à peu, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour » (2 Corinthiens 4,16). Paul parle ici de sa propre expérience ; c'est ce qui l'autorise à partager cela, soit pour que d'autres puissent faire la même expérience que lui, soit pour leur expliquer ce qu'ils sont en train de vivre. « L'être extérieur », c'est le corps bien sûr, mais pas seulement : c'est la liberté de mouvement (Paul a été souvent emprisonné), ce sont les capacités physiques et intellectuelles (Paul vieillit, il est en mauvaise santé, il est fatigué), ce sont les relations (Paul a perdu beaucoup d'amis, de toutes sortes de manières). Et bien d'autres choses, voire même le monde. « L'être intérieur », ce n'est pas seulement l'intelligence, les énergies naturelles, ce que nous trouvons en nous par nature. En fait, quand Paul parle d'être intérieur, il veut parler de tout ce qui est transformé par la présence du Christ dans notre vie, si nous l'avons laissé entrer. Il veut parler de cette présence du Christ elle-même.

Paul nous parle d'une résurrection qui a commencé en nous quand nous avons accueilli le Christ et que nous lui avons donné les clés de toutes les pièces, pour qu'il y fasse le ménage, pour qu'il rénove tout (ce qui prend du temps). Et pour lui, ce qui a commencé là s'achèvera au grand Jour de la résurrection de tout notre être : âme, esprit, corps... Le processus est enclenché, rien ne peut l'arrêter. Il continue même si notre corps nous lâche complètement, même si notre intelligence s'éteint complètement, même si nous devenons incapables de prier et de communiquer avec qui que ce soit. Non seulement ce que la présence du Christ dans nos vies a commencé est indestructible, mais cela se poursuit même à notre insu. Quand « tout f... le camp », cela reste et cela continue. Le Christ est là, en nous, tenace, et son Souffle en nous, son Esprit, continue de travailler à notre résurrection. Quand parfois nous avons l'impression d'avoir tout perdu, même la foi, même Dieu, nous le retrouvons là, fidèle au poste, et il a travaillé.

Paul n'énonce pas là une doctrine théologique invérifiable. Je le répète : c'est son expérience. Il essaie de la partager. Pour que nous comprenions ce qui se passe en nous aussi, si nous vivons avec le Christ. Pour que nous la fassions aussi, en accueillant le Christ. Pour moi, c'est une des racines du chêne vert, dont je parlais dans un précédent message ; c'est même une des principales, voire la principale. J'ai appris depuis que les chênes verts calcinés par les incendies, comme il y en a eu cet été dans le Midi, repartent par la racine, ressuscitent en quelque sorte, quand tout semble détruit... « Même si notre extérieur se détruit peu à peu, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour ».

 

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