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Que disent les gens

au sujet du Fils de l'homme ?

 

Esaïe 9 / 1-6
I Jean 4 / 7-16a
Matthieu 16 / 13-20

 

Prédication


 

pasteur Alain Arnoux

 

 

6 septembre 2017

Matthieu 16 / 13-20
Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples :
-  Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l'homme ?
Ils répondirent :
-  Les uns disent que tu es Jean-Baptiste ; les autres, Elie ; les autres, Jérémie, ou l'un des prophètes.
-  Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ?
Simon Pierre répondit :
-  Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.
Jésus, reprenant la parole, lui dit :
-  Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.
Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ.

Quand Jésus a posé cette question à ses disciples, il a voulu simplement leur demander : "Que dit-on de moi ?" Mais ce n'était pas par narcissisme. Son but était de poser ensuite une question directe à ses disciples : "Et vous, qui dites-vous que je suis ?" Parce que Jésus ne se contentait pas et ne se contentera jamais de réponses toutes faites. Il a exigé de ses disciples une réponse personnelle. Et il exige de nous et de tous ceux qui entendent son message une réponse personnelle, et non la répétition de l'opinion de quelqu'un d'autre, ou la récitation d'une réponse de catéchisme. Il attend une réponse mûrie dans la tête et dans le cœur de chacun de nous. À nous aussi il demande : "Et vous, qui dites-vous que je suis ?"

Même si l'essentiel pour Jésus n'était pas de savoir ce qu'on disait dans le grand public, il est intéressant de réfléchir un peu aux idées que l'on se faisait de lui dans le peuple juif de son temps. "Certains disent que tu es Jean-Baptiste, d'autres que tu es Élie, et d'autres encore que tu es Jérémie ou un autre prophète." Les disciples auraient pu ajouter : "Les pharisiens pensent en général que tu es un imposteur et un faux prophète. Les prêtres pensent en général que tu es un fondateur de secte. Et les partisans d'Hérode pensent en général que tu es un agitateur politique." Parce qu'on disait cela aussi. Mais retenons qu'en général on pensait plutôt du bien de Jésus dans son peuple, à ce moment-là de sa vie : être pris pour la réincarnation d'un prophète, c'est plutôt positif !

Aujourd'hui aussi, on rencontre peu de gens qui disent du mal de Jésus. Les Églises sont méprisées, elles laissent souvent les gens indifférents, mais ce n'est pas le cas de l'homme Jésus de Nazareth, même deux mille ans après. Quand on demande : "Que pensez-vous de Jésus ?", rares sont les gens qui disent : "C'est une question sans intérêt". La grosse majorité des gens répondent : "C'était un homme comme il en faudrait beaucoup. Il a fait beaucoup de bien et il a dit de belles choses. C'était un modèle moral. C'était un pur. C'était un sage. Il voulait la justice et c'est pourquoi on l'a tué..."

Mais les réponses du grand public d'aujourd'hui rejoignent les réponses du grand public juif qui voyait vivre Jésus et qui cherchait à comprendre. Ces solutions "grand public" reviennent d'abord à dire : "C'est un type bien parmi d'autres, un prophète parmi d'autres, un sage parmi d'autres, une victime des puissants parmi d'autres, comme Gandhi ou Martin Luther King". Ces réponses sont pleines de respect, mais en général elles évacuent des pans entiers de l’Évangile, elles considèrent comme des légendes et des fables les paroles et les actes de Jésus qui le rendent différent des autres avec qui on le classe.

Ensuite, les réponses des contemporains de Jésus et celles du grand public d'aujourd'hui rejettent Jésus dans le passé. Ce sont des solutions du passé. Jésus, c'est du déjà vu, c'est une répétition, c'est comme un bégaiement de Dieu : un prophète comme ceux d'autrefois, Élie, Jérémie ou Jean-Baptiste. Ces contemporains de Jésus, à la différence de nos contemporains, étaient tous des croyants... comme nous ici. Et le problème avec les croyants, c'est qu'ils ont de la peine à penser et à accepter que Dieu puisse avoir la liberté d'intervenir autrement qu'autrefois. Les croyants n'aiment pas beaucoup que Dieu les surprenne et les étonne. Les croyants ont beaucoup de peine à croire que Dieu est libre. Les croyants n'admettent pas facilement que Dieu parle avec d'autres mots que ceux d'autrefois. Ils n'admettent pas facilement qu'une interprétation des Écritures ou un message nouveau corrige des idées reçues. Et ce sont bien des croyants qui ont condamné Jésus à mort, parce qu'ils n'acceptaient pas qu'avec lui Dieu se présente sans répéter le passé, avec un message qui remettait en cause des traditions et des doctrines que l'on considérait comme sacrées et intouchables.

Alors réfléchissons simplement au fait que nous, les chrétiens, quand nous répétons au sujet de Jésus la réponse de Pierre ou d'autres mots tirés du Nouveau Testament ou des doctrines traditionnelles des Églises chrétiennes, nous risquons d'une part de nous dispenser d'une vraie réponse, d'une réponse personnelle, et d'autre part nous risquons de figer Jésus dans le passé, en utilisant des mots usés à force d'avoir été répétés, des mots qui ne nous engagent pas vraiment et qui ne parlent à personne.

Voyons maintenant la réponse de Pierre : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant." Pierre a vu vivre Jésus. Il a réfléchi. Il s'est posé les mêmes questions que tout le monde. Il est peut-être même passé par les mêmes solutions que tout le monde, avant d'arriver à cette conclusion : "C'est le Messie. C'est celui qu'on attendait. Dieu est sorti de son silence. Il fait du neuf, là, maintenant, sous nos yeux. Le Messie, c'est Jésus de Nazareth, c'est mon maître et c'est mon ami."
Pour en arriver là, Pierre a dû être très disponible à l'Esprit de Dieu. Il a dû accepter de réviser et de corriger tout son catéchisme. Il a dû écarter toutes les idées reçues. Parce que, tout de même, Jésus ne correspondait pas vraiment à ce qu'on attendait du Messie. Il ne se présentait pas vraiment comme on imaginait que le Messie devait se présenter. Il prenait même certaines prophéties à contre-pied. Oui, Pierre a dû être très disponible à l'Esprit de Dieu pour en arriver à cette conclusion. Et ce jour-là, il n'était pas encore arrivé au bout de ses surprises et de ses questions, parce qu'il lui faudra encore se heurter au problème de la croix de Jésus.

Matthieu est le seul à écrire que Pierre a précisé : "Tu es le Fils du Dieu vivant." Il est aussi le seul à écrire que Jésus a félicité Pierre : "Tu es heureux... Cette réponse ne vient pas de toi, mais de plus haut." Je pense que Jésus a félicité Pierre à cause de ces mots-là : "Tu es le Fils du Dieu vivant". "Le Fils", c'est-à-dire plus qu'un envoyé, un serviteur comme les prophètes d'autrefois, ou même plus qu'un homme choisi et consacré, comme les messies d'autrefois, les rois d'Israël. Le Fils, c'est-à-dire quelqu'un qui porte en lui la vie de son Père. "Le Fils du Dieu vivant", c'est-à-dire le Fils du Dieu libre, du Dieu qui n'est pas figé à jamais dans une image, une doctrine, une confession de foi. Le Fils du Dieu dont l'amour et l'énergie sont toujours libres de se manifester d'une manière nouvelle. Le Fils du Dieu qu'on ne peut pas enfermer dans une Église, dans des murs ou dans des mots. Le Fils du Dieu qui se donne, mais qui pourtant ne nous appartient pas. Le Fils du Dieu qui a agi autrefois, qui agira demain, et qui agit aujourd'hui. Pierre a compris cela, et c'est pourquoi Jésus l'a félicité.

Mais Dieu vivant, cela veut dire encore autre chose en langage biblique. Cela veut dire : le Dieu qui donne la vie, le Dieu qui fait vivre, le Dieu qui vit avec nous. Et la réponse de Pierre veut dire aussi : "Je sais qu'avec toi Dieu est intervenu dans le monde et dans ma vie. Avec toi, ma vie change. Avec toi, je sors de la mort, de l'impuissance et de l'incohérence, et j'entre vraiment dans la vie. Sans toi maintenant, ma vie n'aurait pas de sens et le monde non plus." Et ainsi Pierre fait bien plus que d'énoncer ce qui va devenir une nouvelle doctrine ; il engage toute sa vie avec le Christ Jésus, il construit toute sa vie sur le Christ Jésus, il accepte que Dieu continue de le surprendre et de le faire bouger. Pour nous, dire que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, n'a aucun sens s'il n'en va pas de même que pour Pierre, si ce n'est pour nous que la répétition d'une idée reçue.

C'était la réponse de Pierre, sa réponse personnelle, longuement mûrie, la réponse d'un homme qui a accepté de se poser des questions et de sortir du prêt-à-penser, la réponse d'un homme qui acceptait que sa vie change. Et nous aussi, nous avons une réponse personnelle à donner à cette question de Jésus de Nazareth : "Et vous, qui dites-vous que je suis ?"

 

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