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Ne vous conformez pas

au monde présent

 

Esaïe 42 / 1-8
Matthieu 5 / 43-48

 

 

Prédication


 

pasteur Alain Arnoux

 

 

6 septembre 2017

Romains 12 / 1-2
Frères, puisque Dieu a ainsi manifesté sa bonté pour nous, je vous exhorte à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, réservé à Dieu et qui lui est agréable. C'est là le véritable culte que vous lui devez.
Ne vous conformez pas au monde présent, mais laissez Dieu vous transformer et vous donner une intelligence nouvelle. Vous pourrez alors discerner ce que Dieu veut : ce qui est bien, ce qui lui est agréable et ce qui est parfait.

Ne vous conformez pas au monde présent...
Comment dire cela autrement ? Cela veut-il dire : "Singularisez-vous ? Ne suivez pas les modes ? Ne bêlez pas avec les moutons ? Ne hurlez pas avec les loups ? Gardez un esprit critique ? Résistez ? Vivez autrement ? Ne cherchez pas à plaire ? Soyez libres ?" Sans doute tout cela en même temps. Mais cela fait prendre des risques, et de toutes sortes. Les exemples ne manquent pas. Imaginons par exemple le sort en 1914 de quelqu'un qui ne refusait pas de faire son devoir, comme on dit, mais qui refusait de se laisser envahir par la haine de l'Allemand véhiculée par la propagande officielle, hurlée par les foules et braillée dans des chansons patriotiques. Imaginons par exemple le sort du citoyen allemand qui refusait de se laisser envahir par la haine raciste et nationaliste des nazis, et qui refusait que ses enfants le soient. Imaginons par exemple le sort du citoyen d'un pays communiste qui voulait vivre sa foi chrétienne au grand jour et refusait que ses enfants soient embrigadés dans les organisations de jeunesse du Parti. Ou imaginons ce qui pouvait arriver à quelqu'un qui se serait avisé de protester en voyant la foule tondre une femme à la Libération... Je vous laisse continuer et penser à des situations d'aujourd'hui. Mais il y a d'autres dangers, des dangers spirituels.

Ne vous conformez pas au monde présent...
Cela peut être une attitude complètement négative. Cela se traduit souvent, dans tous les milieux de la société actuelle, par "Tous des abrutis, sauf moi" ou par "Tous des pourris". Il est de bon ton aujourd'hui, dans les milieux plus ou moins cultivés, qui se veulent non-conformistes et qui pensent être une élite, de tout critiquer, de tout tourner en dérision, de tout regarder de haut. C'est le mépris à l'égard des modes, des apparences, des goûts artistiques, des loisirs ou des habitudes du peuple, et cela traduit un mépris social, un mépris de classe. Cet espèce de ricanement permanent, cet orgueil intellectuel ou spirituel, ce regard hautain et méprisant sur l'autre et sur le monde, c'est un conformisme, un conformisme qui se croit non-conformiste, car il n'y a rien de plus conformiste à l'esprit du monde que de se sentir supérieur et d'afficher sa supériorité. De plus c'est un conformisme qui tire profit de ce qu'il dénigre. Et c'est une violence intérieure. Or il nous arrive, à nous chrétiens, de parler de la même manière du monde et de nos contemporains qui ne partagent pas nos priorités, et de le faire au nom de cette exhortation de Paul : "Ne vous conformez pas au monde présent..." On peut ainsi se sentir en dissidence permanente par rapport à la société, par rapport aux contemporains, et juger que l'on a rien en commun avec eux. On peut se constituer en contre-société, et en contre-société fermée sur elle-même, sur son désir de pureté, sur son sentiment de supériorité. Les Amish sont un peu cela, tout comme les musulmans les plus visibles. C'est ce que Luther reprochait au monachisme ; c'est pourquoi il y voyait une infidélité à l’Évangile

Je pense que ce n'était pas ce que voulait Paul. Derrière cette exhortation de Paul : Ne vous conformez pas au monde présent..., j'entends les paroles de Jésus : "On vous a dit... mais moi je vous dis..." En tout cela, il s'agit de vivre des relations différentes avec les autres et avec Dieu. Il ne s'agit pas de fuir le monde, ou de le maudire, mais de montrer qu'on peut y vivre différemment et qu'il peut être différent. Bien sûr, dans ce "Ne vous conformez pas au monde présent..." de Paul, je pense qu'il faut bien entendre une exhortation à rompre avec la violence, la soif de paraître et la dépravation de la société païenne de son temps et du nôtre, mais pas seulement. Il s'agit de rompre avec la violence et le désir de domination, de gloire et de possession, et avec le sentiment de supériorité qui sont au fond de notre nature, y compris dans le domaine spirituel, y compris dans la vie des Églises, y compris dans notre témoignage. Paul, dans ce "Ne vous conformez pas au monde présent...", pensait aussi qu'il fallait rompre avec la conception juive de la pureté, qui faisait penser que le reste de l'humanité était rejeté par Dieu, et qui empêchait toute convivialité avec les autres : pas de contact physique, pas de repas en commun, une nourriture différente, des vêtements différents, une sourde hostilité qui recevait en retour de la haine. Cette singularisation, cette obsession de la pureté était en fait un conformisme à l'esprit du monde : cela ne changeait rien, cela construisait de nouveaux murs dans un monde plein de murs. Le non-conformisme de Paul, c'était d'affirmer qu'aux yeux de Dieu la valeur d'un être humain n'avait rien à voir avec son origine ethnique, sa classe sociale, son sexe ou ses performances, mais juste avec le fait d'être un être humain, dont le Christ était devenu le semblable. Et Jésus était venu vivre jusqu'au bout un amour de Dieu, qui détruit les murs élevés par les hommes pour y enfermer Dieu et pour s'y enfermer les uns les autres. "Ne vous conformez pas au monde présent...", c'est donc une parole positive, une parole d'ouverture.

Ne vous conformez pas au monde présent... Il ne s'agit donc pas d'abord ou pas seulement de morale, de commandements ou d'interdictions, encore moins de traditions, de manière de manger ou de se vêtir. Il ne s'agit pas de se protéger d'un monde impur, de se réfugier dans une communauté fermée comme dans l'arche de Noé. Il s'agit d'être logiques - plus : il s'agit d'être en communion - avec ce Dieu qui refuse d'être un dieu conforme aux désirs, aux sentiments et aux préjugés des hommes même religieux ; il s'agit d'être en communion avec ce Dieu qui s'expose pour offrir aux humains un renouvellement de leur mentalité, de leur comportement, de leurs relations. Ce non-conformisme, ce n'est pas un refus, c'est une offre. Une offre de guérison, de délivrance, de salut, de vie. "Ne vous conformez pas au monde présent...", c'est une exhortation à protester, ce qui ne veut pas dire d'abord contester, mais "témoigner pour". Témoigner pour Dieu au monde qu'il est possible de vivre autrement, dans tous les domaines et à tous les niveaux, en communion avec Jésus-Christ.

 

 

 

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